SOCIÉTE AGRICOLE DE PRÉVOYANCE D'ALGÉRIE

INTRODUCTION

Les Sociétés Agricoles de Prévoyance d'Algérie sont essentiellement des associations rurales de structure particulière, s'inspirant des principes essentiels qui animent les groupements coopératifs et mutualistes, elles offrent à l'agriculture traditionnelle, demeurée à un stade technique attardé, un cadre évolutif qui doit faciliter et accélérer sa promotion.

Place et Rôle de l'Agriculture traditionnelle dans l'Economie rurale algérienne.

On entend par agriculture traditionnelle une économie rurale qui repose sur le groupement social que constitue la famille patriarcale, cellule de base, dont l'activité est essentiellement orientée vers la satisfaction de besoins familiaux.
Réduite à des formes Juridiques archaïques d'associations rurales et des techniques désuètes et précaires, cette économie rurale, fermée, en nature, s'oppose à toute augmentation appréciable de la production agricole, alors que la poussée démographique et les aspirations des populations agricoles a un niveau de vie plus élevé commandent, impérieusement, un accroissement rapide de la production.
Cette promotion économique et sociale, axée sur la modernisation des techniques d'amélioration rurale, constitue l'objet majeur du vaste programme d'action économique qu'on est convenu d'appeler le " Paysannat algérien"
Lancé en 1946, le Paysannat a trouvé dans les S.I.P. ses moyens d'expression et de réalisation, Les nouvelles S.A.P. d'Algérie lui offriront dorénavant des formes évolutives neuves, dans lesquelles se modèlera l'économie traditionnelle à l'Image d'une agriculture moderne.
Les graphiques qui illustrent cet opuscule doivent permettre de situer le champ d'action et de prendre la mesure des forces vives de cette économie dont on mésestime souvent l'Importance.
Cependant, en 1949, sur 5 625 381 ha. de terres en culture dans les territoires du Nord. 3.551.912 ha sont mis en valeur par l'agriculture traditionnelle et sur 2 754 000 ha consacrés aux emblavures, les fellahs en détiennent 1 929489

LES MOYENS DE RÉNOVATION
LES SOCIETÉS AGRICOLES DE PRÉVOYANCE (S.A.P.)

Les Sociétés Indigènes de Prévoyance, créées en 1893, viennent d'être réorganisées sous la dénomination nouvelle de Sociétés Agricoles de Prévoyance (S.A.P.).
Comparables dans leurs buts et leurs moyens aux Coopératives, elles sont soumises à une tutelle plus suivie de la part des Pouvoirs Publics, tutelle justifiée par le caractère évolutif de la société, la participation financière de l'Algérie, enfin l'opportunité de l'intervention de l'Etat dans l'amélioration économique et sociale du niveau de vie des populations rurales.

Les S.A.P. sont administrées par un Conseil d'Administration, émanation des Conseils de Secteurs, élus par les sociétaires à l'échelle de leurs municipes et présidées par un fonctionnaire, ou une personnalité agricole, désignés par le Gouverneur Général.
Le Président est assisté, dans la conduite technique de la société, par un Agent technique agricole. La tenue de la comptabilité des diverses sections de gestion et les opérations financières sont assurées par un Agent comptable. Par ailleurs, les Présidents des S.A.P. trouvent dans les Adjoints techniques du Paysannat les conseillers nécessaires.

Le territoire algérien étant entièrement couvert par le réseau des 104 circonscriptions des S.A. P., chaque cultivateur est assuré de trouver auprès de ces organismes l'aide dont il peut avoir besoin.
A l'origine, groupement de secours en cas de disette, les S.I.P. devinrent, par la suite, des institutions de crédit. En 1936, elles sont intervenues dans le domaine coopératif, en participant à l'organisation du marché des céréales et pendant la dernière guerre, elles ont ravitaillé les populations rurales. Depuis 1945, elles sont devenues les instruments du progrès agricole auprès des cultivateurs insuffisamment évolués qui forment l'immense majorité de leurs sociétaires.

