GUELMA -CALAMA- ANTIQUE

ANNIA ÆLIA RESTITUTA

Toute la ville moderne de GUELMA est construite sur des ruines considérables laissées pendant des siècles à l'abandon. On peut dire qu'une partie de la ville fut construite avec des pierres taillées par les romains et même par les Phéniciens

La MALACA (ville royale) des Phéniciens, la CALAMAE des Romains, les arabo-berbères et les Turcs l'appelèrent GHELMA avec un H d'une prononciation certainement différente que celle des français qui l'appelèrent GUELMA.

Il est bien entendu qu'à Guelma il y avait un ou plusieurs forums, d'après les plans consultés il se serait situé vers la place des Singes.

Les Calamenses (habitants de CALAMA) allaient au forum pour se promener, rencontrer du monde (il faisait le cours). Ce lieu est entouré de boutiques, de statues, de monuments publics. Il symbolise l'existence municipale, urbaine, qui dans la civilisation de l'époque prime tout; car il y a une différence considérable, juridique, morale, sociale, entre le groupe citadin et les agglomérations rurales.

Le forum peut avoir un beau dallage en pierre, limité par la Curie, la colonnade d'un portique, la basilique judiciaire, le temple de Jupiter capitolin. Dédicaces au génie du peuple de Calamae à divers empereurs et à des personnages locaux comme Anniae Aeliae Restituae prêtresse perpétuelle à cause de son insigne générosité. Elle avait promis 40000 sesterces d'argent pour l'érection d'un théâtre, pour cette même raison, le sénat de CALAMAE avait décrété de lui élever cinq statues sur les fonds publics.à plusieurs divinités.

Le forum de Timgad (Thamugadi) reste, dit M. Cagnat, " comme le type accompli de ces forums provinciaux créés " pour ainsi dire en un jour à l'imitation du forum romain ). Il mesure 100 mètres sur 60. Au centre, une place (50 x 43) avec statues équestres ou pédestres, portiques aux colonnades corinthiennes; on voit encore sur les dalles des " tables de jeu " (1); à l'ouest, la Curie, salle de réunion du Conseil municipal ", où les travaux de déblaiement ont permis de retrouver la liste des membres de l'Assemblée dans la seconde moitié du IV8 siècle. Du même côté, la tribune à harangues : c'est de là qu'on faisait les communications officielles. A l'est, une basilique civile, à la fois bourse et prétoire. Sur les deux autres côtés, des boutiques.

" Le dallage du forum porte encore le dessin de plusieurs jeux qu'on y avait tracés à la pointe. Ici nous voyons une série de trous juxtaposés et régulièrement espacés, entre lesquels il s'agissait de faire rouler une bille, dirigée vers un but déterminé, sans qu'elle s'arrêtât dans un de ces trous; là est figurée une marelle circulaire, où l'on faisait mouvoir des pions qu'il fallait amener sur une même ligne. Plus loin, on avait dessiné une sorte de damier d'un genre particulier. A droite et à gauche d'un motif central décoratif, un vase de Heurs surmonté d'un oiseau, étaient gravés trois mots de six lettres, chaque caractère faisant l'office des carrés d'un échiquier.

L'ensemble forme une devise épicurienne : Venari lavari, Lvdere ridere, occ est : vivere; " Chasser, se baigner, jouer et rire, voilà la vie! n (Cagnat.)

