CALAMA MONUMENTS RELIGIEUX
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Temples et monuments du paganisme.

Assurément, le paganisme doit avoir eu des temples à Guelma, cependant on trouve peu de vestiges, et je n'oserais même affirmer qu'une des ruines qui jonchent le sol de Guelma qu'elle soit celle d'un temple.
Toutefois, à 600 m de la ville, la direction de l'Est, existent de belles ruines, que l'on s'accorde généralement à regarder comme celles d'un monument de cet ordre.
On y voit des tronçons de colonnes, des chapiteaux d'une architecture remarquable, des corniches, des moulures, des entablements, des pierres taillées de grandes dimensions :
Tout cela rassemblé dans un espace de 31 métres de long sur 20 m de large ; on y rencontre quelques fragments d'inscriptions, mais aucun d'eux ne saurait fournir d'indications importantes.
Les marbres blancs et roses dominent au milieu de ses beaux vestiges.

Ces ruines étaient celle d'un temple, je crois, et d'un temple d'une grande élégance. Mais à quel dieu était-il consacré ? On l'ignore entièrement.

Plusieurs personnes croient y reconnaître les vestiges d'une église chrétienne. Voici sur quoi se base cette opinion :
Le monument était orienté, comme étaient toutes les églises primitives ; vers l'Est, on trouverait encore les traces d'une abside, consistant en une demie circonférence de sept mètres de diamètre.
Cependant ce monument remonte au beau temps de l'occupation romaine,où alors le christianisme n'avait pas encore jeté en Afrique des racines assez étendues pour que les chrétiens plus élever au vrai Dieu un temple d'une si grande élégance.b D'ailleurs, sur l'un des fragments d'inscriptions qu'on y a découvert, on lit le nom de l'édile qui présida à sa construction, et ce magistrat n'avait; certainement, à s'occuper des églises chrétiennes, puisqu'alors, encore, le christianisme n'était que toléré
ce monument remarquable n'avait donc pu devenir une église qu'en subissant une transformation et passant du culte des dieux païens à celui du dieu révélé par le Christ.
Envisagée ainsi, la supposition me semble fort admissible.

Deux petites voix, dont l'emplacement se distingue encore bien aujourd'hui dans la plaine, conduisaient de ce temple à la ville ; l'une menée au camp et aboutissait au milieu du mur Est d'enceinte ; l'autre se dirigeait vers la ville. Ces deux voies se séparaient, en quittant le temple, sous un angle de 65° environ.

Une inscription nous apprend qu'il y avait à Calama un temple consacré à Hercule, mais je ne l'ai pas vu sur place, et je ne sais pas sur quel point, elle a été trouvée.
Une statue d'Hercule figurait dans ce temps, et le musée de Guelma possède encore le piédestal de cette statue, avec une inscription qui nous apprend qu'elle a été dressée à ce dieu par L VIBIUS SATURNINUS.
Un temple aussi élevé à Minerve, si l'on s'en rapporte un fragment d'inscription trouvé sur une pierre d'angle taillée et ornée de moulures et d'encadrements.

C'était sans doute le frontispice de ce temple. (Cette pierre posée sur l'emplacement de la rue actuelle Saint-Louis, et vis-à-vis le portail de l'église) la partie supérieure de la rue d'Announa, on y a trouvé un frontispice tout entier, portant une dédicace à Neptune. Ce monument a été transporté à Paris, par les soins de M. De la Mare. L'inscription numéro cinq était surmontée d'une statue du même Dieu.
C'est de vestiges indique un temple était élevé à Neptune. Esculape avait aussi un monument, peut-être un temple, ainsi que l'indique inscription numéro sept. Une triple action paraît être une invocation à la victoire.

Enfin, mentionnons la vocation du même, qui se trouve sur toutes les pierres de la mairie
Là se bornait les souvenirs religieux du paganisme à Ghelma

Souvenirs du christianisme.
Les seuls monuments du christianisme trouvés sont :
1 : l'inscription déjà plusieurs fois ficher (planchent cet numéro six) où se lisent les noms de deux martyres, Clément et Vincent, contemporains de Salomon, successeur de Bélisaire ; 2 : un bas-reliefs, où se trouve le monogramme du Christ ;
3 : une pierre carrée d'environ 0 m 30 de côté, trouvée par M. L'abbé Suchet d'un mur d'enceinte du camp, non loin de l'inscription précédente, ornée également du monogramme du Christ.
4 : une lampe en terre rouge, mal conservée, portant le même monogramme, et deux lampes ornées chacune d'une croix chrétienne. L'un de ses derniers objets a été envoyé par moi à M. Victor Simon, de Metz, l'autre est dans mon cabinet.
5 : enfin, sous le numéro un, planchent cinq, on a figuré une croix en bronze, trouvée à la briqueterie du génie, par M. le lieutenant de cette arme et donnée à M. De la Mare

Texte original recopié sans corrections orthographiques

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