En raison de l'impossibilité matérielle de moderniser, d'un seul coup, toutes les exploitations agricoles, chaque S.A.P. concentre et localise son action dans des secteurs territoriaux dits Secteurs d'Améliorations Rurales.
Dans chaque S.A.R., sont groupés tous les moyens d'action du Paysannat. Le premier de ces moyens est la démonstration. Sur une exploitation. pilote, exploitée directement par la S.A.P., on démontre l'efficacité des méthodes culturales modernes adaptées à la région. En pays d'élevage, cette démonstration se fait par les "troupeaux de sélection"
Le second moyen d'action est le rayonnement.
Le moniteur du S.A.R , exploitant la démonstration donnée sur l'exploitation-pilote, s'efforce de convaincre les fellahs, un par un, s'il le faut, de l'intérêt qu'ils auraient à appliquer les méthodes modernes.
Le troisième moyen d'action est constitué par l'ensemble des services que la S.A.P. met à la disposition des fellahs. C'est, réalisée sous une forme moderne, l'association rurale.

En 1952, les surfaces correspondantes étaient respectivement les suivantes:
Terres cultivées: 6.600.000 ha. et 3.985.000 Emblavures: 3.209.000 ha. et 2.334.000
Les fellahs possèdent également :
70 % des oliviers;
90 % des figuiers, et la quasi-totalité des palmiers.

En outre, le troupeau d'ovins et de bovins est presque entièrement entre leurs mains, ainsi que la totalité des caprins.
Telles sont les données fondamentales d'une agriculture en évolution dont le Paysannat s'efforce de développer les énergies latentes, afin de compenser la poussée démographique aiguë par un accroissement substantiel de production.
Dans ce domaine, l'expression graphique convient mieux pour renseigner sur les résultats obtenus que l'aridité des statistiques chiffrées.
Les planches que contient cet opuscule, sur ,l'activité des S.A.P. et de leur Fonds Commun et sur l'augmentation de la production dans les S.A.R., révèlent, derrière les courbes ascendantes, l'aide des Pouvoirs Publics pour orienter et soutenir techniquement et financièrement la paysannerie algérienne
Elles évoquent aussi les efforts de tous ceux:
Techniciens; Présidents de S.A.P. ;
Adjoints Techniques du Paysannat ; Agents Techniques et Comptables; Moniteurs
qui animent, de leur foi persévérante, les réalisations du Paysannat.

LES ÉLÉMENTS DE L' AGRICULTURE TRADITIONNELLE

TERRES CULTIVÉES
Les terres exploitées par les agriculteurs musulmans représentent 63 % de l'ensemble des terres cultivées de l'Algérie. Si les rendements obtenus par eux sont généralement inférieurs à ceux de l'agriculture européenne cela tient, moins, à la qualité inférieure des sols, qu'à une insuffisance des connaissances techniques et des moyens matériels et financiers.
Aussi, le Paysannat algérien s'est-il donné pour mission d'apporter aux fellahs tous les éléments de productivité qui lui manquaient jusqu'ici.

A noter que les métiers agricoles groupent 82 % de la population active masculine et 96 % de la population active féminine.
Au ler janvier 1948, la population musulmane agricole atteignait, en effet, 5.884.286 unités et l'effectif de la population exerçant une profession agricole s'élevait à 2.775.532, selon la répartition suivante :

Fellahs 551.386
Ouvriers (journaliers, saisonniers ou permanents) 2.046.385
Khammès 132.913
Propriétaires exploitants.19.755
Gérants et divers 5.093

CULTURE DES CÉRÉALES
La culture des céréales est la plus importante culture algérienne, tant par la superficie occupée que par le tonnage et la valeur de ses produits.
La part des agriculteurs musulmans dans cette culture est nettement prépondérante, surtout dans les départements d'Alger et de Constantine.
RECOLTE (1952) : 23 Millions de QUINTAUX. SUPERFICI E (1952) : 3.200.000 ha.
VALEUR: PLUS DE 72 MILLIARDS.
Le graphique ci-contre est relatif aux emblavures de 1949; mais les indications qu'il fournit, en ce qui concerne les proportions, demeurent valables.

