Les S. A .R

    
Photo école d'Agriculture de Guelma
    
           Les S.A.R. d'élevage qui groupent 74 centres animés par des moniteurs se donnent pour tâche essentielle de protéger et de sélectionner les troupeaux afin d'obtenir de meilleurs rendements en viande et en laine. C'est ainsi que l'effectif des troupeaux remis aux éleveurs sous forme de prêt remboursable en 5 ans, est passée de 87.000 à 300.000 têtes. On devine que ces résultats s'appuient sur d'autres efforts que l'aide purement financière et éducatrice des S.A.R., car il faut abreuver les troupeaux (création de 1.300 points d'eau en liaison avec le Service de l'Hydraulique), leur créer des zones de pâturages indifférentes aux caprices de la pluie, aménager des abris contre les intempéries et des stations de traitements préventifs et curatifs pour éviter les épizooties meurtrières. 1.500.000 animaux ont été soignés en 1955. L'action des S A R d'élevage s'exerce et s'amplifie principalement dans les zones de petite et de moyenne transhumance, en bordure du grand sud un sol désertique par l'utilisation judicieuse d'eaux obtenues par forage. Plus de 10.000 palmiers nouveaux ont pu ainsi être plantés, redonnant des ressources à des populations complètement démunies par l'inclémence du climat.
        Étendant ainsi les surfaces productrices, fécondant le sol, guidant les efforts d'adaptation aux nouvelles techniques, élevant le niveau de vie, les S.A.R. constituent pour l'Algérie l'instrument économique le plus vivifiant de sa politique en faveur du progrès de l'agriculture musulmane.
        La réussite obtenue et l'importance des dotations prévues au budget de l'exercice en cours pour l'amélioration du niveau de vie des populations rurales par une modernisation des méthodes de culture, imposent que le service du Paysannat soit pourvu de nouveaux moyens d'action.
        Parmi les décisions récentes qui ont été prises à cet effet il convient de citer :
         1" l'organisation dans chaque Préfecture d'un échelon départemental du Paysannat auquel seront confiés, outre l'étude des réalisations projetées, des pouvoirs de gestion et de contrôle qu'il exercera, sous l'autorité du Préfet, en liaison avec le service central, les autres services agricoles départementaux et les adjoints techniques du Paysannat, conseillers techniques des Présidents des Sociétés agricoles de Prévoyance :
         2° l'institution auprès de chaque sous-préfet d'une commission analogue à celle fonctionnant déjà dans chaque département, qui permettra, par l'examen des programmes financés au titre des travaux d'initiative communale et par celui des projets de création de Secteurs d'Améliorations Rurales, de coordonner la politique suivie dans chaque arrondissement en matière d'équipement rural.
         3" et tout récemment la réorganisation de la Direction de l'agriculture dans le sens d'une coordination plus étroite entre les services intéressés, et la création, au sein de cette Direction, d'un Commissariat au Paysannat et aux Sociétés Agricoles de Prévoyance (arrêté du 30 avril 1956).
Les réformes dans le domaine agricole.

    L'importance des réformes entreprises dans le domaine agricole témoigne de l'intérêt du Gouvernement à l'égard d'un secteur de l'économie algérienne qui fait vivre les trois quarts de la population.
     Elles s'analysent comme suit :
- Revalorisation des salaires agricoles Réforme du Khamessat ou métayage en quint, contrat coutumier en 130.000 individus. Désormais ce contrat d'association agricole est remplacé par un contrat de métayage attribuant au propriétaire et au métayer des parts strictement égales
- Amélioration du sort des planteurs de tabac (200.000) par la majoration de 60 francs par kilo du prix d'achat de la récolte 1955.
- Relèvement de la rétribution des cueilleurs d'alfa (50.000 chefs de famille).
- Aménagement foncier et remembrement des exploitations, en vue d'accélérer et d'intensifier la mise en valeur des terres agricoles en Algérie.
- Mise en valeur des périmètres irrigables par l'obligation faite aux propriétaires de pratiquer les cultures irriguées et ceci sous peine d'expropriation.
- Création d'organismes de gestion collective des ouvrages d'irrigation et limitation des superficies des exploitations dans les zones irrigables.
- Création d'une caisse d'accession à la propriété et à l'exploitation rurale, l'accession à la petite propriété rurale constituant un des facteurs essentiels de la fixation des populations rurales et de leur promotion économique et sociale.
- Expropriation des grands domaines, cette mesure parachevant la réforme agraire en décidant le transfert à la Caisse d'accession à la propriété et à l'exploitation rurales des grands domaines de plus de 1.000 ha concédés sous le second Empire.

      C'est ainsi que vont être distribués 100.000 hectares jusque là détenus par la Compagnie algérienne à la compagnie Genevoise. Ils s'ajoutent aux 200.000 ha de terrains domaniaux qui ont été déjà transférés à la Caisse d'accession à la propriété rurale.
- Crédit agricole ; Dans la ligne de l'évolution du crédit agricole il a paru souhaitable d'unifier la structure de 3 établissements centraux ;
Caisse algérienne de Crédit Agricole ; Fonds commun des Sociétés Agricoles de Prévoyance ; Caisse des Prêts Agricoles.

     Cet ensemble de mesures, véritable réforme agraire, doit permettre d'une part, aux petits fellahs d'exploiter dans de meilleures conditions les terres qui leur appartiennent, d'autre part, à un grand nombre de ruraux qui ne possèdent rien, de devenir propriétaires. Déjà, quelques fellahs ont été installés dans certaines régions.

Plan complémentaire d'urgence.

         Ètabli dès Mars 1955, financé par 4 milliards 400 millions de crédits accordés par la Métropole, il révèle l'effort important qui doivent porter dans les secteurs ruraux afin de pouvoir, pour les fixer, améliorer les conditions de vie des populations en employant aux diverses réalisations le plus de main-d'œuvre possible. En particulier, la dotation prévue pour les chemins départementaux et les pistes est passé de 1.075 millions à 1.965 millions pour les travaux d'initiative communale en vue de l'ouverture de pistes dans les campagnes et du désenclavement des douars ; 300 millions supplémentaires ont servi à l'extension des Secteurs d'Améliorations rurales. Enfin, un milliard a été affecté à l'équipement des régions déshéritées ou surpeuplées. La conjugaison de tous ces perfectionnements dans les modes de mise en valeur des coteaux, des plaines et du désert fait appel aux techniciens formés aux disciplines agricoles de divers niveaux, que dispensent les Centres d'Apprentissage des Metchas, du Jardin d'Essai à Alger, d'EI Arfiane, de Tad-mit ; les Ecoles d'agriculture d'Aïn Témouchent, de Philippeville, de Guelma, l'Ecole régionale de Sidi-Bel-Abbès, et l'Ecole nationale de Maison-Carrée, qui, créée sous le nom d'Institut agricole d'Algérie en 1905, assure à ses élèves une double orientation : Ecole et recherches agronomiques. Ses débouchés professionnels et administratifs s'accroissent sans cesse au fur et à mesure que se développe la production et que se perfectionne l'organisation professionnelle et administrative dans les pays neufs de l'Union Française.

Collectif des guelmois site Internet GUELMA-FRANCE