CALAMA-GUELMA-MEDJEZ-AMAR

Au début du siècle le professeur GAUTIER écrit :

         Aussi loin que nous remontons dans le passé, nous voyons ici une cascade ininterrompue de dominations étrangères. Ce fut les PHENICIENS, puis les ROMAINS, les VANDALES, les BYZANTINS, les ARABES, les TURCS et les FRANCAIS et notez que le conquérant quelqu'il soit, reste maître du Maghreb jusqu'à qu'il soit lui même expulsé par un nouveau conquérant. Les Turcs en 1830, après 4 siècles d'occupation restaient aussi distinct des indigènes qu'au premier jour. La première invasion arabe est de 641 après J.C et aujourd'hui encore, les Arabes et les berbères n'ont toujours pas fusionné, le bloc berbère demeure irréductible.

         Telle qu'on peut la reconstituer aujourd'hui, l'histoire de la ville Guelma est liée à la conquête de Constantine. Mais ouvrons là une parenthèse, à notre arrivée en Afrique "les officiers de l'armée française disaient à tous les arabes, que nous étions ennemis du dey turc, de son gouvernement, de sa milice, nous nous sommes offerts comme des libérateurs et nous avons fait appel à leur haine invétérée contre le turc. Nous avons tellement abondé dans ce système, que dès les premières semaines après la prise d'Alger nous avons détruit tous les rouages de l'ancien gouvernement et déporté les turcs en masse sans même songer à tirer d'eux la connaissance des hommes, des choses et les traditions, non content de les avoir déportés nous avons saisi leurs biens.

         LE BEY de Constantine qui était turc en a profité pour attacher à son parti tout ceux qui avaient perdu quelque chose à la chute du gouvernement turc.
            Depuis 15 mois tout est changé maintenant que les turcs ne sont plus rien, après avoir détruit leur prestige, nous nous déclarons maintenant les amis des turcs, nous choisissons parmi eux nos beys que nous jetons au milieu des populations et où leur nom réveil la haine, ainsi en nommant YUSUF bey de Constantine cela signifiait une déclaration de guerre ABDEL KADER était pour AHMED un ennemi plus redoutable que nous même et AHMED un plus puissant obstacle à l'ambition d'ABD EL KADER, à cause de notre choix ils sont devenus alliés

        Pour le Maréchal CLAUZEL, la prise de Constantine, la dernière capitale Beylicale d'Algérie qui ne fut pas entre les mains de l'armée française lui parait une suite logique des opérations antérieures, il organise, sans attendre les ordres du gouvernement, une expédition sur Constantine. Mais en 1836 l'armée manquait cruellement de documents cartographiques sur la région, et pour situer CONSTANTINE le service topographique était réduit à consulter les travaux des Romains et leurs itinéraires. Ce service étudia les écrits de l'historien romain SALLUSTE (107 avant J.C). Ils découvrirent sous l'empereur FLAVIEN avait été implanté des postes militaires entre HYPPO REGIUS ET CALAMA. Ces petits postes sont échelonnés tous les mille mètres. Des postes plus considérables sorte de camp retranché espacés les uns des autres de 16 km et fournissant la garnison des postes intermédiaires. C'est dans le cercle de Guelma seulement, qu'il a été relevé la position d'un nombre infini de ruines militaires, la plupart datant de l'époque BYZANTINE. Il est écrit : comme le peuple de ces provinces et les montagnards avaient des habitudes invétérées de brigandages, l'empire romain avait établi sur les routes qu'il construisit, une foule de poste militaires dont le nombre et le choix judicieux de leur emplacement, étonna les officiers Français. La brigade des services topographiques de l'armée étudia également les récits des guerres de JUGURTHA. elle réussit néanmoins en faisant tracer des dessins sur le sable par des arabes, a constituer une carte d'ensemble et de CONSTANTINE qui se rapprochaient sensiblement de la réalité. Il n'existe aucune route dans le pays, où la roue a disparu, les cavaliers arabes et les tribus se contentent de sentiers tracés par les pieds de leurs mulets, chevaux et dromadaires. Ces sentiers changent chaque année en fonction des pluies hivernales. Le poste de NECHEMEYA fut construit en 1835 un peu avant l'expédition de CONSTANTINE.

