LE PÈRE BENOIT NICOLAS

      Ceux qui ont l'avantage de lire " Ensemble " suivent depuis le No 125, l'histoire d'un Guelma peu ou mal connu de "quelques-uns" d'entre nous: je suis de ceux-là ! Ne regrettons plus de ne pas avoir pris le temps de fouiller le passé de notre ville. Quelqu'un vient de le faire pour nous. Ce quelqu'un s'appelle 'le Père BENOIT NICOLAS, il est de chez nous, il nous offre une étude de:
"GUELMA A TRAVERS LES AGES" qui met en évidence le fait que nous sommes filles et fils d'une Cité qui, depuis ses plus lointaines origines, semble être un des Centres qui font l'Histoire de l'Afrique du Nord. Ces trois dernières décennies ne viennent-elles pas de le confirmer?

Qui est le Père BENOIT NICOLAS ?

        Ne le sachant pas, je suis allé chercher la réponse à l'Abbaye D'EN GALCAT où se trouve ce fils de chez nous, et, au cours d'un entretien que j'espère renouveler, voici ce que j'ai noté :
      - Né à Guelma le 17 Août 1919, faubourg de la Gare, rue des Jardins, Maison Escande.
      - Son père Constant NICOLAS, né à Héliopolis, employé aux Chemins de Fer Algériens, basé à Guelma, il quittait notre ville pour le Kroubs en 1936, il occupait à cette époque les fonctions de Sous-chef de Gare.
      - Sa mère, née BOURGER est originaire de Guelaat-Bou-Sba. Le grand-père BOURGER était Agriculteur, propriétaire de la ferme qu'une génération a connu comme appartenant à son dernier propriétaire, Monsieur PUECH. Beaucoup d'entre nous se souviendront que l'oncle du Père BENOIT NICOLAS, Augustin BOUGER fut Maire de Guellat-Bou-5ba.
      - Sa préparation à son Sacerdoce, le Père BENOIT NICOLAS l'a effectuée au séminaire de Constantine, avec comme autres Guelmois : ABELA, OLERC, SANTINA, SULTANA, TEUMA, René et Victor SIDI.
      - 1937 à 1946 Notre Dame d'Aiguebelle dans la Drôme.
Une "coupure" le temps d'une guerre, où le Père BENOIT NICOLAS rejoint nos Armées en Tunisie.
'       - 1947 à 1955 Notre Dame de l'Atlas près de Médéa, et Lodi en Algérie, et depuis 1955 : Abbaye d'EN CALCAT - 81100 DOURGNE.

       Son frère le Père Edouard NICOLAS, fut Vicaire à Sétif, puis à Constantine et, ensuite, Curé de RENIER, puis à la Paroisse Saint Cœur de Marie à PHILIPPEVILLE. Il se trouve, actuellement, à HENRICHEMONT (Cher).
       J'espère que nous aurons un jour la joie d'avoir le Père BENOIT NICOLAS parmi nous, afin de dire combien nous lui sommes reconnaissants de mettre à notre disposition, un document inestimable qui enrichira l'héritage que nous laissons aux nôtres. Il ne faudra pas que nous manquions de lui demander de nous parler de son voyage du souvenir, effectué en Juin 1974, il nous montrera des photos de LA MAHOUNA, GUELAAT-BOU-SBA, GUELMA, avec au nombre de ces dernières celle représentant la villa de la famille NICOLAS construite à proximité du Cimetière Mozabite.
Merci Père BENOIT NICOLAS ... nous nous reverrons !
Marcel ROSSI.

GUELMA A TRAVERS LES AGES
Nous devons notre reconnaissance au BENOIT NICOLAS de l'Abbaye d'En Calcat d'avoir bien voulu, comme ancien Guelmois retracer l'histoire de sa ville natale.
Notre chère Cité a un riche passé historique, profane et surtout religieux, du jour où elle devint un centre chrétien important. Mais si l'on scrute la préhistoire, il est évidemment bien difficile de dire avec précision à quelle époque le site a été habité, et encore moins quand la ville s'est fondée.

