MUSÉE DE GUELMA
STATUAIRE
F G DE PACHTERE
1909
NDLR :Statuaire : Ensemble et caractères des statues appartenant à une époque, à un pays, à un monument. La statuaire antique, grecque; la statuaire monumentale. Est-ce que la destruction de tant de merveilleux jeunes gens, qui étaient des statues polychromes incomparables, n'est pas du vandalisme aussi? Est ce qu'une ville qui n'aura plus de beaux hommes ne sera pas comme une ville dont toute la statuaire aurait été brisée? (PROUST,)

      Une seconde tête est celle d'un personnage de la même époque (Pl. VII, fig. 8) (1). Il porte la barbe et les cheveux comme l'empereur. Bien plus, sa physionomie ne ressemble à celle de Septime. Sévère. Les yeux ont la même douceur; les joues sont seulement un peu plus épaisses, et le pli qui les limite plus accentué.
       La moustache est plus fournie et plus tombante. On dirait un Septime Sévère très vieux. Jamais pourtant celui-ci n'est représenté sous des traits aussi fatigués par l'âge.
     On peut se demander si l'on n'est pas ici en présence du père même de Septime Sévère auquel Constantine avait érigé une statue, dont on a retrouvé la base, avec l'inscription Il est tout aussi difficile d'identifier une tête de jeune homme de la même période Le personnage doit avoir une vingtaine d'années. Sa face est large et pleine; un léger duvet descend sur ses joues. Son cou est énorme. Ses yeux très, grands, très ouverts assez doux., ont un peu le regard de Septime Sévère. On pourrait penser à un portrait de Caracalla. Mais celui-ci, dès cet âge, a généralement l'œil expressif, attentif et méchant. Ce peut être plutôt un Géta. De fait, la tête de Guelma ressemble à celle d'un buste, trouvé à Gabies, aujourd'hui au Louvre, qu'on suppose représenter ce prince. C'est le même visage aussi gras, presque aussi large; c'est la même coupe des cheveux qui descendent sur le front étroit, barré de deux rides. C'est la même barbe naissante sur les joues. Malheureusement, le type de Géta n'est pas fixé de façon assez sûre pour qu'on puisse se prononcer sur l'exemplaire de Guelma.

            Plusieurs statues municipales, de type commun (6), peuplent le jardin. L'une d'elles porte la tête d'un homme de 55 à 60 ans imberbe, de physionomie très expressi.ve avec ses grands yeux, ses grosses paupières, ses lèvres fines plissées aux commissures et son menton arrondi. Le front large, sous la chevelure taillée court, se plisse de rides. Les sourcils sont froncés; les joues, creusées de sillons.
           C'est une belle figure de vieillard, grave, réf1échie, volontaire. Elle est traitée fort simplement, mais avec le souci du détail individuel. Il n'y a pas, en Afrique, de portrait plus remarquable de la période Trajane.

Plus caractéristique encore est cet homme, de 45 ans environ dont les yeux sont largement ouverts et les lèvres, épaisses, couvertes d'une moustache fournie. Les pommettes font saillie. Le front bas est en partie caché sous une forte chevelure. Au port de la barbe, on reconnaît un contemporain de Marc Aurèle, mais ses traits osseux révèlent un homme de souche numide, un ancêtre des Berbères d'aujourd'hui.

Un autre personnage, en buste porte la tête légèrement relevée et tournée vers la droite (3). C'est un fonctionnaire chevelure et sa barbe, bouclées, sont arrangées à la mode du temps, de Septime Sévère, son manteau est attaché sur l'épaule droite. Sa chevelure et sa barbe, bouclées, sont arrangées à la mode de septime Sévère.
Mais sous le magistrat romain, on découvre encore ici l'indigène, au nez fin, aux grands yeux, aux paupières épaisses, aux pommettes saillantes. L'œuvre est de très belle facture. Avec les deux autres têtes trouvées à Khamissa, elle compte parmi les pièces les plus remarquables du musée. Ce sont peut-être les meilleurs portraits africains qu'on puisse citer.

Aussi n'ose t-on pas faire figurer auprès d'eux la vilaine tête d'une femme de 50 ans environ, dont la figure, d'ailleurs endommagée, est, sans traits caractéristiques. Pourtant, dans la collection du musée, elle clôt chronologiquement la série des têtes individuelles. Sa coiffure permet de la juger contemporaine des derniers Sévères, du premier tiers du IIIe siècle.
Cette tête est portée sur un corps trouvé au même endroit qu'elle, dans l'orchestre du théâtre de Guelma. Les draperies qui le couvrent sont du plus mauvais style, gravées peu profondément dans la pierre, véritable gaine pour le corps qu'on ne sent pas se dessiner sous elles.

