ÉDIFICES CHRÉTIENS.
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VILLE.
- Guelma est le nom moderne de Kalama (que les indigènes prononçaient Kalma), comme l'attestent de nombreuses inscriptions latines, sur lesquelles on lit soit CALAMA, soit KALAMA . Le nom de Calama ne figure ni dans Pline ni dans Ptolémée ni dans l'Itinéraire d'Antonin, ni dans la Table de Peutinger, mais il se lit dans Julius Honorius 2,Calama oppidum. Il est fréquemment mentionné par saint Augustin :
Inter Constantinam ubi tu es et Hiponem ubi ego sum.
Calama, ubi ille [Crispinus] est, vicinior tamen nobis, sed tamen interposita est.

Calama se trouvait dans la région nommée Numidia aux premiers siècles de l'ère chrétienne ... Administrativement, elle appartenait à la province d'Afrique, ou proconsulaire. Calama faisait donc, comme Hippo Regius, partie de la Numidie proconsulaire. Un document ecclésiastique du début du Ve siècle mentionne une "Provincia Numidia Inferior", à laquelle Calama appartenait :
Possidius, episcopus ecclesise Calamensis, legatus provincise Numidie inférioris
Il est probable qu'il s'agit ici du district administratif de Numidie proconsulaire.
Calama resta probablement jusqu'au règne de Trajan une cité à constitution non romaine ; elle est qualifiée de "municipium" dans plusieurs inscriptions. Encore municipe sous Caracalla, elle est qualifiée de colonie en 283, dans plusieurs inscriptions du III et du IV siècle, dans saint Augustin
Une bonne partie de la population de Calama resta longtemps très attachée au paganisme; en 408, des violences furent commises contre les chrétiens, et la municipalité ne fit rien pour les empêcher ".

La liste épiscopale de Calama offre quelques noms sans célébrité, sauf celui de Possidius, qui fut le biographe de saint Augustin. Le siège épiscopal de Calama, comme celui d'Hippone appartenait à la province ecclésiastique de Numidie, qui s'étendait plus à l'Est que la province civile du même nom ; on en a la preuve pour le début du IVe siècle, pour l'époque de saint Augustin et pour l'année 484 ".
Lors de l'invasion vandale, Possidius alla se réfugier à Hippone (Bône) et Calama tomba au pouvoir de Genséric, qui la possédait en 437, année où il exila Possidius de sa ville épiscopale. Un passage inédit des Édifices de Procope et une inscription nous apprennent que Solomon, général de Justinien, y fit construire une place forte
VNA ET BIS SENAS TVRRES CRESCEBANT IN ORDINE TOTAS MIRABILEM OPERAM CITO GONSTRVCTA VIDETVR POSTICIVS
SVB TERMAS BALTEO GONCLVDITVR FERRO NV...VS MALORVM
POTERIT ERIQERE MAN PATRICI SOLOMON. INSTI...TION NEMO
EXPVGNARE VALEVIT DEFENSIO MARTIR TVET...R POSTI_ CIVS IPSE
CLEMENS ET VINCENTIVS MARTIR CVSTOD.IN...ROITVM IPSV

Cette inscription de l'année 539 fait mention, de l'enceinte Guelma, dont quelques vestiges existent encore, enceinte qui comptait treize tours, au sujet de laquelle Procope nous dit :
Cette enceinte a été faite avec les moyens et la hâte ordinaire en ce temps-là. C'est ainsi que le désir d'appuyer le rempart au puissant bâtiment des thermes, dont la masse pouvait fournir un sérieux point d'appui à la défense, décida sur le front sud de la place la direction de la fortification.

Par contre, à Calama comme à Thelepte, à Theveste, à Bagaï, à Teboursouk, beaucoup d'édifices furent laissés en dehors de l'enceinte fortifiée, parce qu'ils eussent entraînés un développement du périmètre hors de proportion avec les ressources défensives de la place.

Avec ses treize tours, la place, nous dit l'inscription du patrice Solomon, semblait inexpugnable
Une autre inscription nous apprend que la ville fut restaurée : VRBEM MELIORATAM, par ordre de ce même patrice Solomon, sous la direction du comte Paulus. Des inscriptions byzantines ont été trouvées à Guelma, et Calama est mentionnée à cette époque comme siège épiscopal en Numidie.
Au XII siècle, Edrisi nomme encore Calama. Quant à la :civitas Cala-mensis quod a Sarracenis Alchila dicitur, qui est mentionnée dans une chronique latine du Moyen Age ? elle n'a rien à voir avec Calama ; il s'agit dans ce passage de la Kalaa des Béni Hammad