1 - LA PRÉHISTOIRE
Si l'on interroge la paléontologie, des études récentes {1) ont montré qu'au niveau de ·la culture capsienne (d'après la région de Gafsa) des hommes de type protoméditerranéen s'étaient introduits dès le début de l'ère épipaléolithique, entre le Xe et le VllIe millénaire avant notre ère, dans l'est .algérien et le territoire tunisien actuels, y submergeant des hommes de type de Cro-Magnon qui s'y trouvaient déjà. Ce que l'on connait de leur civilisation laisse supposer qu'il s'agissait de populations d'origine égypto~libyenne, venues sans doute par la Tripolitaine et la Cyrénaïque.
Dès les origines, elles se répartirent en des aires géographiques bien déterminées qui firent obstacle par la suite à toute unité durable du pays. Au centre et à l'ouest les Kabyles occupèrent les massifs montagneux le long de la côte, les Gétules et les Capsiens se fixèrent au sud dans les Monts Aurès et à la lisière du Sahara, les Numides enfin dans les plaines du centre et de l'est : Calama l'ancienne fut d'origine numide.
Toutes ces populations furent englobées par les Romains sous le nom de Barbari = Berbères: étrangers non civilisés, qui leur est resté. Sans jamais constituer une nation homogène et organisée ils vécurent en tribus et groupes autonomes, allergiques à toute assimilation étrangère profonde, unifiés seulement par des dialectes apparentés à un fonds commun, que S. Gsell (2) appelle la langue Libyque, du groupe chamito-sémitique.

2 - LA PERIODE PUNIQUE
Au début du premier millénaire avant J.C. on entre vraiment dans l'Histoire. Des marins phéniciens, du nom d'un peuple sémite des rives orientales de la Méditerranée - Liban et Syrie actuels - intrépides navigateurs sillonnent la mer jusqu'en Espagne et en Afrique du Nord.
Sans pénétrer à l'intérieur des terres ils se contentent de fonder sur la côte des comptoirs portuaires : Ausuccuru (Dellys), Rusicade (Philippeville) Hippo Aegius (Bône) datent de cette époque. Vers la fin du IXe siècle a, J.C., en 814, une colonie venue de Tyr en Phénicie fonde la ville de Oart Hadasht (= Ville neuve) que les Romains - encore eux! déformeront en Carthago (Carthage). Les chefs ~erbères de Numidie qui dominaient l'intérieur du pays furent Je plus souvent 'les alliés ou les clients des Carthaginois qui au début se consacrèrent à des conquêtes surtout maritimes, dans les îles de Sicile, Sardaigne et Corse. M'lis quand Carthage amorça au Ve siècle un mouvement d'expansion vers les territoires berbères, les réactions furent violentes. Guerres et révoltes ne permirent jamais aux Carthaginois d'annexer de grandes portions territoriales. Ils durent se contenter d'implantations dans quelques centres urbains, comme ce fut le cas à Theveste (Tébessa) et à Cirta (Constantine) où la découverte en 1950 de 600 stèles puniques dont 300 portaient des Inscriptions a prouvé une implantation phénicienne sur le célèbre rocher. Il en a été de même pour le site de Calama. Non seulement ce nom est d'origine punique, mais les fouilles archéologiques opérées à Guelma et dans la région ont révélé de nombreuses épitaphes et des ex-voto phéniciens. On y a découvert des stèles puniques en l'honneur du dieu Baal-Hammon, des Inscriptions attestant le culte du dieu carthaginois BALIDDIR (Maitre puissant) et de la déesse phénicienne Astarté, De plus, preuve a été faite que Cirta et Calama avaient reçu une organisation municipale de type punique et qu'elles étaient administrées par des suffètes, magistrats d'origine carthaginoise.
Naturellement, la langue punique suivra cette expansion, en concurrence avec la langue berbère, et au Ve siècle de notre ère, la majorité des paysans, au dire de St Augustin, la parlera encore, ignorant toujours le latin des occupants romains.

