ALBUM FAMILLE
AUGUSTIN XUEREB
dit AUGUSTE

Certains disent qu'il s'agit du nom BEREUX écrit à l'arabe, c'est-à-dire à l'envers !
Dans cet article, je vais essayer de développer cette thèse.

XUEREB, nom d'origine maltaise.

Il est recensé sur l'île (Malte) au moins depuis le début du XVIème siècle, et se prononçait CHOUEREB (on trouve en effet une forme italianisée en SCIUEREB déformée depuis en SCUIEREB).
A partir du XIXème siècle, on trouve beaucoup de Xuereb en Algérie (de nombreux Maltais s'étant installés dans la région de Bône après la conquête française de 1830).
Le nom désigne un homme moustachu (de l'arabe shârib, pluriel shawârib = moustache).
Peut-être en rapport avec le nom "Arabe", le blason d'une famille Xuerab représentant deux têtes de Maures, mais ce n'est qu'une très vague hypothèse.

Il a été parfois déformé en Xueref, notamment en Tunisie.

On trouve 2 XUEREB nés en France entre 1916 et 1940
50 nés en France entre 1941 et 1965
142 nés en France entre 1966 et 1990

Mais on trouve aussi 4 XUEREP nés en France (plus précisément en Meurthe-et-Moselle) entre 1941 et 1965

Dans le Dictionnaire des noms et prénoms de France d'Albert Dauzat (éd. 1982), on trouve "Bérau … variante méridionale de Béraud du germanique Ber-wald (ber, ours, et waldan, gouverner)" mais pas de Béreu(x)

En 1090, les Normands s'emparent de Malte d'où les derniers Arabes (cantonnés dans un quartier) partent en 1120, soit 30 ans après :

Combien de " chance " y-a-t-il alors pour que, dans cet intervalle de 30 ans, un Arabe qui sache lire et écrire une autre langue que l'Arabe ait accès à une archive écrite ou figure le nom BEREUX et laisse à son tour une archive écrite où il aurait retranscrit XUEREB ? Je réponds quasi-aucune !
En revanche, je trouve la coïncidence suivante assez troublante :

1) Dans le Dictionnaire historique de Moreri éd. 1740, on trouve " XUARE'S (Rodéric) célèbre jurisconsulte espagnol florissait dans le XVIème siècle ; profession d'avocat à Salamanque. "

2) Le nom XUEREB est recensé sur l'île de Malte au moins depuis le début du XVIème siècle

3) Vers 1522, l'empereur d'Allemagne Charles Quint, héritier de la monarchie espagnole, réunit Malte (et Gozo) à ses domaines

L'Espagne ayant été occupée beaucoup plus longtemps par les Arabes, et qui plus est par certains Arabes érudits, il y a beaucoup plus de chances qu'un seigneur de Béreux ait franchi les Pyrénées et que son nom ait été retranscrit à l'envers (mais pourquoi puisque les Arabes érudits lisaient le Français ou l'Espagnol dans le "bon" sens ?)

Quelques siècles plus tard, entre 1522 et 1550, un XUEREB espagnol émigre pour Malte devenue espagnole …

Dans l'Histoire des temps modernes a l'usage de tous les établissements d'instruction publique par Hubault, Emile Marguerin publié par Dezobry, E. Magdeleine, 1854, on peut lire :

" ...autour de l'Empereur se pressait la fleur de la noblesse espagnole et les chevaliers de Malte … "

Extrait de ttp://manifpn2012.canalblog.com/archives/2011/08/24/21858720.html

Mariage de Gabrielle et Augustin Xuereb le 26 octobre 1940
Au dos de la photo il est écrit; Martinez Edouard propriétaire du café Glacier, Guelma.


De gauche à droite : Colette, Rita, Louis, Pierre, Auguste et Gaby Xuereb André et Marie

Mon Algérie, mes souvenirs, mon adolescence !
Gilles Martinez (1948)

Dès l'âge de 13 ans j'allais à la chasse (sans permis) avec une carabine 9 millimètres de marque " Buffalo " fabrication St Etienne avec la culasse en acier chromé, mon père l'avait gagnée lors d'une tombola et l'avait donnée à Norbert mon frère dit (Nonor), qui pour un temps me l'avait prêtée.
Grâce à cette carabine je pouvais chasser les tourterelles à l'affût car sa portée était restreinte.