II. EDIFICES CHRETIENS. - L'évêque Possidius, dont nous venons de parler, devait nécessairement avoir une cathédrale et, en effet, la basilique de Calama est mentionnée par saint Augustin, en 408. Des païens tentèrent alors d'y mettre le feu, ce qui était évidemment facile, puisque l'édifice devait avoir, comme toutes les basiliques de ce temps en Afrique, un plafond et un toit en charpente.
Calama possédait une chapelle qui était peut-être considérée comme un martyrium, puisqu'on y avait déposé une relique de saint Étienne apportée à Calama peu de temps après l'invention du corps du premier martyr A l'extrémité septentrionale des ruines de la ville antique se trouvait une église dont les ruines ont aujourd'hui disparu. Ravoisié y fit exécuter quelques fouilles qui lui permirent de dresser le plan de l'édifice dont la longueur totale était de 33 m. 50, et la largeur de 15 mètres. En avant de la façade, s'étendait un espace rectangulaire, aussi large que l'église et profond, entre murs, de 6 m. 10. C'était, au jugement de M. S. Gsell, un grand vestibule, qui devait être couvert d'un toit en appentis. Il existait deux colonnades entre les vaisseaux intérieurs : Ravoisié a vu, en place, une base attique à socle bas. L'abside un peu surélevée était enfermée dans un cadre rectiligne et entièrement dégagée : aucune sacristie ne la flanquait. Dans cette abside, contre le mur, on a trouvé deux bases de colonnes, ou, plus exactement, deux chapiteaux doriques, d'époque antérieure, renversés et faisant office de bases. Il est donc probable qu'une colonnade était appliquée contre la paroi. Cette basilique devait être située en dehors de l'enceinte de la Calama romaine, et à 1050 m. au N. N. E. de la forteresse byzantine (flg. 5495).
Ravoisié et Delamare ont publié le plan d'un édifice de Guelma mesurant 17 mètres environ sur 11 mètres et qui présentait à l'intérieur un espace également rectangulaire, entouré d'une sorte de couloir avec pavement en mosaïque ornementale. Il n'en subsiste rien aujourd'hui. Ravoisié qualifie cet édifice de " petit temple chrétien, " probablement à tort ?

En faisant les fondations de l'édifice actuel du tribunal, on a trouvé une inscription byzantine mentionnant diverses reliques placées sous un autel. Si cette pierre n'a pas été déplacée, il y avait là un sanctuaire chrétien.

M. Papier a parlé des vestiges d'une basilique ou chapelle (abside et bas-côtés) qui auraient été découverte à Guelma en 1859 (non pas dans la rue Saint-Louis, mais dans la rue d'Announa, à 150 mètres au nord du tribunal ).b Dans un sanctuaire, situé près de Guelma, on a recueilli une inscription, mentionnant des reliques, à côté du coffre de marbre qui les contenait; il est de forme rectangulaire avec une cavité cylindrique au fond.
Vu l'extension prise par le culte des reliques, on serait fondé à croire qu'il se trouvait là un oratoire.b Sans vouloir abuser de ces conjectures monumentales, on peut cependant rappeler une lettre de saint Augustin racontant que Possidius, évêque de Calama, étant allé visiter des catholiques au fundus Figulinensis, fut attaqué par des donatistes et dut aller se réfugier au fundus Livetensis (peut-être Olivetensis1) .

III. EPIGRAPHIE. - L'épigraphie de Calama nous donne quelques inscriptions intéressantes * :
Inscription de Guelma. D'après P.-G. de Pachtère. Musée de Guelma, Paris, 1904, pi. ni, n. 4:
;'n Christo fidelis, uixit in pace an(nos) XVII,m(enses) III d(e)p(osiius) sub d(ie) id(ibus) jul(iis) indfic-tione) III.
D'un autre monument, probablement sous une croix ou un chrisme ( monogramme constitué d'un entrelacement de P et X, symbolisant le Christ )10.

BONIS BENE
Une inscription conservée au musée de Guelma et publiée avec fort peu d'explications sur la provenance et les dimensions de la pierre présente avec le chrisme et la formule fidelis in pace une autre formule plus rare et même exceptionnelle sur les tituli chrétiens :
h(ic) s(itus) e(st) qu'on rencontre presque exclusivement sur les inscriptions païennes (fig. 5496),le nombre des années du défunt n'est plus lisible parce que la pierre est effeuillée Flavius Aventius fidelis in pace Vixit annis...h.s.e.
Sur un socle de colonne mesurant 0 m. 35 de chaque côté et qui, malheureusement, a disparu, on lisait sur la face supérieure, "celle qui supportait le fût", l'inscription suivante "
+ HIC MEMORIA PRISTINI ALTARIS +

Site Internet GUELMA-FRANCE