MALACA CALAMA GUELMA

Docteur V REBOUD.1881

De l'extrémité nord est de la Mahouna se détache un contrefort qui longeant la rive droite de la Seybouse, vient mourir insensiblement entre la plaine de Guelma et le vaste lit de la rivière.
La ville de Guelma s'élève sur le flanc opposé à celui qui regarde la Seybouse, c'est-à-dire sur le versant nord est. Assise au dessous du plateau où se tient l'important marché du lundi, sur les escarpements de la rive droite oued Skhounn , elle domine au loin (altitude de 170 m) la vallée et les ondulations de la plaine.
Les français s'ils sont établis définitivement le 7 septembre 1836.
En 1843, la ville n'avait encore que 30 maisons et 200 habitants ; aujourd'hui, la commune en compte 5529, 1149 Français, 344 juifs naturalisés, 1143 étrangers et 2194 indigènes.

Le climat du canton, tempéré en hiver mais très chaud en été, est favorable à la culture des céréales, de la vigne, du figuier, du cactus opuntia et de l'olivier dans les produits jouissent d'une grande renommée; d'abondants pâturages permettent d'élever des troupeaux de bœufs, et des moulins perfectionnés fabriquent avec le blé du pays une farine de qualité supérieure qu'on exporte au loin

Guelma occupe l'emplacement de l'ancienne Calama. Lors de notre arrivée, en 1836, le sol était couvert des ruines de la ville romaine. Le commandant Duvivier en dressa le plan ; plus tard Delamar consacra quelques planches de son archéologie à la reproductions des principaux monuments : murailles, portes, thermes, théâtre, fragments d'architecture, bas relief avec inscription, statues, traces, etc., etc.
En 1149, le docteur Grellois Mexico celle de l'hôpital militaire et successeur du docteur Judas, recueillit des notes précieuses et détaillées sur chacun de ces sujets, de façon que font les autres êtres considérés comme un texte expectative des planches de Delamare, au moins dans bien des cas.

Ces notes, publiées en 1852, forment un guide utile et nous dirons même indispensable à celui qui veut connaître Guelma dans l'étude de ses ruines

le nom de Calama fut Malaca ; on ne peut en douter, quand on a sous les yeux la traduction de six ex-voto puniques en l'honneur de Ball-Hamon publiés par Judas.
Dans chacun d'eux, on lit :
in Malacca, il se de droite à gauche :ACALAM ; de gauche à droite, nous lisons :. Calama le mot Malaca signifie Royal, on est porté à croire que Calama, comme pour Hippo Regius, fut une ville aimée des rois numides.

L'épigraphie Calama nous fait connaître les trois langues parlées sur les bords du RUBRICATUS, le latin, le punique et le lybique.

Le libyque se parlait dans tout le nord de l'Afrique, de l'Egypte à l'océan, vaste contrée où il s'est conservé jusqu'à nos jours ; on lui donne aujourd'hui le nom de berbère.

C'est sans doute dans cette langue que Saint Augustin fait allusion quand il dit dans un passage trop court de la cité de Dieu :
In africa barbara gentes in una lingua plurimas novimus .
Ne se parlait-elle que dans l'Afrique barbare ?
Nous croyons que Massinissa en faisait usage, quand il s'adressait à ces bergers, laboureurs et cavaliers numides.

Faut-il comprendre dans cette Africa Barbara et les environs de Thagaste, patrie de St Augustin, les centres populeux de la Cheffia, les territoires de Milah, où cette, langue était parlée et écrite, comme le prouve le nombre déjà considérable descriptions en caractères lybiques découvertes dans cette localité ?

Saint augustin ne fait aucune mention de cette écriture fort répandue, cependant, autour de Thagaste et des villages voisins qu' il a plus d'une fois visités. Les inscriptions que l'on en connaît ne sont ni antérieurs ni postérieures à cette époque, puisque les stèles et les quelques lettres des bilingues les font remonter au troisième ou quatrième siècle.

Saint augustin parle beaucoup plus souvent de langue punique. Les fidèles de certaines églises, d'après lui, n'auraient compris que cette langue. On le voit chercher lui-même un prêtre parlant le punique qu'il destine à FUSSALES. Comme le pense M. Poulle, Fusalles doit être placée dans une des ruines la Cheffia, on est étonné d'apprendre que la langue punique était en usage dans ce canton, si riche en nécropole libyque avec inscription nombreuse, tantôt lybiques, tantôt latino-lybiques, au milieu desquels on a pu découvrir, jusqu'ici, un seul fragment de texte punique.

Malgré la grande autorité de Saint Augustin, on est quelquefois porte à croire que l'illustre et Saint a confondu le puniques et lybiques
es monuments puniques, au contraire, ont été trouvés en assez grand nombre à Calama dans ses environs. Le texte latin renferme plusieurs noms carthaginois portés par de simples particuliers et par des magistrats plus ou moins romanisés
ASMVN
AVCHVSOR
BARIBAAL
BALITHON
MVTTHVMBAL
NANNEM
OTMELEC
SAPHIRIS

On ne remarque rien de semblable de la ville de Cirta, malgré la présence en cette ville d'un très grand nombre de carthaginois, qui n'ont laissé plus de 200 ex-voto, découverts sur le mamelon qui domine le Rhumel.

Au point de vue punique, le monument le plus digne d'intérêt et la dédicace à la victoire publiée par Delamar dans son archéologie
Victoria augustae. Anno suffetatus asumis ……

Cette pierre qui mesure 0, 64 m de hauteur sur 0.88 de largeur, nous fait connaître l'existence du suffetat et dans la ville de Calama et les noms de deux suffètes :
Smun, fils de Mutthumbal, et Urbanus, fils d'Auchusor.

Sur Ces trois magistrats, un seul de conserve son nom punique, Asmun, qu'on prononce aussi Aschmoun . Les deux fils Auchusor en portent des latins.
Nous sommes à une époque de transition : les administrateurs ou magistrats de nos n'acceptent l'onomaticon du vainqueur.

Il n'est donc à la belle époque romaine, si on peut en juger par ce monument élevé à la victoire, des magistrats indigènes.
On sait que le suffète rempli sait une fonction de juge à Carthage, d'après les auteurs, le suffète était le magistrat correspondant consul romain.

Nous sommes beaucoup moins renseignés sur une fonction du princeps que l'on retrouve ça et là sur des monuments de la Numidie et des deux Mauritanies.

1 à l'Henchir bou atfan, au sud de Guelma
2 à Marcouna (verecunda)
3 à Constantine
4 à Khorbet - idra (sertei)
5 A Diar Mami, chez les ifflissen, grande kabylie.

Il est a noter qu'il n'a fallu que quinze ans pour que les savants français dressent l'historique de la présence Numides Lybique et Romaine à Guelma et en afrique du Nord, puis ce fut le vide sidéral, on ne retrouve aucun texte arabo-berbère traitant de ces périodes
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