PRODUCTION TOTALE DES CÉRÉALES
Elle oscille, avec des mouvements de grande amplitude, autour de 17 millions de quintaux.
L'allure, en dents de scie, du graphique traduit l'irrégularité des rendements soumis essentiellement aux aléas d'un climat très irrégulier au point de vue de la pluviométrie.
En effet, la pluviométrie du territoire algérien est essentiellement variable dans l'espace et dans le temps (plus de 2.500 mm. dans les montagnes boisées des Babor, à moins de 100 mm. au sud de l'Atlas saharien).
A la décroissance des pluies du Nord au Sud se superpose, au surplus, une décroissance de l'Est à l'Ouest.
Les bonnes récoltes sont obtenues généralement dans les années où le pluies se prolongent durant la période printanière (mars et avril).
es points les plus bas (voir, notamment, la récolte de 1945, tombée à 4 000.000 de quintaux) correspondent aux années de sécheresse les plus marquées

PRODUCTION MOYENNE DES CÉRÉALES
Les deux grandes productions, orge et blé dur, sont obtenues surtout par la culture musulmane; elles constituent l'aliment de base et la monnaie d'échange des populations autochtones.
Le blé tendre et surtout l'avoine sont des productions essentiellement européennes.
A noter qu'il y a un siècle, la culture du blé tendre était pratiquement inexistante en Algérie.
En bref, ainsi qu'il ressort des indications du tableau ci-contre, la production moyenne calculée sur 28 ans (de 1925 à 1952) s'établit à près de 17 millions de quintaux se répartissant comme suit;

Blé (tendre et dur) 51 % .
Orge . 40 %
Avoine . 9 %

PRODUCTION ET COLLECTE DES CEREALES EN 1952
En quintaux Blé dur Blé tendre Orge Avoine TOTAL
Production totale.. 8.500.000 3.175.000 9.880.000 1.420.000 22.975.000
Collecte globale.. 4.087.689 2.562.877 3.374.294 306.313 10.391.173
Collecte par les S.A.P. 904.906 282.091 1.247.960 36.230 2.471.187

CÉRÉALES PRINCIPALES
RENDEMENTS
La supériorité des rendements de la culture évoluée tient essentiellement à la mise en œuvre des techniques culturales rationnelles modernes (bonne préparation des sols, engrais, semences sélectionnées, etc .. ,) et de moyens puissants que le développement de la motoculture et du crédit mutuel tendent à généraliser.
L'action du Paysannat qui met à la disposition des fellahs, par l'intermédiaire des S.A.P. et des S,A.R" les moyens techniques et matériels les plus modernes, tendra, de plus en plus, à combler l'écart des rendements,
Mention particulière doit être faite de l'action entreprise depuis 1947 pour l'amélioration de la qualité des semences par l'échange gratuit, poids pour poids, de grains ordinaires, détenus par les fellahs, contre des semences améliorées ou sélectionnées, traitées contre les maladies cryptogamiques.
Les échanges, limités au blé dur, ont porté sur les tonnages suivants:

ECHANGES DE SEMENCES

1948- :4920,959 quintaux
1949-50 :36.601 "
1950-51 :27 .423
1951-52 :20.572
1952-53 : 40.800 "

LE BLÉ DUR
Le blé dur, aliment de choix des populations algériennes, est surtout cultivé par les musulmans (environ 75 % des superficies emblavées).
Relativement exigeant comme sol et pluviométrie, il occupe les meilleures terres à céréales.
Les variétés les plus cultivées sont:
- L'oued Zenati 368, le Hedba 3, le Bidi 17, le Zenati X Bouteille.
Le blé dur, principalement cultivé dans le département de Constantine, fait l'objet d'un important commerce d'exportation sur la Métropole, en même temps qu'il alimente l'industrie locale de la semoulerie et des pâtes alimentaires.