3 - L'OCCUPATION ROMAINE
       En effet.. à partit du premier tiers du Ille siècle, ver9 260 avant J.C., les Berbères vont être entraînés malgré eux dans le conflit implacable, connu sous le nom de Guerres puniques, qui opposera pendant près de 120 a~s,~8,Romalns aux Carthaginois, Jusqu'à la ruine totale et définitive de Ja rJva!e- de Rome en 146 avant J.C.
     A cette époque, les tribus berbères avalent ressenti le besoin de se regrouper face aux menaces étrangères et la plupart d'entre elles s'étaient comédérées sous l'autorité d'un chef, l'aguellld pour former ce qu'on appelle un peu 'pompeusement les o royaumes. berbères. Les sourc"lS historiques dont nous disposons pour cette époque troublée (3) n'ont pas toujours la précision souhaitable et elles sont parfois sujettes il caution. En IVolcl un exemple. D'après S. Gse:1 traduisant Tite-Live (4), la Berbérie au Ille siècle avant J.C. était divisée en deux royaumes à l'ouest celui de l'éthnie des Masaesyles avec comme aguellid Syphax et comme capitale Cirta à l'est celui des Massyles centré dans l'Aurès et en rivalité avec le précédent. Sous la conduite de son aguellid Masinissa il s'empare de Cirta et imposa sa domination à toute la Berbérie.. Or, d'après une solide étude de MM. Julliet et Berthier de la Société archéologique de Constantine en collaboration avec M. l'abbé R. Charlier, professeur de langues et littératures anciennes au Séminaire Diocésain {5) étude basée sur les données géographiques précises de Salluste dans son De Bello Jugurthino, la capitale du royaume numide de Masinissa était Cirta Regia ou Cirta nova, située au lieu dit " Le Kef " aux confins de la Tunisie actuelle, donc à 300 kilomètres à l'est de la Cirta Julia qui deviendra romaine sous Octave Auguste (Début du 1 er s.) et à qui Constantin (début IVe s.) donnera son nom actuel. Quant à la Cirta nova, elle prit sous les Romains le nom de Sicca Veneria. On voit par là que le royaume de Masinissa était loin d'englober presque tout le Maghreb selon l'opinion reçue.
     Quoi qu'il en soit, ce n'est pas ici le lieu de retracer les péripéties des campagnes des guerres puniques auxquelles sans aucun doute les habitants de Calama furent mêlés. Vraisemblablement dans le camp des Romains, car Masinissa (238-148) fin politique, avait pris parti pour les envahisseurs, ce qui fit également son fils Micipsa (148-118) (6). Par contre son successeur Jugurtha (118-105) opta pour une politique d'indépendance et de rébellion ouverte vis-à-vis de Rome. C'est ce qui valut à Calama d'être le théâtre d'un désastre retentissant des armées romaines.

     A l'automne de l'an 110, Jugurtha, simulant la fuite, entraîne la troupe ennemie, commandée par le légat Aulus Postumius, frère du Consul Albinus, dans un lieu marécageux aux environs de la ville, pendant qu'il regroupe ses troupes dans un massif boisé tout proche. En pleine nuit, le camp romain est assailli par les Numides, auxquels se joignent quelques mercenaires déserteurs et même un officier romain.
    Saisis de panique jetant leurs armes, les survivants du massacre se réfugient sur une colline voisine. Jugurtha leur accorde la vie sauve, à condition de subir l'humiliation de passer sous le joug et d'évacuer le pays dans les dix jours.
    Mais un peu plus tard, trahi par le roi de Maurétanie (Maroc du Nord) avec qui il avait fait alliance, Jugurtha fut fait prisonnier par le général romain Marius qui le laissa mourir en prison à Rome.
Quelque soixante ans plus tard, César lui-même acheva la conquête de la Numidie, en venant à bout du roi Juba 1er qui préféra se suicider.
La Numidie devint alors la Province romaine d'Africa nova, rattachée à l'Africa proconsularis ou Africa vetus, Désormais, la voie était ouverte à l'implantation et à l'essor du christianisme en Berbérie.

(1) M.C. Chamla, Le peuplement de l'Afrique du Nord de l'épipaléolithque à l'époque actuelle, in L'Anthropologie 1978, no 3, p. 385-430.
(2) SI. Gsell, Histoire ancienne de l'Afrique du Nord, Hachette Paris 1920, T.1. p. 309 ss, Op,cit T.III, p. 174 ss.
Etude polycopiée en 1949, non encore publiée à ma connaissance. Compte-rendu Hommes et Mondes, Octobre 1949.
Les auteurs latins parlent des auxiliaires numides, le plus souvent comme cavaliers d'élite ou conducteurs d'éléphants, alors abondants en Afrique du Nord : les tanks de l'époque ! Qu'on se rappelle Hannibal, ..