Une autre statue de femme mérite plus d'éloges. Elle est vêtue d'une longue robe, et enveloppée dans son manteau qui lui couvre les épaules, les bras et la taille. L'attitude, très imposante, est celle des femmes romaines en Pudicité. Les plis de la robe descendent avec correction.
Quant à ceux du manteau, ils s'agencent très habilement sur le bras droit qu'ils enferment, sur le ventre et sur la jambe droite qu'ils cachent, pour remonter sur le bras gauche.

Malheureusement, ils sont tout éraflés par les chocs. Il semble qu'une main patiente se soit complu à les détruire. L'œuvre n'en est pas moins de belle tenue encore ici l'indigène, au nez fin, aux grands yeux, aux paupières épaisses, l'œuvre est de très belle facture.
Cette tête est portée sur un corps trouvé au même endroit qu'elle, dans l'orchestre du théâtre de Guelma. Les draperies qui le couvrent sont du plus mauvais style, gravées peu profondément dans la pierre, véritable gaine pour le corps qu'on ne sent pas se dessiner sous elles.

En même temps qu'une inscription de Saturne, on a retrouvé, à Khamissa, dans le temple de Damous-el-Kasbah, la tête toute défigurée d'un Saturne (1).
L'œuvre, taillée dans un beau marbre blanc, ne devait pas manquer de caractère. La face du personnage, coupée par une forte moustache, est encadrée par une chevelure très riche, aux larges boucles, et par une barbe majestueuse. L'œil, assez grand, porte dans le regard quelque mélancolie.
On pourrait se croire en présence d'un Esculape ou d'un Pluton, si l'on ne distinguait, au côté droit de la tête, les derniers plis d'un voile qui la couvrait. C'est, en statue, le Saturne représenté au fronton des stèles votives qui lui sont dédiées, le Jupiter Optimus Maximus Satamus de quelques inscriptions africaines, semblable aux Saturnes trouvés dans le caveau d'Henchir-Rohban, près de Tébessa (1).

C'est encore un fragment d'une divinité populaire en Afrique que celui qu'on a découvert, en 1904, au marché aux légumes de Guelma, engagé dans un mur de basse époque. On y voit la jambe droite d'un homme debout, qui devait être plus grand que nature. Elle est nerveusement dessinée.
Contre elle, se dresse la tète d'un dragon marin au museau pointu, aux dents énormes, aux gros yeux, couverts par d'épais sourcils proéminents, aux oreilles rabattues en avant. Au-dessus, la queue du monstre forme une sorte de trident palmé.
Le dragon levait ses regards vers le dieu qui commande à la mer, vers Neptune dont le culte était célébré à Calama

L'une d'elles porte la tête d'un homme de 55 à 60 ans imberbe, de physionomie très expressive avec ses grands yeux, ses grosses paupières, ses lèvres fines plissées aux commissures et son menton arrondi.

Le front large, sous la chevelure taillée court, se plisse de rides. Les sourcils sont froncés; les joues, creusées de sillons. C'est une belle figure de vieillard, grave, réf1échie, volontaire. Elle est traitée fort simplement, mais avec le souci du détail individuel. Il n'y a pas, en Afrique, de portrait plus remarquable de la période Trajane.

Plus caractéristique encore est cet homme, de 45 ans environ dont les yeux sont largement ouverts et les lèvres, épaisses, couvertes d'une moustache fournie. Les pommettes font saillie. Le front bas est en partie caché sous une forte chevelure. Au port de la barbe, on reconnaît un contemporain de Marc Aurèle, mais ses traits osseux révèlent un homme de souche numide, un ancêtre des Berbères d'aujourd'hui.

Un autre personnage, en buste porte la tête légèrement relevée et tournée vers la droite. C'est un fonctionnaire chevelure et sa barbe, bouclées, sont arrangées à la mode du temps, de Septime Sévère, son manteau est attaché sur l'épaule droite. Sa chevelure et sa barbe, bouclées, sont arrangées à la mode de septime Sévère.

Mais sous le magistrat romain, on découvre encore ici l'indigène, au nez fin, aux grands yeux, aux paupières épaisses, aux pommettes saillantes. L'œuvre est de très belle facture. Avec les deux autres têtes trouvées à Khamissa, elle compte parmi les pièces les plus remarquables du musée. Ce sont peut-être les meilleurs portraits africains qu'on puisse citer.

