Jean-Claude GODARD est natif de ROKNIA (Est Algérie)
(voir en bas de page : Roknia villaqe à vendre)
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CHASSE ! UN RECORD

Notre groupe quadrille le pays, non seulement pour s'adonner à notre passion, mais aussi pour réguler la population de sangliers en constante augmentation. C'est ainsi qu'à l'issue d'une récente battue composée d'une poignée de copains, Jean-Claude Goddard a mis à profite son talent et son expérience pour abattre un magnifique spécimen male d'une centaine de kilos. Le fruit d'une traque menée tambours battants avec l'indispensable appui des chiens. Un trophée qui cette saison est un des records le plus marquant de la saison.
Comme vous pouvez le voir sur ces photos la "DOUDA" ne m’a pas quittée sur la chasse aux sangliers, la saison dernière j’en ai prélevé 10 et 1 chevreuil, d'autres photos prisent au Danemark
tu peux les ajouter sur mon album photo
. Dans ma famille de Guelma et de ses environs tout le monde était chasseur de sangliers alors, en France, on perpétue la tradition .Jean-Claude

Photos-chasse au Danemark

1956 ; ROKNIA VILLAGE à vendre

C'était un triste jour de février 1956. J'étais assise sur la murette de notre petit jardin. mon voisin Paur Cabaud à mes côtés, et nous étions, tous deux, mornes et désemparés par notre situation des plus angoissantes.
Après l'attentat terroriste qui avait coûté la vie de mon époux, l' homme de confiance qui nous avait avertis à deux reprises de ce qui se tramait, mais qui n'osait plus paraître au village, m'avait dit, tout en larmes: "Ils ont frappé à la tête!"
Quant aux autorités, elles semblaient nous avoir abandonnés à notre triste sort.
Nous en étions là de notre entretien, quand une idée fulgurante me vint à l'esprit, et Je m'entends encore en train de dire: "Et si nous mettions le village en vente!"
A la seconde, ma proposition fut acceptée, puis entérinée par nos concitoyens, et nous recommençâmes à mettre sur pied notre projet.
Paul Cabaud établit tout d'abord un plan, dressa la situation du terroir, le nombre des habitations, les diverses surface de terres, les cheptels vif et mort...

Ensuite, fut rédigée cette annonce -bien modeste d'aspect -qui fut expédiée à "La Dépêche de Constantine", journal qui couvrait tout notre département 93:
"Roknia village à vendre. 30 maisons d'habitation avec dépendances. Environ deux mille hectares de terrains de premier choix et de plein rapport, emblavés ou préparés, oliveraies.
Différentes industries (huileries -ateliers mécaniques - moulins mouture indigène - entreprise de transport avec cartes, etc...) avec cheptel vif et mort. Climat sain -Eau - Electricité.
Affaire susceptible intéresser grosse société. Courtiers s'abstenir.
S'adresser à M. Cabaud - Roknia".
Quand ces quelques lignes parurent, le 25 février, dans la chronique "Philippeville", sur une simple colonne -entre la publicité d'un tailleur et la liste des films de cinéma -ce fut comme si une énorme bombe avait explosé, dont les échos se répercutèrent autant en Algérie qu'en métropole.
C'est ainsi qu'un beau matin arriva dans notre Roknia à vendre, une équipe de reporters et de photographes de "Match" , hebdomadaire de grand renom, dont le slogan était "le poids des mots, le choc des photos" .
Leur reportage fut élaboré chez moi, et, vu l'insécurité, il faut croire que, dès qu'il eût paru -sur plusieurs pages du magazine -les mots se mirent à peser et les photos causèrent un grand choc.

"Roknia, village à vendre -annonçait le titre sur deux pages -raconte le désespoir des Français d'Algérie".
Cet article, signé Claude Paillat, François Pagès et René Sicard, tous "pied noir" pure race -"Match" savait choisir ses collaborateurs - commençait ainsi:
"Roknia, en 1904, c'était cinquante hectares de terrain pierreux, lorsqu'une poignée de colons entreprit de les défricher. Hier, 34 familles y vivaient. Ce pays était le leur, qu'ils avaient choisi et créé"...
Et cela continuait sur plusieurs feuillets, avec d'énormes images couvrant une page entière.
Alors, ne tardèrent pas à parvenir des lettres d'encouragement expédiées de nombreux terroirs de France et d'au delà les mers, avec plein de messages et d'offres partis du cœur.
Bien sûr, il y avait tous les simples "Tenez bon!" de ceux qui ne pouvaient faire plus, mais également -à défaut de propositions d'achat des offres d'accueil qui faisaient très chaud au cœur: ainsi, de l'Est de la France, une seule et même personne n'hésitait pas à nous proposer "Venez tous chez moi".- -or, "tous", cela représentait une bonne centaine de personnes...
Mieux encore: du Canada où l'on voit grand, on nous proposa l'envoi d'un bateau!
Tout ce tam tam médiatique autour de notre bled bien aimé, résonnant en France et en d'autres lieux de la planète, ne pouvait pas ne pas être entendu des sphères administratives d'où l'on nous gouvernait, si bien qu'un beau jour, Roknia eut la surprise de voir arriver, dans un long cortège d'automobiles, François Laborde, sous-préfet de Philippeville, accompagné d'administrateurs et de maints spécialistes en hydraulique, agriculture, travaux publics, téléphone, et de nombreux officiers de l' Armée et des SAS.
M.M. Pélissier et Cabaud, maire et premier adjoint, qui les avaient accueillis, se joignirent à eux pour une "séance de travail" au cours de la quelle il fut question. d' assainissement, de viabilité, de semences, d'hydraulique, et de bien des sujets encore.
Le lendemain de ces prometteuses assises, "La Dépêche de Constantine", sous la signature de Roger Mandine, titra: "Roknia n'est plus village à vendre!...
-Plus "à vendre", oh! certes non!... mais bientôt -comme tous les autres -il serait bel et bien bradé!
Mathilde ENTZ LAPLACE
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