        Les Français espéraient s'emparer de Constantine sans combat, "il parait certain que les premiers obus nous rendrons maître de la ville" écrivait un capitaine (SAINT HYPOLITE), qui ne faisait qu'exprimer le sentiment général. Première étape, départ de Bône en plein hiver le 13 novembre, arrivée à GUELMA le 18 novembre 1836. cette colonne est forte de 10000 hommes, elle est composée en plus des Français, de quelques bataillons de turcs et de tirailleurs indigènes, l'armée française espérait le renfort de tribus soumises, elles ne se présentèrent pas, la colonne traversa une mer de boue et de marécages avant d'arriver à la montagne du Fedjouz, elle emprunta les traces encore visible de la voie romaine en direction de Guelaat bou Sba, puis gagna un col d'une élévation médiocre pour traverser le ruisseau de Nechmeya, et comme il n'y a pas de ponts, franchir un ruisseau en crue n'est pas toujours facile et les pentes septentrionale présentent de grandes difficultés en temps de pluies. Sans traverser la Seybouse en crue, la colonne remonte la rive gauche de cette rivière en direction de CONSTANTINE, mais la neige, la pluie, les oueds en crue enlisent l'armée trop lourdement chargée. Le 21 novembre elle arrive devant Constantine, la poudre est mouillée et les canons réduits au silence, la boue bloque les fantassins et faute de préparation d'artillerie l'armée subit de très grosses pertes, le 26 novembre la retraite est sonnée, en marche forcée sans dormir ni boire, constamment harcelée par les cavaliers arabes, elle arrive a GUELMA, une partie du corps de troupe d'environ 800 hommes occupent ces, ruines difficiles à défendre. Arrivés à Bône on se compte : Sept cent morts, cent soixante seize blessés, auxquels on ajoute trois mille malades, dont cinq cent ont les pieds ou les mains gelés. En décembre 1836, le camps de Guelma est officiellement occupé, le commandement en fut confié au colonel DUVIVIER. Le chemin qui porte son nom, est la route la plus courte qui rejoint MEDJEZ AMAR établi à cet endroit un vaste camp en 1837.
        Ce camp était destiné à recevoir l'approvisionnement de l'armée qui devait de nouveau marcher sur Constantine. Medjez Amar avait l'avantage d'être situé sur la rive gauche de la Seybouse, de tenir le débouché des défilés de l'oued Cherf, du BOU HAMDAM et de se trouver à proximité de RAS EL AKBA dont il fallait rendre les pistes praticables à l'artillerie de siège. Ce sont ces considérations qui engagent à occuper momentanément ce camps militaire. Le poste d'Hammam Breda était un petit poste entouré d'un mauvais mur en maçonnerie, sur le mamelon qui dominait la source d'eau chaude, situé à la bifurcation des chemins de Bône à Constantine, occupé avant le siège de Constantine, fut abandonné depuis l'installation de Medjez Amar. Le 6 Juillet 1837 BONE : la situation politique de la province de n'est pas bonne il faut sans plus tarder faire une démonstration de force sur CONSTANTINE contre celles d'ACHMED BEY, nombreux préparatifs et transport de troupes le 16/07 de BONE à GUELMA et approvisionnement des camps notamment à GUELMA et MEDJEZ AMAR. L'armée d'Achmed bey met à profit cette situation et attaque, mais elle est battue le 1er août 1837 prés de Guelma par les troupes alliées. Les 21, 22, 23 septembre 1837, le camp de Medjez Amar fut attaqué, par ACHMED, bey de Constantine, qui se présenta a la tête d'une forte armée, avec ses drapeaux, sa musique et ses principaux chefs. Ils se trouvaient au milieu de 3500 cavaliers et 3000 fantassins arabes et kabyles, il assista aux assauts de ses troupes contre la position du colonel LAMORICIERE et fut témoin de la défaite de son armée. Les français prirent l'initiative des combats, en octobre 1837, l'effectif de l'armée qui attaqua avec succès Constantine était à peu prés de 13000 hommes. L' armée d' ACHMED BEY fut battu et CONSTANTINE occupée. L'opération terminée Medjez-Amar fut abandonné au profit de Guelma

Gilles Martinez/ Gautier/ archives de Vincennes/ Aix en Provence

Collectif des Guelmois GUELMA-FRANCE