LA RACE BOVINE DITE DE GUELMA
Le bétail constantinois.

Le problème pour l'amélioration des races bovines est encore entier en Algérie, avec ses difficultés et ses incertitudes·.
- Il est plus complexe que celui qui a trait aux cultures ou aux machines!
- Ici, on a affaire à la nature inerte; là, à la nature vivante.
- Ici, tout est passif; là, tout est animé.
- Ici, pas de résistance de la part de la matière; là, réaction du nerf animal qu'on veut modifier.

Dans tous les pays, le climat et le régime ont formé des races diverses qui sont toujours l'expression du milieu naturel.
- L'homme est-il intervenu ?, c'est encore en s'appuyant sur le climat et l'alimentation qu'il a formé des races qui sont devenues à la fois l'expression du milieu naturel et celle de ses besoins personnels.
- C'est par ce dernier procédé qu'ont été créés les Durham, les Dévon; les Disley, les Southdown.

Selon le climat, selon la nourriture, l'animal prendra de la taille et de la force, ou sera apte à donner du lait ou de la viande.
- Que l'homme n'intervienne pas, et les caractères, d'abord indécis, prendront de la fixité, et deviendront indélébiles; ils n'étaient, au début, qu'accidentels, ils vont être transmissibles par voie d'hérédité.

LA RACE BOVINE.
L'Algérie possède une race ainsi constituée, qui doit tout au sol et au climat, et qui s'est fixée, en dehors de l'action de l'homme, par l'hérédité et l'exclusion des races étrangères.

Dans la province de Constantine, spécialement dans la région de Guelma, la variété du climat, la divergence de richesse des terres ont amené une certaine diversité dans la production animale; de plus, et en dehors de ce fait, les bestiaux s'y croisent et s'y mêlent d'une façon inextricable.

Enfin, quelques éleveurs fantaisistes, d'ordinaire éleveurs de passage, réunissent dans la même étable des animaux si disparates qu'on peut les comparer à une colonie nomade de transfuges de tous les pays.
- Aussi l'incohérence des résultats répond-elle souvent à l'absence ou à l'incohérence de systèmes.

Généralement, la race dite de Guelma est sobre et rustique;

Elle a l'ossature légère et la peau fine, ce qui indique l'aptitude à prendre la graisse; elle a peu de lait; elle est vive, résistante, mais a peu de force; elle est insensible au froid, à la chaleur, à la pluie, à la neige; elle s'assimile complètement et facilement des herbes, des racines qu'elle seule peut utiliser.
Les labours, les charrois sont faits par elle; c'est une race de travail par excellence.
Par les diverses aptitudes qui la caractérisent, Elle s'adapte merveilleusement aux conditions si variées de la province; elle est bien le produit du sol ; elle a été formée par le temps et les circonstances qui lui ont imprimé un caractère qui lui est propre, qui la distinguera toujours des autres espèces.
Une autre race ne résisterait pas dans les conditions où elle vit; nulle autre ne saurait y donner autant de produits qu'elle. Sans doute, elle est inférieure aux races perfectionnées pour la précocité, pour l'ampleur des formes, pour la production du lait et de la viande ; mais elle leur est supérieure pour l'ardeur et la résistance au travail, pour l'agilité, pour la sobriété. Elle offre un ensemble de qualités et de défauts qui fait d'elle un type unique.

On admet volontiers deux races dans le département :
- la race des vallées et des contrées riches,
- la race des montagnes et des contrées pauvres.

Mais ces deux races ont la même origine. Si elles ont quelques traits qui les distinguent, elles les doivent au milieu dans lequel elles ont vécu.
Les vallées sont splendides; la nature s'y montre généreuse et féconde; le bétail y vit au milieu d'herbes plantureuses; aussi, s'est-il perfectionné tout seul, sans soins, sans travail de la part de l'éleveur.
- Ainsi s'est formée la race dite de Guelma.
La race de la montagne n'a pu atteindre un grand développement à cause de la sécheresse qui pendant l'été brulait les herbes, à cause du peu de nourriture qu'elle recevait et des fatigues qui lui étaient imposées; elle a pour partage la sobriété, la rusticité; elle est bien appropriée au pays accidenté qu'elle habite.
Les animaux de montagne ont l'aspect plus sauvage, le poil plus rude et sont de plus petite taille que ceux qui habitent les vallées et les coteaux. Tous ont une grande rapidité d'allures, supportent bien les fatigues; tous sont rustiques et sobres, mais trop souvent leurs maîtres abusent de cette sobriété et les nourrissent avec une parcimonie vraiment déplorable.
Enfin, on rencontre parfois quelques animaux chétifs, malingres, avortés, qui partagent la misère des arabes qui les conduise.

SELECTION
Nous croyons qu'il faut soigneusement conserver les races indigènes, et se vouer à leur perfectionnement; elles seules peuvent supporter sans dégénérescence les excès du climat.

La sélection, c'est-à-dire l'amélioration et la modification de la race par elle-même, par un bon choix d'animaux reproducteurs, et sans appel de sang étranger, est, à nos yeux, la meilleure voie, si elle s'appuie sur une riche alimentation. - Ce mode de procéder est lent dans son action, mais sûr; son résultat est complet et infaillible appartient à une sélection éclairée, préparant les futures générations à recevoir le sceau de la perfection compatible avec les circonstances locales.
Agissons avec une persévérance infatigable en nous appuyant sur l'étude intelligente des lois de la nature; nous parviendrons ainsi à jeter la matière animale dans de nouveaux moules, à la façonner, à la pétrir selon nos besoins; mais, pour atteindre ce résultat, ce qu'il faut surtout, ce qu'il faut d'abord, c'est beaucoup et de bon fourrage. - Avec lui, tous les types sont perfectibles.
Par une abondante nourriture, on parviendra à améliorer la race, non pas seulelnent au point de vue des aptitudes au travail et à la production des engrais, mais encore au point de vue de l'accroissement considérable du meilleur, du premier élément de l'alimentation humaine, la viande.
- Par la sélection, avec une riche alimentation, on pourra modeler la race arabe sur un type égal.
- La puissance d'assimilation grandira pour conduire à la précocité, et cela sans nuire aux qualités déjà acquises de force, de rusticité.
- Ainsi se consolideront ou se créeront, pour s'enraciner dans les individus, ces qualités de la race "dite de Guelma"

Site Internet GUELMA-FRANCE