Je partais à vélo le matin de bonne heure et me rendais à la 'ferme des Palmiers' où Auguste Xuereb "Gugus"(pour les intimes) en était méteyer.
Sa famille était nombreuse 9 enfants, cependant Auguste me surprenait, il était toujours optimiste. En arrivant, je partageais son petit déjeuner un café au lait avec de la kesra, lui c'était une tasse de café qu'il expédiait rapidement, puis sans faire de bruit pour ne pas réveiller la marmaille nous quittions la pièce. Dehors il sifflait ses chiens et toujours en silence nous partions, à pied ou en camion selon la chasse.
Cet homme était une source de connaissances et il m'apportât beaucoup, sur la chasse notamment sur les passages des sangliers ou des lièvres. Il lui suffisait de regarder les traces du gibier, de tâter les excréments, les sentir pour évaluer si la bête était passée récemment. De ses yeux " miteux ", il analysait les empreintes laissées par un renard ou un chacal. Parfois il me testait :
- A ton avis ces traces sont-elles récentes ?
- Lorsque je me 'plantais' il prenait un air narquois qui me rendait furieux, furieux étais-je de ne pas avoir retenu la leçon

Laurette, Bernadette Gentil, Auguste et Gaby Xuereb, Marie dans les bras: photo de 1951


Auguste, Gabrielle (Gaby), Marie, Rita, Gilbert à la ferme des "Deux Palmiers"

Avec cette carabine dont la portée était modeste 4 ou 5 mètres, j'allais chasser les cailles en attendant que mon papa m'autorise à utiliser le fusil à broches de calibre 16.
Pour m'initier, Auguste m'invitait à abattre les merveilleux oiseaux multicolores appelés " chasseurs d'Afrique ".
Ces prédateurs ravageaient ses ruches. L'oiseau faisait un point fixe, à la verticale de la ruche, plongeait et remontait avec des abeilles plein le bec. Tapissé derrière un muret, c'était une destruction qui satisfaisait Auguste.


Auguste et son épouse Gaby, Marie, Rita, Gilbert à la ferme des "Deux palmiers"

La ferme des "Deux Palmiers"; Louis; et Hacen

ZINA
Un jour est arrivée de Sétif une magnifique chienne " Pointer ", elle était racée, le nez en l'air, je l'ai appelée " Zina ", ce qui en arabe, signifie " belle ". Elle était élégante, intelligente et surtout admirable pour débusquer ou arrêter les perdreaux et cailles (ce fut plus tard), car elle était, pour le moment, la risée des " vieux " chasseurs. Cette chienne qui était adulte, ne connaissait que le carrelage des appartements, les pierres et les herbes de la campagne lui déchiraient les coussinets. Il lui arrivait, même lorsqu'elle marchait sur des noyaux d'olives des kémia, de gémir et d'avancer sur trois pattes.

Les chasseurs et en particulier Auguste se moquaient d'elle et l'avaient surnommée " l'américaine " à cause de son allure délicate. Il faut préciser que cet intrépide chasseur avait comme chiens de chasse une batterie de bâtards, dont l'un avait, les paupières qui se collaient comme Auguste qui souffrait d'une conjonctivite chronique.
A chaque retour de sortie dans les champs, je lui trempais les pattes dans un liquide jaunâtre qui renforça ses coussinets.

Le premier jour de sortie, au premier coup de carabine, elle détala. Il me fallu beaucoup de patience pour la récupérer, elle avait peur des détonations. Il me fallait, la tranquilliser, lui faire sentir la poudre brûlée que dégageait le canon, lui introduire le gibier entre les mâchoires afin qu'elle comprenne le but de la manœuvre.
En 1953, j'eu la chance de travailler aux contributions directes, ma paie comme il était coutume en ce temps là ; je la donnais à mes parents.
Comme je voulais m'offrir une moto, avec leur permission, j'achetais une moto 125 cm3 de marque " Motoconfort ".

Ce fut " LA LIBERTE ", je pouvais me déplacer avec ma chienne. J'attachais une couverture sur le réservoir et l'installais dessus. Nous allions débusquer les cailles, toujours chez Auguste, dont la ferme se trouvait en bordure de l'oued Seybouse

Arrivés sur les lieux, j'attachais la chienne avec une laisse de 5 mètres environ et je la promenais dans les chaumes où la caille se cache.
Au début elle ne faisait pas cas des oiseaux, elle les regardait bêtement s'envoler, alors je tirais un coup en l'air pour l'habituer à la déflagration. Puis je tuais une caille pour l'habituer à l'odeur, et lui appris, avec beaucoup de patience à rapporter. Je continuais chaque soir pendant une heure ce dressage et un jour elle tomba en arrêt. Ce fut un jour merveilleux, une sorte de récompense à mon obstination de faire d'elle une " chienne de chasse ". Au bout de son nez une caille hypnotisée ne bougeait plus. Je la laissais un bon moment et je lui ordonnais " HOP ", Zina fit un bond et attrapa l'oiseau. J'avais gagné. Cette chienne devint une référence de chasse et j'étais invité par les adultes grâce au flair de ma chienne.

Elle était inépuisable, mais, lorsque le soleil se levait haut dans le ciel, j'arrêtais de chasser. Nous nous trouvions un coin à l'ombre ou nous nous glissions sous un camion, je lui donnais à boire et des pierres de sucres, puis nous attendions patiemment le retour des chasseurs.

