INSCRIPTI0NS LATINES DÉCOUVERTES Á CALAMA

        Les dieux du panthéon romain sont assez mal représentés dans la série épigraphique du musée. Ils sont, le plus souvent, l'objet de dédicaces laconiques et sans grand intérêt.

        Il ne reste plus à Guelma qu'une seule inscription à Hercule personnification romaine du Melkart phénicien, qui fut pourtant particulièrement honoré à Calama et dans la région.

        On en a retrouvé, dans les ruines du sanctuaire de Damous-el-Kasbah à Khamissa, un fragment d'une dédicace adressée à Saturne par un de ses prêtres

        Des piédestaux de statues, trouvés à Mdaourouch, portent les noms de Bacchus, d'Esculape, de la Fortune. L'épigraphie est celle de la période des Sévères.

Une autre dédicace à Mars, gravée en belles lettres du temps des Antonins, présente une particularité intéressante. Le nom du dieu y est à peu près martelé.

Or Mars était à Madaure un dieu populaire, il avait son temple dans la vil1e, et, sur le forum, deux statues. Le culte dont il jouissait encore au temps de saint Augustin était de ceux qui portait le plus ombrage à l'évêque.

On peut croire que cette inscription fut, au ve siècle, martelée par les chrétiens, acharnés, après leur triomphe, contre un dieu qui avait été, dans la cite, l'un des champions les plus tenace du paganisme.

C'est d'Announa que vient une autre inscription à la Fortune offerte par un personnage équestre, invité à cet hommage par la déesse même. Une divinité abstraite, Bonus Eventus, parèdre de la Fortune, est honorée d'un monument qui coûta 5000 sesterces aux héritiers de Q. Julius Libo, personnage d'Announa.
Un sanctuaire à la Concorde fut élevé, à Mdaourouch, par un procurateur impérial, au prix de 40000 sesterces . Enfin le dieu qui veille à la prospérité de toute collectivité dans l'empire, le Génie, est l'objet de deux dédicaces. L'une, Genio gentis Numidiae, offerte au protecteur de la tribu numide dont le centre urbain était Khamissa, fut découverte sur le forum même de la cité.
C'est une très belle inscription de la période Trajane. L'autre est un hommage du corps des décurions de Calama au Génie de leur municipe .

Les divinités capitolines avaient à Khamissa leur sanctuaire au voisinage de la platea l'etus, forum de la cité à la haute époque. En effet, parmi les fragments innombrables d'inscriptions monumentales découverts en ce point de la ville, on a pu grouper assez bien ceux de deux inscriptions pour y lire à peu près des dédicaces à Junon reine et à Minerve. Elles se complètent l'une par l'autre. La première devait être conçue dans les termes suivants(4): [Junoni regl]nae [sacrum]; 1 [pro sal(ute) NenJ]ae T[ralani Ca]esaris Au[g(usti) . Germ( an ici) , Dac(ici) OptimiJ, 1 [pont(ificù) max(imi), trib( unicia) pot(estate)] xl'i[i], imp(eratoris) [l'Ji, [co(n)s(ulis) 1Ji, p(atris) p(atriae)] . [Co Pomponius .... j(ilius) Rufus Acilius ... } us Coelius 8[pJarslls pontif(ex.) .. Li '" proco(n)s(ul)J 1 [cum Q. Pomponio Marcello (1) .. [dio, co(n)s(ule.) d]esig(nato), sodali Titio et C. POlTlp[onioJ Pru ... [leg(atis) suis]l d(cercla) ,d(ecuriànum) p(ecunia) p(ublica); L'autre peut se restituer ainsi: Jvl,[i]nerl'ae [A]ùg(ustae) [sac(rum)J; 1 [I mp(eratore) Cae(sare)J Nen'a Trajano [Aug(usto),.Germ(anieo), o a cie (0)] 1 [Optimo, pJontif(iee) max(imo), trib(unicia) pote[st(ate) xvii, itnp(eratore) vi, co(rz)s(ule) vi) p(atre) p(atriae)] 1 CC. Pom(poniu]s ... [j(ilius)] Ru/us Aeiliu[s ... Coelius Sparslls] 1 [pontif(ex) ... pro]co(n)s(ul) cum Q. P[omJpon[ioMarcello? ..f(ilio)J, I.[co(n)s(ule) desig(nato), sodali TitL10 et CC. POl71ponJio P ... iu .. [leg( atis) suisJ, 1 [d(ecreto) d(ecurionum)] p(ecunia p(ublica).

Ces inscriptions sont intéressantes à plus d'un titre. C. Pomponius Rufus Acilius ... us Coelius Sparsus ne semble pas connu. Il était proconsul au temps de la XVIIe puissance tribunice de Trajan, c'est-à-dire en 113.
Or il y avait jusqu'ici, dans les fastes d'Afrique, une lacune entre Marius Priscus, gouverneur en 98-99, et A. Caecilius Faustinus, proconsul vers 115. En outre, il est il peu près certain que les deux personnages nommés avec le proconsul dans les inscriptions sont à la fois ses deux fils et ses légats.
Le premier Q. Pomponius Marcellus (?), qui porte le titre de consul designatus, dut être consul suffect à la fin de 113.

Ces deux inscriptions à Junon reine et à Minerve devaient être accompagnées d'une autre en l'honneur de Jupiter Optimus Maximus, conçue dans les mêmes termes. A leur voisinage, devant un édifice qui fut peut-être la curie, on a trouve la tête et le torse d'un Jupiter colossal et divers fragments, dont la tête, d'une Minerve .
Les inscriptions et les statues proviennent sans doute d'un Capitole. Le temple, ou du moins les dédicaces aux dieux capitolins qui permettent de croire à son existence, datent du règne de Trajan, de l'empereur qui érigea Thubursicum Nabibarum en municipe et lui donna son nom. La statue du prince devait orner la place avant d'être transportée, en 361-362, au forum novum. Son règne marque pour Khamissa une période de prospérité dont l'épigraphie porte témoignage.

Il est, possible que Thibilis ait eu, comme Thubursicum Numi darum son Capitole. On donne, sans preuve suffisante, ce nom à un sanctuaire d'Announa, aux ruines assez imposantes une inscription nous révèle que l'une des divinités de Junon, y avait son temple particulier.

Collectif des Guelmois site Internet GUELMA-FRANCE