BLE DUR Production moyenne : 5.900.000 quintaux
Prix production 1953: 4.140 Fr. le quintal
Evolution des prix
(à la production)
25 à 28 Fr. en 1913/14
201 Fr. en 1938
830 Fr. en 1945

LE BLÉ TENDRE
Production de la culture moderne surtout (55 à 60 % des superficies cultivées) cette céréale se rencontre principalement dans le département d'Oran 'lui représente 60 à 65 % des emblavures totales de blé tendre.
Les principales variétés de blé tendre sont:
la Tuzelle d'Aix (variété importée de la Métropole) les Mahons (importés des îles Baléares) ;
Le Baroota;
Le Pusa X Mentana.
Mention spéciale doit être réservée aux blés dits "de force", riches en gluten, tels que le "Florence X Aurore _ et le "Pusa X Florence", cultivés dans les meilleures terres.
Les blés algériens alimentent de nombreuses minoteries locales. Aucune exportation nia lieu, en général, la production étant encore inférieure aux besoins de la panification.

BLE TENDRE :Production moyenne:.5.900.000 quintaux
Prix production : 1 953 :4140 le quintal
. Evolution des prix (à la production)
23 à 27 Fr. en 1913/14
200 Fr. en 1938
730 Fr. en 1945

L'ORGE Culture rustique, s'accommodant d'une faible pluviosité, l'orge couvre, bon an mal an, 800.000 0 1 .250.000 hectares en Algérie.
Son extension aux zones les plus arides des Hauts Plateaux où elle est soumise aux aléas fréquents des sécheresses printanières, explique la faiblesse des rendements moyens dans la culture traditionnelle qui représente près de 80 % des surfaces consacrées à l'orge.

Les orges algériennes appartiennent à peu près exclusivement à l'espèce à 4 rangs dite "orge carrée ~. On rencontre cependant quelques orges à 6 rangs et à 2 rangs.
La sélection généalogique a permis de tirer, parmi les premières, une variété rustique et productive: la Saïda 183, puis une variété à 6 rangs: l'orge Martin 839.
L'orge est utilisée en Algérie à la fabrication d'une galette ou " kesra ~ consommée dans certaines régions; mais l'utilisation de l'orge dans l'alimentation humaine cède, de plus en plus, la place au blé dur et au pain.
Une partie des récoltes va à l'alimentation du bétail, ainsi qu'à la fabrication de la bière dans les brasseries locales.
Les années de forte production, l'Algérie dispose d'importantes quantités d'orge pour l'exportation.

ORGE
Production moyenne : 6.700.000 quintaux
Prix production 1953 : 2.134 Fr. le quintal
. Evolution des prix (à la production)
14 à 18 F~ en 1913/14
106 Fr. en 1938
559 Fr. en 1945

LES FIGUIERS
Les figuiers se rencontrent surtout dans la zone montagneuse de la Grande et de la Petite Kabylie, dans les arrondissements de Tizi-Ouzou (Alger! et de Bougie (Constantine) où les figues séchées constituent un appoint substantiel pour la consommation locale.
Elles alimentent également un appréciable commerce d'exportation qui reprend de l'importance grâce à l'amélioration de la qualité et de la présentation des figues sèches.

En Grande Kabylie, grâce aux ateliers de traitement des figues fraîches et de conditionnement des figues sèches, qui fonctionnent dans le cadre des S.A.P., sous l'égide du Service du Paysannat, les figues collectées par une Coopérative de producteurs, retrouvent une vente rémunératrice (4.000 francs le quintal en moyenne).
Dans la région littorale, à l'ouest d'Alger, se développe également une production de figues à sirop obtenue avec une variété spéciale (figue Kadota ou Dottato).
Production moyenne :
Figues sèches .
Cours à la production : En décembre 1953 (tout-venant consommation) : 200.000 quintaux: 3.000 Fr. le ql

