LA CONQUETE ARABE

             A partir du XI siècle jusqu'au XIV siècle sans discontinuer l'immigration bédouine, évaluée à un million de personnes, fut l'immense catastrophe, la fin d'un monde. Ces Hillals et Soleim (Banû Sulaym) de la tribu des Chabbia, dans leur pays d'origine Hedjaz, (Arabie) et frontière de la Syrie, étaient les plus insupportables des tribus nomades,. A la suite d'insurrections ils furent à titre de châtiment et de précaution déportés en masse en haute Egypte sur la rive droite du Nil, il ne restait plus qu'à les faire passer sur la rive gauche pour les lâcher vers le Maghreb, pour cela, le gouvernement Fatimide donna une fourrure et une pièce d'or à chaque individu. En 1051, les premières tribus Illaliene entrèrent en Afrikia saccageant tout sur leur passage. Cette race d'arabe n'a jamais eu un chef capable de les diriger et de les contenir, expulsés des grandes villes ces bandits allèrent s'emparer des campagnes et là, ils ont continué jusqu'à nos jours (1453) à opprimer les populations, à piller les voyageurs et à tourmenter le pays par leur esprit de rapine et de brigandage. Au Maghreb souligne toujours Ibn Khaldoun, la vermine Hilaliène semble avoir développé une toxicité qu'elle n'avait pas dans son pays d'origine. Soixante dix ans voilà ce que dura, en 8 ou 9 campagnes les invasions arabes. Elles commencèrent en 641 ou 642 pour se terminer à Tanger en 711. Ils subirent des défaites écrasantes, Ocba et ses compagnons furent exterminés jusqu'au dernier auprès de Biskra (683) Zoheir, en 690, après une victoire précaire batit en retraite et fut tué en Cyrénaïque, Haçan, en 698, est battu à la Meskiana, au pied des Aurès, mais ils occupèrent le pays. Ibn Abî-Sarb vainquit les Berbères et Ibn Abi Yezid écrivit que ces derniers apostasièrent jusqu'à 12 fois tant qu'en Ifrikia qu'au Maghreb. Chaque fois, les autochtones soutinrent une guerre contre les musulmans qui les massacrèrent. Ibn-Abd-el Hakem, le plus ancien des historiens arabe raconte que le kalif Omar sollicité d'autoriser la conquête de l'Ifrikia, aurait répondu " Ce pays ne doit pas s'appeler l'Ifrikia, il devrait plutôt se nommer El Moferrecat-el-Radera (le lointain perfide); je défends qu'on y fasse une expédition, tant que l'eau de mes paupières humectera mes yeux".

            Pour contrer l'Islam les berbères adoptèrent l'hérésie Khârèjite, il fallut attendre que Mûsa ben Nusayr devint gouverneur pour que l'islam s'établisse solidement, il ne restait alors au Maghreb "que des morts ou des musulmans"

            Puis ce fut les siècles obscurs du Maghreb, la terrible et sanglante colonisation Turc qui, pendant plus de trois siècles s'approprièrent les terres agricoles, les plantations d'abres fruitiers. Les arabo-berbères furent colonisés par les ottomans qui eurent l'habilité d'opposer les tribus les unes aux autres, de s'appuyer sur certaines d'entre elles, dites tribus Makhzen (exemptés d'impôts). La pression fiscale exercée par l'oligarchie turque sur les tribus fut écrasante. Le chef de tribus pour conserver sa tête et ses privilèges, jouèrent bien souvent le jeu de l'oppresseur. L'administration Ottomane constitua une classe de serfs, les Khammés,. (sur 5 jours de travail, il en devait 4 au bey).

            Le bey de Constantine connu pour sa cruauté et son despotisme confisquait les terres des récalcitrants, tranchait les têtes des contestataires qu'il exposait en bout de piques 7 jours durant, et exerçait par la pire des cruautés une justice d'une rare inhumanité. Avec son gouvernement le beylick, El Hadj Ahmed règna surtout sur les villes et les plaines, la plupart des régions montagneuses échappèrent à son autorité.

Bibliographie Ibn Khaldoun

Collectif des Guelmois GUELMA FRANCE