PROJET D'UNE MAISON COLONIALE
d'aprés

L.Moll
1845

Sur le papier c'était encourageant mais la réalité fut toute autre, des logis de carton et de planches de récupération où le vent s'engouffrait avec violence...//....

Réalité :
Le mythe de l'Eldorado

Le départ: le 8 octobre 1848, huit cents colons quittent la France. Le général Lamoricière leur remet un drapeau français en les exhortant à le respecter: " Jurez tous de mettre en pratique les mots tracés sur cet étendard, et rappelez-vous au jour du danger que, bien que séparés de la mère-patrie, vous êtes ses enfants les plus chéris. "

Chanson des colons

Le diable emporte l'Afrique !
Et même les arbicos
Les chacals, les panthères,
Et même les bourriquots ,
Aussi les vieilles mouquères
Plus noires que des corbeaux !
Aye aye aye ...

"
arbicos" contraction du mot arabe et bicos employés dans le jargon militaire

La réalité est toute autre, ces logis de carton et de planches où le vent s'engouffre avec violence étaient loin de répondre aux promesses des discours officiels prononcés à l'occasion du départ de Paris ou de l'arrivée à Bône. Mais c'est pourtant avec un certain contentement que les Colons quittèrent leurs "marabouts" (tentes) qui les avaient abrités jusque là, pour rejoindre ces semblants de maisonnettes qu'ils appelaient en riant " leurs Châteaux ".
Il restait tout de même bien du courage et de la ténacité dans le cœur de ces volontaires pour supporter encore d'autres épreuves. Rien ne laisse présager ce que sera le long calvaire de ces Colons Volontaires !
Les oueds commencèrent à grossir, débordant de leurs rives. Le ravitaillement de l'Intendance se fit difficile. Les Colons furent très surpris de ce brusque revirement de saisons bien que l'hiver commençait déjà un froid humide s'installait sous les tentes où les matelas et les paillasses s'imprégnaient d'une odeur de moisissure due à l'impossibilité de les aérer convenablement..
Les nuits devenaient un enfer pour les familles entassées sous chaque marabout. Les jeunes enfants ne voulant s'aventurer à extérieur des tentes, même pour satisfaire leurs besoins les plus naturels. Cette malpropreté des gosses provoquait de graves discussions et parfois des disputes. Quelques pères de famille audacieux allèrent jusqu'aux abords de la Seybouse pour ramener des paquets de longs roseaux dont ils débouchaient les anneaux d'une extrémité à l'autre. A l'aide de ce genre o de tuyau" ils encourageaient leurs progénitures masculines à s'en servir pour uriner à l'extérieur des tentes. Les mioches s'amusaient et profitaient de ce système qui devenait pour eux un jeu, mais qui épargnait les souillures des literies et les odeurs désagréables.(extrait Mondovi 1848-1913 Eugène Warion)

Dessins sources : création des colonies agricoles -1848 - · GAZETTE de LA-BAS ;19 déc. 2007
Collectif des Guelmois site internet GUELMA-FRANCE