LES PALMIERS-DATTIERS
Produits exclusifs des oasis sahariennes, les dattes algériennes et surtout les fameuses dattes fines " Deglet Nour" (doigts de lumière) ont conquis les marchés européens.
Les dattes sèches (Deglet Beïda), qui forment la production la plus importante en tonnage, constituent l'alimentation de base des populations sahariennes et des tribus nomades.
Dans le domaine de la phœniciculture, le Paysannat a entrepris, depuis 1949, une importante action tendant;
- d'une part, à la création, à partir de forages réalisés par le S.C.H., de palmeraies modernes qui serviront ultérieurement à recaser des fellahs provenant d'oasis dépérissantes ;
- d'autre part, à la modernisation des palmeraies existantes (amélioration des irrigations, travail et fumure du sol, fourniture de djebbars de qualité, traitement des arbres contre les parasites, pollinisation, écimage, etc ... ) et au conditionnement des fruits (triage, présentation).

Nombre de palmiers en rapport en 1953
Production totale (1953): 846290 qx
.
Cours des dattes:
Nombre de palmiers en rapport 5.369.900
Production en dattes fines (1953)179.010 qx - au marché de gros de Marseille (déc. 1953): 65 à 110 Fr. le kg.
- sur wagon Biskra (1er. Qualité) .
50 à 70 Fr. le kg.

LES OLIVIERS
Arbre méditerranéen par excellence, l'olivier couvre d'immenses superficies dans les chaînes montagneuses du littoral et du Tell algérien.
Les olives donnent deux produits principaux: l'huile (250.000 hl. en 1952) et les olives de confiserie (185.000 quintaux en 1952). Ces dernières, obtenues surtout dans le département .d'Oran, font l'objet d'un important commerce d'exportation.
La production oléicole est encouragée par des primes. L'amélioration culturale est notamment poursuivie par l'organisation de chantiers ambulants de taille, formant des ouvriers et contremaîtres spécialisés.
Par la création de petites huileries-pilotes, le Service du Paysannat agit en faveur de l'amélioration du rendement des olives (moyenne 18 à 22 %) et de la qualité des huiles (0"5 à 2").
Une coopérative de vente des huiles ainsi obtenues permet de remettre au petit producteur le prix maximum de ses produits.

Production moyenne:
Huile d'olive .
Olives de conserve : 75 è 250.000 hl. 120 à 200.000 qx

Prix à la production en 1953 :
Olives à huile . . . . 2.000 à 2.500 Fr. le ql
Olives de conserve. . . . . . . . . . . . . 3.000 à 4.500 Fr. le ql
Huile d'olive (base 5") 16.000 Fr. le ql (hors taxe)

LE TROUPEAU D'OVINS
Le troupeau algérien d'ovins qui vit dans la zone steppique des Hauts Plateaux, est soumis, lui aussi, aux aléas d'un climat très rude. Les sécheresses périodiques qui y sévissent provoquent, par la disparation quasi totale des ressources fourragères, des disettes meurtrières, comme en témoignent les dents de scie du graphique des effectifs.
La lutte contre les ennemis du troupeau; la faim, la soif, la maladie et le froid, est le but assigné aux 61 S.A.R. d'élevage, qui couvrent d'un réseau, trop mince encore, les immenses superficies du " pays du mouton ~.
Il s'agit essentiellement, pour le moment, d'assurer la sauvegarde et la stabilisation des effectifs actuels qui, avec 6 à 7 millions de têtes, représentent le troupeau maximum, compte tenu de l'irrégularité des ressources alimentaires.
Ce n'est que lorsque les problèmes que pose la lutte contre la faim et la soif aur~nt été résolus, qu'il sera possible d'envisager une progression systématique des effectifs.

Effectif du troupeau ovin en 1953 ; 6 à 7 millions de têtes

Prix moyen à la production :
Mars 1953 :8 à 10.000 Fr.
Novembre 1953: 5 à 8.000 Fr.

