mise à jour 2006

Peindre les hommes, Peindre la terre.

BETTINA HEINEN-HAYACH

Bettina peintre du soleil

            Les moments de peinture de Bettina Heinen-Ayech sont ceux d'une grande émotion. Ils sont ceux de sa communion, de sa parfaite harmonie avec les champs, les collines et les montagnes qui l'entourent. Elle voudrait prendre le paysage dans la paume de ses mains, l'étreindre, ne jamais le perdre.

             L'artiste est une éternelle assoiffée. Devant la beauté de l'univers, blessée, elle exprime sa joie et sa douleur.

                          
  Bettina peint l'Algérie.

             Oui, ainsi est mon pays lorsqu'on le regarde avec attention et tendresse. Mais l'artiste n'en a pas saisi que l'apparence, que l'image extérieure. Elle veut saisir ne serait-ce qu'un instant de l'éternelle, l'immuable, l'ineffable splendeur qui s'étend à perte de vue.

             C'est donc aussi une autre beauté qui sort de la main de l'artiste, car jamais Bettina ne copie. Elle crée.

            L'artiste acquiert sa qualité de démiurge lorsque son oeuvre transcende les choses.
Ces paysages de Guelma, de Biskra ou d'El Oued sont également de Bettina Heinen-Ayech, ils sont son oeuvre.
Les paysages "la Mahouna" - un mont que l'artiste a peint plus de cinquante fois depuis son installation en Algérie - "Eté à Guelma" ou "Printemps à Guelma" offrent mille vibrations, une infinie variation.
En peignant, Bettina investit l'espace et le rend dans ses détails, jusqu'au lointain horizon où les collines découpent le ciel. Son pinceau va comme un cheval au beau milieu des terres labourées, des champs de blé, des vergers et des bois. "Printemps à Guelma" révèle toute la puissance des aquarelles de Bettina Heinen-Ayech. La matière, posée par touches, ou plutôt par notes subtiles qui font fleurir des rythmes dansants, nous invitent à nous promener, à nous perdre dans le labyrinthe extatique d'une cont joyeuse. Ce paysage, dont les collines ondulées entraînantes ressemblent à des vagues, est comme i mer. Une mer colorée transparente où l'on ne se noie pas. "Eté brûlant à Guelma" est un fruit mûr. Cette aquarelle est d'une grande richesse. Son réalisme poétique. Ainsi est cette région de mon pays lorsque le soleil de l'été est très haut dans le ciel. . . .

             Le peintre a rendu la chaleur qui embrase les collines s'étendent les champs de blé avec l'éclat et la flamboyance de l'or. Deux personnes, surprises dans l'immensité des champs par une chaleur torride quatre oiseaux perdus dans le ciel expriment canicule. Pour Bettina, la peinture de paysage est aussi prière. Le paysage est le langage idéal dans lequel l'artiste s'adresse à Dieu, le loue, l'invoque. Les aquarelles représentent alors la nature comme don de Dieu, un jardin du Paradis", pour reprendre l'expression de l'artiste. Dans tout ce qu'elle peint elle veut saisir le souffle imperceptible de Dieu subtilement ses oeuvres acquièrent une dimension métaphysique.
Dans une de ses lettres, Bettina écrit: "Je sens, je vois, j'entends des merveilles la nature." Et chacune de ses œuvres nous fait partager une perception multiple de la beauté.
                    Elle a tant fouillé, et même souffert pour pouvoir saisir non seulement l'apparente image des choses et de la réalité, mais aussi leur texture, leur essence leurs secrets, qu'elle peint la réalité et son dépassement, les choses et leur transcendance. Elle est en quête de la vérité. Chaque tableau est pour elle découverte passionnée, une naissance.

Extrait de sa monographie par Elhadj Tahar Ali, critique d'art à Algérie Actualité

Collectif des guelmois GUELMA FRANCE