A Oued-Zenati, les cailles étant nombreuses et j'avais terminé mes cartouches, le directeur de la caisse agricole me demanda de lui prêter la chienne, je refusais et il m'en voulu, mais la suite me donna raison, cet homme continua à chasser avec son épagneul breton malgré le soleil cuisant. Ce denier ne résista pas à la chaleur et mourut sur place.

Bernard, Michel Xuereb


Communion de Marie à Guelma en juin 1963, ce jour là, elle était la seule dans l'église. Marie est accompagnée de Gaby Xuereb sa mère. Cette communion, à l'église saint Posidius, sonna le glas de 113 années de présence catholique à Guelma


Lucette, Georges, Odile, Rosine Missud
LE BERET
La journée avait été épuisante, Monsieur Tanti, Auguste et moi n'avions rien vu et donc pas tiré une seule cartouche sur un hypothétique sanglier qui aurait eu des idées de suicide. Comme il était l'heure de nous sustenter on ouvrit les musettes. Une fois rassasiés, après uns sieste bienfaisante, Auguste me provoqua ;
- Tu ne serais pas capable de toucher un oiseau en vol !
- Lancez votre béret en l'air et on verra.
Pendant qu'il se levait, en me tournant le dos, j'enlevais mes cartouches de chevrotines et les remplaçaient par des plombs "criblure".
On se leva tous les deux et boum le béret fut pulvérisé.
Auguste entra dans une profonde colère, ce béret (il avait dû se marier avec !), il y tenait, profondément vexé il cessa de me parler le reste de la journée.
En arrivant à Guelma je lui en achetais un chez " Oufrani ", il était superbe, mais Auguste le refusa, j'avais commis le crime de lése-majesté en exécutant son respectable béret.


Hacen, Mr Castelli, Auguste Xuereb
LES FIGUES DE BARBARIE
… Un jour nous partîmes à la pèche au bord de la Seybouse, il y avait présents : Louis Borg qui sera mon futur beau-père, Norbert mon frère, Michel Sultana beau-frère d'Auguste, Michel Borg le frère d'Yvette.
Les adultes nous avaient interdit toute approche de leur poste à moins de 20 mètres. Tandis qu'Auguste sortait des barbeaux gros comme des thons (c'est le côté affabulateur qui sommeil dans chaque être né en Algérie, car c'est bien connu le poisson est la seule bête qui grandit après sa mort), donc nous, nous n'avions pas de touches.
- 'Msieur' Auguste, qu'est ce que vous mettez comme amorces ?
-La même chose que toi
-Des vers ?
-Bien sûr des vers
-Je peux venir voir ?
-Viens
Effectivement il y avait une boite contenant des vers de terre et une boite vide ce qui déclencha notre suspicion
On fit semblant de dormir et quelques instants suffirent pour qu'Auguste se lève tenant dans une main la boite vide.
Comme des sioux nous voilà sur sa piste. Auguste se dirigea vers les gourbis, se pencha et ramassa une fois, deux fois, trois fois….et plus. Lorsque la boite fut pleine, il revient vers nous
- 'Msieur' Auguste, vous nous avez menti, dites nous votre secret.
- Il est tout simple en ce moment c'est la pleine période des figues de barbaries, les arabes en raffolent et les barbeaux aussi, alors vous allez ramasser des merdes arabes sèches et vous ferez une pèche magnifique. Ce qui fut vrai.


Hacen, Castelli, Auguste et Mohamed
En 1958, Auguste était père de 10 enfants, ce jour là un ouvrier lui dit " Maalem " patron, il y a des hommes qui voudraient te parler. Auguste qui n'était pas seul prévint son ami : si dans un quart d'heure je ne suis pas revenu appel les secours.

Auguste fut assassiné le 14 novembre 1958 et l'on ne retrouva jamais son corps.

Il ne connut pas sa dernière fille, Françoise, qui naquit deux mois plus tard


André, Gaby Xuereb, Rita, Colette, Bernard, Michel, Françoise, Marie et Yvette


Marie Xuereb, Noël Missud époux de Rita, Gaby Xuereb


FRATERIE XUEREB :de gauche à droite : Rita X, Gilbert X, Moy Joseph époux de Colette,épouse de Bernard, épouse de Louis, Patrick, Jean-Claude
Noël Missud, Claudine épouse de Gilbert X, Colette X, Bernard,Michel X, Yvette X, Françoise X,

Mariage de Marie et Henri le 29 août 1970

Marie et Henri Marchioro

Rita, Marie et Colette


Autour des souvenirs dans la cuisine d'été (dans le jardin) à la villa "Guelma" chez Gilles et Yvette Martinez à Toulouges, devant une plat de makrouds, R'fis, mantécaos préparés par Marie; de gauche à droite: Gilles Yvette Martinez; Marie Marchioro-Xuereb et Henri son mari

Site Internet GUELMA-FRANCE