LE PROBLÈME L'ACCROISSEMENT DEMOGRAPHIQUE
Dans cet immense territoire qui ne dispose que de faibles ressources en énergie et qui souffre d'une pluviométrie insuffisante et capricieuse, la population s'accroît au rythme de plus de 200.000 habitants chaque année, ce qui correspond à la création d'un nouveau village de 600 âmes chaque jour.
Ayant quadruplé en 80 ans, la population dépasse maintenant 9.250.000 habitants et atteindra, à ce rythme, 14 millions en 1973.
Il est intéressant de noter, en outre :
1 que la moitié de la population a moins de 20 ans;
2 que 78 % des musulmans vivent directement de l'agriculture.
Sans parler des questions sociales et culturelles que pose la poussée démographique, le problème alimentaire implique le développement continu de la productivité des terres agricoles.

NDLR : en 2013 la population de l'Algérie était de 37.900.00 habitants

LES MOYENS DE RÉNOVATION LES SOCIËTÉS AGRICOLES DE PRÉVOYANCE (S.A.P.)

Les Sociétés Indigènes de Prévoyance, créées en 1893, viennent d'être réorganisées sous la dénomination nouvelle de Sociétés Agricoles de Prévoyance (S.A.P.).
Comparables dans leurs buts et leurs moyens aux Coopératives, elles sont soumises à une tutelle plus suivie de la part des Pouvoirs Publics, tutelle justifiée par le caractère évolutif de la société, la participation financière de l'Algérie, enfin l'opportunité de l'intervention de l'Etat dans l'amélioration économique et sociale du niveau de vie des populations rurales.
Les S.A.P. sont administrées par un Conseil d'Administration, émanation des Conseils de Secteurs, élus par les sociétaires à l'échelle de leurs municipes et présidées par un fonctionnaire, ou une personnalité agricole, désignés par le Gouverneur Général.
Le Président est assisté, dans la conduite technique de la société, par un Agent technique agricole. La tenue de la comptabilité des diverses sections de gestion et les opérations financières sont assurées par un Agent comptable. Par ailleurs, les Présidents des S.A.P. trouvent dans les Adjoints techniques du Paysannat les conseillers nécessaires.

Le territoire algérien étant entièrement couvert par le réseau des 104 circonscriptions des S.A. P., chaque cultivateur est assuré de trouver auprès de ces organismes l'aide dont il peut avoir besoin.
A l'origine, groupement de secours en cas de disette, les S.I.P. devinrent, par la suite, des institutions de crédit. En 1936, elles sont intervenues dans le domaine coopératif, en participant à l'organisation du marché des céréales et pendant la dernière guerre, elles ont ravitaillé les populations rurales. Depuis 1945, elles sont devenues les instruments du progrès agricole auprès des cultivateurs insuffisamment évolués qui forment l'immense majorité de leurs sociétaires.
En raison de l'impossibilité matérielle de moderniser, d'un seul coup, toutes les exploitations agricoles, chaque S.A.P. concentre et localise son action dans des secteurs territoriaux dits Secteurs d'Améliorations Rurales.

Dans chaque S.A.R., sont groupés tous les moyens d'action du Paysannat. Le premier de ces moyens est la démonstration. Sur une exploitation. pilote, exploitée directement par la S.A.P., on démontre l'efficacité des méthodes culturales modernes adaptées à la région. En pays d'élevage, cette démonstration se fait par les "troupeaux de sélection"
Le second moyen d'action est le rayonnement. Le moniteur du S.A.R , exploitant la démonstration donnée sur l'exploitation-pilote, s'efforce de convaincre les fellahs, un par un, s'il le faut, de l'intérêt qu'ils auraient à appliquer les méthodes modernes.
Le troisième moyen d'action est constitué par l'ensemble des services que la S.A.P. met à la disposition des fellahs. C'est, réalisée sous une forme moderne, l'association rurale.

Site Internet GUELMA-FRANCE