4 - LA PÉRIODE CHRÉTIENNE
A) Avant Saint Augustin
Par manque de sources historiques, les débuts du christianisme en Afri~ue sont enveloppés d'une totale obscurité. Des légendes, tardives et discordantes, voudraient que la Proconsulaire et la Numidie aient été évangélisées par Saint Pierre lui-même, qui aurait installé Saint Crescens comme premier évêque de Carthage, ou encore par Saint Marc, venu d'Egypte. D'autres parlent des apôtres S'mon et Jude, voire ~e Photin3, la Samaritaine de l'Evangile! (7).
La principale difficulté qui empêche d'accorder crédit à ces légendes, c'est qu'aucun Ides trois grands écrivains chrétiens des siècles suivants, Tertullien, Cyprien ou Augustin n'a jamais revendiqué une origine apostolique directe à l'Eglise d'Afrique.
Par contre, il est à peu près certain que l'évangélisation du Nord de l'Afrique eut lieu en deux phases: la première, dès le milieu du 1er siècle, où Carthage en rapports étroits et constants avec l'Orient méditerranéen reçut la foi chrétienne par des missionnaires venus des communautés d'Asie et de Judée. Cette affirmation repose sur un faisceau de trois faits significatifs:
       1°La première évangélisation s'adressait en priorité aux communautés juives de la diaspora; or, à Carthage le judaïsme était fortement implanté.
      2° La liturgie chrétienne primitive de Carthage employait la langue grecque, comme les chrétientés orientales, et de nombreux rites et usages lui étaient communs avec l'Orient et la Palestine.
      3° Enfin, au moins à deux reprises, Saint Augustin lui-même affirmera nettement cette filiation (8).

La seconde phase de pénétration du christianisme, à la fin du siècle ou au début du second, coïncida avec la romanisation méthodique de l'Afrique sous les empereurs Titus et Trajan. L'évangélisation atteint alors les masses païennes surtout en milieu urbain, comme l'attestent les récits de la mort des premiers martyrs africains: le 17 juillet 180 eut lieu à Carthage la décapitation de douze chrétiens, 7 hommes et 5 femmes, originaires de Scilli (9), condamnés à mort par le Proconsul P. Vigellius Saturninus pour avoir refusé de pratiquer le culte païen de l'empereur. Leurs noms sont puniques ou berbères. C'est sans doute à la même époque qu'eut lieu le supplice des martyrs dits de Madaure (10) dans la région de Thagaste, dont parle Saint Augustin (11).
Ces faits sont probants. Ils démontrent l'existence de communautés chrétiennes bien organisées en différents points d'Afrique et de Numidie, ce qui suppose un certain délai pour cette implantation. Aussi on admet communément qu'elle a eu lieu pendant le courant du Ile siècle, peut-être même dès la fin du premier.
Qu'en fut-il de Calama pendant cette période ? A vrai dire, aucun document ne permet de donner une réponse précise à cette question.

Nous savons seulement qu'aux environs de l'an 125, sous l'empereur Hadrien, la ville avait le statut de municipe. Les Romains accordaient ce titre aux villes provinciales non romaines, dont les habitants ou au moins une part importante d'entre eux avaient reçu lia citoyenneté romaine. Ils conservaient le privilège de s'administrer selon leur droit et leurs lois propres, tout en étant soumis au contrôle des troupes d'occupation. A notre époque, naguère, on aurait appelé cela le statut de Protectorat.
Un siècle et demi plus tard, en 283, peu avant le règne de Dioclétien, Calama porte le titre de colonie : il s'agit alors d'une ville annexée à l'Empire romain, et dont le territoire cultivable a été remis, au besoin en expropriant des habitants, comme récompense à des "vétérans", c'est à-dire des soldats à la retraite, des colons.
A partir de cette date, Calama a donc reçu une administration romaine, avec tous les devoirs et les prérogatives des cités romaines. Les restes admirables du théâtre romain que nous connaissons bien prouvent l'importance de la romanisation de la ville devenue un centre culturel notable.

Le progrès du christianisme a certainement accompagné celui de l'implantation romaine. L'auteur chrétien Tertullien (155-220) mentionne des communautés chrétiennes non seulement en Proconsulaire, mais aussi en Numidie et Maurétanie (ouest du Maghreb) hiérarchiquement constituées avec évêques et clergé.
Elles ne représentaient cependant que de fortes minorités, souvent en butte à la malveillance et au fanatisme des masses païennes, surtout à partir du ,début du Ille siècle, quand Septime-Sévère promulgua un édit interdisant d'adhérer au christianisme. Tertullien nous a conservé le récit des sévices des persécutions de toutes sortes dont furent victimes beaucoup de chrétiens. Les plus célèbres de cette époque furent Perpétue et Félicité martyrisées à Carthage le 7 mars 203. Au milieu du siècle, le 1er septembre 256, Saint Cyprien l'illustre évêque de Carthage put convoquer un Synode ou Concile provincial d'Afrique. 85 évêques s'y réunirent, dont 21 pour la seule Numidie.