Aussi n'ose t-on pas faire figurer auprès d'eux la vilaine tête d'une femme de 50 ans environ, dont la figure, d'ailleurs endommagée, est sans traits caractéristiques.

Pourtant, dans la collection du musée, elle clôt chronologiquement la série des têtes individuelles. Sa coiffure permet de la juger contemporaine des derniers Sévères, du premier tiers du IIIe siècle.

Cette tête est portée sur un corps trouvé au même endroit qu'elle, dans l'orchestre du théâtre de Guelma. Les draperies qui le couvrent sont du plus mauvais style, gravées peu profondément dans la pierre, véritable gaine pour le corps qu'on ne sent pas se dessiner sous elles.

Une autre statue de femme mérite plus d'éloges. Elle est vêtue d'une longue robe, et enveloppée dans son manteau qui lui couvre les épaules, les bras et la taille.

L'attitude, très imposante, est celle des femmes romaines en Pudicité. Les plis de la robe descendent avec correction. Quant à ceux du manteau, ils s'agencent très habilement sur le bras droit qu'ils enferment, sur le ventre et sur la jambe droite qu'ils cachent, pour remonter sur le bras gauche.

Malheureusement, ils sont tout éraflés par les chocs. Il semble qu'une main patiente se soit complu à les détruire. L'œuvre n'en est pas moins de belle tenue encore ici l'indigène, au nez fin, aux grands yeux, aux paupières épaisses, l'œuvre est de très belle facture.

Cette tête est portée sur un corps trouvé au même endroit qu'elle, dans l'orchestre du théâtre de Guelma. Les draperies qui le couvrent sont du plus mauvais style, gravées peu profondément dans la pierre, véritable gaine pour le corps qu'on ne sent pas se dessiner sous elles.

Il Y a peu de bien à dire des deux statues de "Fortune" du musée. L'une colossale provient de M'daourouch. C'est une femme aux traits épais, au regard sans expression. Sa chevelure abondante est enserrée d'un bandeau. Elle est vêtue d'une longue robe, aux manches à crevés, serrée par un cordon à la taille.
Un manteau pend de son épaule gauche, et couvre le bas du corps depuis la hanche.

Elle tenait, appuyée contre le bras gauche, une corne d'abondance, dont on voit les traces. Le bras droit baissé devait commander au gouvernail, qu'un tenon, près du genou, rattachait à la jambe. L'œuvre est banale; la figure, sans caractère. Seuls, les plis du vêtement sont rendus avec quelque habileté.
La pupille est creusée au milieu du cercle de l'iris, comme dans les têtes de la fin du IIe ou du début du IIIe siècle.

L'autre Fortune (Pl. V, fig. 4), trouvée à Guelma est vêtue d'une tunique à manches ouvertes sur le côté, mais qui laisse à découvert le haut de la poitrine. Elle porte le manteau comme sa voisine du musée.

Comme elle, elle avait comme attributs la corne d'abondance (l) et la pale de gouvernail (4). Le dos est sommairement taillé. Le corps et les vêtements sont grossièrement sculptés. C'est un mauvais travail du IIIe siècle.

On ne saurait dire au juste ce que représente une tête de femme à peine moins grande que nature, diadèmée et voilée(5). Est-ce une Fortune? Le voile lui conviendrait mal. Est-ce une Junon? La tête semble bien jeune. N'est·-ce pas plutôt une impératrice (Il, une Lucille (2)?

La face était bien défigurée quand on l'a trouvée; elle est aujourd'hui replâtrée au point qu'il est difficile de confirmer, ici cette hypothèse.

On peut encore moins identifier deux têtes idéales, coiffées de façon analogue d'une chevelure aux larges ondulations, dont le toupet revient en avant vers le front. L'une de facture plus ancienne, est sans caractère avec ses yeux vagues, sa face trop ovale, ses joues trop épaisses.

L'autre au contraire, de proportions colossales, a dans les traits et dans le regard une majestueuse sévérité.

Bien que le creusement de la pupille et l'incision des boucles de la chevelure révèlent un travail du IIIe siècle, cette tête est pourtant bien supérieure à la première, qui date sans doute du IIe siècle.

A côté des statues de divinités, le musée de Guelma possède une collection de têtes d'empereurs et de personnages municipaux, qui, pour n'être pas très riche, ne se recommande pas moins par la qualité des œuvres.

A Khamissa, dans les citernes des thermes voisins du forum novum, on a trouvé une tête de Septime Sévère, bien conservée Ce portrait, sans avoir rien d'original s'ajoute comme un bon exemplaire, à la série déjà nombreuses de ce prince découvertes en Afrique

Site Internet GUELMA-FRANCE