LE THEATRE /

A Rome même le théâtre fur d'abord une jouissance inappréciée de la masse.A la représentation d'une pièce de Térence, les spectateurs dédaigneux du dénouement de la pièce quittèrent en hâte les gradins et se ruèrent vers le cirque où paradaient baladins et gladiateurs. Longtemps pour permettre au CALAMENSES de suivre l'intrigue, le prologue contint un résumé de la pièce, et parfois un orateur expliquait à la foule indisciplinée le contenu de la pièce de théâtre. Que dire du théâtre africain ! Voici le directeur de la troupe, généralement un affranchi, homme d'affaire Syrien, lyrique, retors, qui se réserve le rôle principal ; les acteurs, de basse condition sociale ; les choriste dont le nombre ira croissant, au fur et à mesure que s'amplifiera la mise en scène et que, comme le dit Horace, le plaisir passera de l'oreille aux yeux . Il se pouvait qu'un jour de représentation pour attirer le public, on distribuait des jetons numérotés pour indiquer la place
A l'orchestre, plate forme semi-circulaire, se groupe les magistrats. Un certain nombre de gradins, divisés en deux parties par un palier, recueille la foule gesticulante et loquace sur la scène enfin, viennent évoluer les acteurs qui, aux tirades pathétiques, élèvent le masque pour faire admirer le jeu mouvant de leur figure. Si le soleil Numide aiguise trop ses pointes, un immense velum couvre l'amphithéâtre ; des fleurs jonchent les gradins arrosés d'eau fraîche et de vin parfumé. Public incompréhensif, bruyant de paysans bronzés, avares, âpres, processifs qui ont vendu leur légumes et ont hâte de regagner leur campagne. Dans le ciel pesant, la journée tourne comme un disque de plomb. Il flotte dans l'air ce souffle du sud que les Calamenses appèlent l'Africus et qui devait être le nom du Sirocco, cette poussière tenue et tiède qui, aujourd'hui encore, affadit le cœur. Peut-être qu'à l'orchestre (on peut toujours rêver) un jeune Numide que sa science précoce rend déjà célèbre, murmure : Je me laisse ravir au théâtre plein d'images de mes misères, et d'aliments propres à nourrir ma flamme. Cette phrase brûlante, beaucoup plus tard, saint Augustin le berbère la notera, en songeant au théâtre de Carthage. Pour l'instant l'âme africaine est encore prise dans le terroir. Elle apparaît en quelques jeunes rhéteur, aux cheveux lustrés, qui rêvent de Carthage et de Rome. Elle s'agite surtout parmi ces marchands, ces ruraux grossiers dont l'odeur forte tombe des gradins. Il dut y avoir en Algérie de nombreux théâtre ou amphithéâtre. Six seulement sont restés : à GUELMA, Djemila, Timgad, Khamissa, Philippeville, et Tipaza.
Ces amphithéâtres étaient calqués et l'on retrouvait un orchestre avec trois ou quatre rangs de gradins contenant 200 places. Sur les gradins 2500 spectateurs pouvaient se caser c'est le cas pour GUELMA. Timgad pouvait abriter 3500 auditeurs
CIRQUES :

Il semblerait qu'à Guelma il y eut un cirque, quelques vestiges subsistaient à l'arrivée de français. Nos recherches sont en cours pour le situer.

C'est dans l'amphithéâtre de Cherchell que saint Marcienne, chrétienne berbère, coupable d'avoir brisé la statue de Diane, aurait été livrée aux bêtes. La légende garde un reflet d'histoire : hostilités de races aggravant la rivalité des cultes, juifs méfiants, païens avides du jeu des bestiaires, chrétiens encore timides qui créent ne leur foi ardente le miracle de la martyre. A Cherchell, ruines d'un cirque (400 m. x 90).

LES THERMES -

Les thermes ont été les salons publics de la vie romaine. Pas de ville qui n'en contînt un ou plusieurs. Ils furent, à l'origine, destinés à la classe moyenne et aux pauvres. Les riches avaient, dans leurs villas, des salles de bains splendidement décorées. Peu à peu, l'établissement public reçut une haute clientèle. C'est là, en effet, comme sur le Forum, comme aujourd'hui sur le marché arabe, qu'on échangeait les nouvelles. C'est là que, par des inscriptions murales, nous allions dire des affiches, s'étalait toute une publicité : spectacles, avis de vente et même, comme on l'a vu à Pompéi, éloge des candidats aux fonctions municipales. Les thermes n'ont pas disparu sans recevoir une survie littéraire. L'oisif élégant, suivi de ses esclaves, y tient audience. Entre jeunes gens à la mode, on parle de la dernière course de chars, du jockey maure qui, en dix ans, a déjà gagné un million et demi de sesterces; de l'épitaphe qu'il serait séant de donner au glorieux cheval Polydoxe, " lequel saute haut comme une montagne ". Là se calculent les chances du gladiateur samnite, fat, musclé, vainqueur bestial, qui tire l'œil furtif des matrones et dont la cité attend impatiemment la venue. Les thermes, note M. Albertini, " tiennent lieu aux Romains de café et de cercle. Non seulement on s'y baigne, mais on y fait des exercices physiques, on y cause, on y joue ". Le Romain ou le Berbère romanisé passe, aux thermes, une bonne partie du temps que ne lui prennent pas les affaires, sur le forum il n'est guère chez lui que pour dormir ".

L'hydrothérapie romaine comprenait plusieurs phases : la première " consistait en un court séjour dans de l'air " brûlant, destiné à amener une sueur abondante; puis on descendait dans une baignoire d'eau chaude pour se " débarrasser de la sueur et des impuretés; après quoi on " se trempait dans de l'eau froide pour rafraîchir le corps, " resserrer la peau et affermir les forces; enfin on se soumettait à un massage et à des frictions d'huile .

Extrait du livre à paraître édité par le Collectif GUELMA-France : copyright déposé Juillet 2004

Collectif des Guelmois site Internet GUELMA-FRANCE