Calama ne figure pas sur la liste des sièges épiscopaux représentés, alors qu'on y trouve des noms de localités beaucoup moins importantes, comme par exemple Mascula (= Kenchela). Cela ne veut pas dire nécessairement qu'il n'y avait pas encore d'évêque dans cette ville, car cette absence au Concile a bien pu être accidentelle, par vacance du siège, par exemple, par maladie du titulaire oU même par désaccord avec la position de Saint Cyprien qui était alors en profonde divergence de vues avec le Pape Etienne 1er sur la conduite à suivre à l'égard des chrétiens coupables d'apostasie pendant les persécutions. Il est au contraire fort vraisemblable qu'au milieu du IIIe siècle Calama était déjà ville épiscopale.
Ce qui est certain, c'est qu'elle l'était depuis un certain temps au début du IVe siècle, au moment de la terrible persécution déclenchée par Dioclétien (284-305). En cette circonstance, son évêque, Donat (12), le premier dont nous connaissions le nom, ne brilla pas pour l'héroïsme de son attitude. En effet, sommé de remettre au tribunal les 'livres de la Sainte Ecriture " que les Romains détruisaient, il s'en tira adroitement en apportant des ouvrages de médecine, que le juge feignit de prendre pour des livres liturgiques !
Les noms de ses successeurs pendant tout le IVe siècle nous sont inconnus Jusqu'à la dernière décennie. A cette époque, vers 390, Calama était le siège du Primat de Numidie, Megalius, qui avait ce titre en tant que doyen des évêques de la Province.

       Lors d'une de ses visites à Hippone, il fut sollicité par le vieil évêque Valère et tout le peuple chrétien de la ville de conférer l'épiscopat au prêtre Augustin.
C'est à lui en effet que revenait de droit la charge de consacrer les évêques de sa Juridiction. Après des hésitations et des réticences (13), dues au fait qu'il avait ajouté foi à une calomnie répandue contre Augustin, mais qu'il finit par rejeter, il accepta enfin de conférer la consécration épiscopale à celui qui allait devenir un des plus illustres fils de l'Afrique et l'un des plus grands docteurs de l'église. La cérémonie eut lieu dans la Basilique d'Hippone peu avant la fête de Noël 395.
Désormais, Calama allait avoir des rapports privilégiés avec l'évêque d'Hippone qui fait souvent mention d'elle dans ses lettres ou ses écrits. Elle entrait ainsi, à l'aube du Ve siècle, dans son âge d'or qui, malheureusement, ne devait durer qu'un demi-siècle, à cause des vicissitudes de l'Histoire.
NOTES
(7) 0, Bardy. Afrique c:Ilréllenne dans D,H,G,E. T, l, col. 186 - 191.
(8) S. Augustin, Ep. XLIII: L'évêque de Carthage était uni de communion avec l'Evêque de Rome et avec les autres contrées d'où l'Evangile est venu en Afrique·, Ep. LII : o Le parti de Donat s'est retranché de la racine des Eglises d'Orient, d'où l'Evangile est venu en Afrique ".
A partir de cette époque beaucoup de renseignements sur l'Histoire religieuse de l'Afrique et celle de Calama en particulier nous sont fournis par Saint Augustin lui-même, Toutes les citations en seront faites d'après: Œuvre complète de Saint Augustin, en 34 volumes Paris Vives 1872 - 1878, traduites el annotées par Péronne, Ecalle, etc ...
(9) On ignore la localisation exacte de cette cité, que certains auteurs placent dans la région de Simitthu (= Chemtou) au N. E, de Thageste (Souk-Ahras).
(10) Medaure (= Mdaourouch): Montesquieu au sud de Souk-Ahras.
(11) Saint Augustin, Contra Cresconlum Lili, C, XXVII.
(12) Il ne faut pas confondra ce Donat avec son illustre contemporain Donat évêque de Casae Nigrae (= Négrine. S, E, de l'Aurés) puis évêque de Carthage et promoteur du schisme appelé Donatisme dont Il sera question plus loin et qui empoisonna la vie de l'Eglise d'Afrique pendant prés de deux siècles.
(13) Saint Augustin. Contra littera. Pellllani, L III C. XVI.

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