THEATRE ROMAIN (SUITE)

ANNIA AELIA RESTITUA est donc la fondatrice du théâtre de Calama comme deux siècles plus tard, Jutius Rusticius en fut le restaurateur.

Mais les Calamenses reconnaissant avaient élevé une statue à leur bienfaitrice. Or, dans les fouilles faites l'an dernier on découvrit dans l'orchestre une tête de femmes mutilée et des fragments importants de statut qui se raccordent suffisamment pour conclure qu'elles se rapportaient à la même œuvre. Il y a donc lieu de présumer que c'est la statue Annia. Les fragments en sont déposés au square public, et l'on s'occupe actuellement de les rassembler pour reconstituer autant que faire se pourra l'image de cette généreuse patricienne.

Ce n'est pas d'ailleurs la seule image marmoréenne qui a été découverte, une autre statue de femme nous a laissé de fragments qui sont d'un moins bon le style que les précédentes et appartiennent à une autre statut de femme de composition moindre. Enfin un morceau de draperies pendantes également en marbre, mais ne se ne se rattachant pas aux autres impliquerait l'existence d'une troisième statut disparu.

Comme on le voit, le théâtre était décoré avec soin. D'ailleurs des plaques de marbre ont été retrouvées, des fragments, des colonnes, avec bases et chapiteaux, des socles, et des entablements et des frises décotaient la scène, sinon avec une décoration assez importante.
Les fouilles ont mené dernièrement à la découverte d'un fragment d'inscription plus important, mais qui est utile de lever, l'avenir pouvant permettre de le compléter
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La brièveté de ce fragment ne permet qu'une traduction très vague et sans importance.

Les fouilles du théâtre romain et la reconstitution que la municipalité effectue permet actuellement de se rendre compte de ce qu' était autrefois ce monument, en même temps que de recueillir les appréciations parfois, sinon souvent inexactes de quelque archéologue qui avaient soit visité, superficiellement, soit mal interprétés les dispositions architecturales, présentaient par les vestiges.

La partie réservée au public, la cavea est aussi divisée en trois parties concentriques, l'orchestre à la partie inférieure, la première cavée, est immédiatement derrière l'orchestre, et la cavée supérieure.

L'orchestre présentait trois rangs de marches sur lesquelles on disposait des sièges destinés aux notabilités. Les premières places étaient réservées aux magistratsb

L'orchestre était séparé de la première cavée par une balustrade en marbre, le Baltéus dont on a retrouvé l'emplacement et des morceaux importants qui permettaient de le reconstituer sans erreur possible.
Entre les Baltéus et les premiers gradins courait un couloir dallé qui desservait les trois escaliers montant de l'orchestre jusqu'au haut des cavées.

Le premier gradin très étroit, ou du moins plus étroit que les autres ne permettait de s'asseoir que difficilement et devait simplement servir pour poser des pieds des spectateurs assis sur le second gradin

le premier gradin est maintenant rétabli dans son entier et les ouvriers sont occupés à reconstruire le deuxième et le troisième.

Il faut espérer qu'ils seront tous rétablis et que nous aurons ainsi une salle sinon moderne, au moins spacieuse et commode dans laquelle des réunions et des fêtes auraient un légitime succès.

Cette première cavée était réservée aux citoyens aisés, aux bourgeois. Aux premiers temps de Rome, les femmes n'étaient pas admises, non plus qu'aux autres places du théâtre, mais dans la suite, cet ostracisme tomba en désuétude et la population tout entière fut admise bien que nettement classée dans les différentes travées.

La première cavée se séparait de la deuxième par une allée courant tout autour de l'hémicycle est surélevée de plusieurs marches. On voit encore ces marches entaillées de profile dans la muraille du palier, et dont l'étroitesse indique ; soit le peu d'importance que les Romains mettaient à s'épargner les fatigues de la montée, soit la présence de marche en bois aujourd'hui disparues.

Le palier était entouré par une balustrade en fer scellé, on reconnaît l'existence aux trous de scellements.

Venait ensuite la seconde cavée ou cavéa supérieure qui était réservée à la plèbe, aux paysans et aux indigènes. Les esclaves y furent aussi admis dans les temps impériaux.

Le tout était couronné par le promontoire dans la toiture était soutenue par des colonnes. Tel est au moins l'opinion de Ravoisier, mais les recherches dans cette partie de l'édifice n'ont pas encore été suffisamment soignées pour que ce soit une affirmation définitive.

C'est là que se placaient les gardes chargés de la police pour ceux qui étaient arrivés trop tard pour qu'une place ait pu leur être attribuée.

On accédait à l'orchestre par les couloirs disposaient des deux côtés de la scène et s'ouvrant sur la façade du théâtre, la première cavée était aussi desservie par des couloirs.

La seconde cavée avait ses entrées par les deux vomitoires placés dans les ailes et dont les voûtes subsistent encore.

Enfin, le promenoir était desservi directement par les baies s'ouvrant à la partie supérieure de l'hémicycle et qui se trouvaient alors au niveau du terrain qui a depuis été abaissé par le nivellement de la rue d'Announa.

D'ailleurs toutes ses diverses parties du théâtre communiquent entre elles par les escaliers qui permettaient d'accéder à une place quelconque par une des entrées quelconques de l'édifice.

Signé VETUS
Le Progrés, vendredi sept août 1903

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