LES CULTURES À GUELMA


LA VIGNE

         La célébrité du vignoble de la région de Guelma est due à nos aïeux qui viennent, pour la plupart, des rives de la méditerranée.

         Quittant leur pays, ils emportent dans leurs maigres bagages, comme les Chinois, les Espagnols et les Australiens, ce qu'ils savent cultiver dans leur pays : la vigne. C'est le cas. dans notre région, après avoir procédé au défrichement indispensable de terres de cultures envahies par les jujubiers. Depuis le début de leur installation, il faut trouver "la culture rentable" qui doit leur assurer une vie correcte et digne. Mis à part un blé recensé par la France, ils tentent les cultures de coton pendant la guerre de sécession, de "la ramie", une plante textile appelée aussi "ortie de Chine" cultivée pour ses longues fibres très résistantes, du "sapindus" probablement pour en faire du savon (?), du "géranium" pour les parfums.

        Mais la vigne, jusqu'à l'apparition à Philippeville du phylloxéra, est la richesse de nos colons. Dans notre région, son développement remonte aux années 1850/1885 et d'après des sources anciennes, la partie septentrionale de la Mahouna est couverte de vigne jusqu'à Millésimo, Petit, Héliopolis, Kellennann et jusqu'à Ras-El-Akba pour ne citer que ces quelques villages. !   

                   La culture de la vigne provoque dans notre région une révolution économique ; toutes les terres en sont couvertes (un exemple : depuis la ferme Ménard sur les bords de l'oued-Maiz jusqu'à l'Ecole d'Agriculture).

         Grâce à elle, Guelma prend un véritable essor exaltant la joie de vivre et d'entreprendre. Les colons sortent de leur misère et bien des constructions de notre région (tel le théâtre municipal en 1880), le sont grâce au succès de cette culture, d'autant plus que la loi du 11 janvier 1851 autorise l'entrée des produits agricoles de l'Algérie sur le territoire métropolitain. Lorsque la crise phylloxérique s'abat en 1875 sur le vignoble métropolitain, le baron Thenard donne cet avis : "Avec le phylloxéra en France, c'est l'Algérie qui remplira les cuves de la métropole". Pourtant, la maladie apparaît dans l'Est algérien en 1883, et en 1886 dans la région de Philippeville et de Guelma. Elle sonne le glas de son exploitation et notre région commence à se convertir dans les céréales, l'arboriculture et l'olivier. Néanmoins, le vignoble de Guelma et sa région produit des vins de qualité se faisant remarquer et récompenser. Nos vins rouges, blancs, marcs et eaux de vie entrent en compétition non seulement avec la production algérienne mais aussi avec la France et tous les pays producteurs du bassin méditerranéen. C'est ainsi que les guelmois n'hésitent pas à franchir la Manche pour présenter leurs produits à l'Exposition Universelle de Liverpool en 1887 où les vins de la région y remportent un grand et légitime succès. La plupart des lauréats ne sont pas à leur première récompense et ont déjà obtenu de nombreuses médailles aux concours de Paris, Rouen et aux expositions à l'étranger d'Anvers et d'Amsterdam.

Les récompenses sont les suivantes :

Médaille d'argent : Bouchet C., Vins rouges et blancs (Guelma) - Rouyet P., Vin rouge (Hammam-Meskoutine) - Vve Baux et Toulon Elie, vin rouge (Héliopolis).
Médaille de bronze : Veuve Bouchet, vin rouge (Guelma) - Bailleul A., vin rouge (Guelâat-Bou-Sba) - Bovet C., vin rouge (Ras-El-Akba). Mention Honorable : Pathier-Bigarel, vin blanc (Héliopolis).

         A partir de 1888, le vignoble est reconstitué avec des variétés greffées sur plants américains particulièrement résistants à ce parasite. L'ouvrage "L'Algérie et ses vins" de L. Bernard (courtier en vins à Bordeaux) décrit en 1892 le vignoble de la manière suivante :

         "Ce vignoble semble dès maintenant appelé à prendre place parmi ceux de cette province qui sont destinés à produire des vins de qualité supérieure. Les produits situés à des attitudes élevées, jouissent déjà d'une réputation justifiée par leur belle couleur rouge vif autant que par la finesse de leur goût. Coulants et moelleux, ils ne tarderont probablement pas à joindre à ces qualités celles, si justement recherchées, d'une forte constitution et d'une bonne tenue, qualités qu'ils laissent déjà percevoir malgré le jeune âge des vignes.

         Dans les altitudes inférieures, ils sont moins robustes, au degré moins élevé mais ils se distinguent par leur finesse et par la netteté de leur goût. Leur couleur moins intense que celle des vins de montagne, présentent dans leur ensemble une certaine vivacité. Le degré alcoolique, suivant les localités, varie de 10° à 12°. Dans quelques-unes, ils atteignent 13° ". A cette époque, la population de Guelma est estimée à 6.4S7 habitants dont 2.921 Européens et 3.456 Indigènes.

         Mais, le succès de nos colons ne s'arrête pas là. L'Exposition Universelle de Paris en 1889 leur permet d'exposer non seulement des vins, marcs et eaux de vie mais aussi d'autres produits agricoles (blé, tiges de ramie, huiles d'olive, farine, semoule, pommes de terre, lentilles...) et non agricoles (cheminée en marbre de la Mahouna, minéraux, tapisseries...). Pour la qualité des produits, plusieurs exposants sont récompensés et notamment :

         A cette époque, la population de Guelma est estimée à 6.457 habitants dont 2.921 Européens et 3.456 Indigènes. En 2003, Guelma recense 420 000 habitants

Bibliographie, extraits du journal "Les Echos de Guelma", de "l'Algérie et ses vins". L'agriculture Algérienne

Collectif des Guelmois site Internet GUELMA-FRANCE