L'école d'agriculture de Guelma

En 1913, le président de la Chambre d'agriculture de Constantine, le regretté Clouet des Perruches, demandait, dans un rapport présenté à cette Assemblée, l'organisation de stations expérimentales qui, à cette époque, faisaient dêfaut en Algérie.
En 1919, MM. Suisse, conseiller agricole de l'arrondissement de Guelma et Joly, maire de Guelma, étaient chargés d'établir un programme de création d'une station expérimentale.
En 1922, la station expérimentale située à environ 2 kilomètres à l'est de la ville, se transformait en ferme-école expérimentale indigène de Guelma, et des bâtiments étaient aménagés pour recevoir une trentaine d'élèves internes.
En 1928, 1932 et en 1947 sous la direction de M. Fatah, le domaine s'agrandissait de la propriété dite du "Bordj" d'une superficie de 38 ha, de la propriété Saïd de 90 ha, des anciens docks Tramaloni, enfin du jardin Saïd de 6 ha, ce dernier apportant, par son puits, un supplément d'eau pour les irrigations.
En 1947, la ferme-école expérimentale destinée à la formation des fùs de fellah et d'ouvriers agricoles qualifiés devient école d'agriculture ouverte à tous.
L'année scolaire 1947 - 1948 a donc vu l'établissement recevoir sa première promotion mixte, et l'excellent esprit d'entente qui ne cessa de régner entre ces jeunes gens pendant toute la scolarité fut un précieux encouragement pour tout le personnel de l'école.
L'école d'agriculture de Guelma a formé, depuis 1922, 30 promotions d'élèves dont 333 ont obtenu le diplôme sanctionnant les études.
lis se repartissent comme suit: Musulmans: 282, Européens: 51.
Les anciens éléves sont restés pour la plupart dans le département de Constantine : on les retrouvait faisant valoir leurs terres, ou employés comme chefs de culture ou gérants chez les propriétaires européens et musulmans, ou moniteurs de SAP, de SAR, de la D.RS.
Le placement des éléves diplômés, dès leur sortie de l'établissement, a toujours été rendu difficile à cause de leur jeunesse et leur manque de maturité. C'est pour éviter cet écueil que le recrutement avait été orienté vers les fils d'agriculteurs musulmans, et d'excellents résultats obtenus a en juger par l'amélioration des méthodes de cultures pratiquées dans leurs propriétés par d'anciens élèves de l'école dans les centres de Guelma, Oued Zenati, Tébessa, etc .. Par ailleurs, les nouveaux aménagements de l'école avaient pour objectif de permettre l'admission de candidats plus nombreux. Les agrandissements permettaient une scolarisation de 78 élèves.
Un centre de mécanique agricole et d'artisanat rural était en voie de création. Il aurait pu recevoir 60 élèves environ, ce qui aurait porté le nombre des internes (école d'agriculture comprise) à près de 140. Guelma devenait ainsi, en Algérie, le plus important centre de formation de jeunes ruraux.
L'école d'agriculture de Guelma n'était pas seulement un établissement d'enseignement; celui-ci était heureusement complété par :
1°) Une station de sélection occupant 6 ha, qui était chargée de l'étude des variétés nouvelles adaptées et intéressantes, en céréales (Bidi 17), oléagineux (Féve Guelma 4), plantes-fourragères, etc ...
2°) Un domaine d'une étendue de 145 ha dont l'objectif principal était la multiplication des semences obtenues à la station de sélection.
Chaque année 2 000 quintaux de semences sélectionnées étaient ainsi mis à la disposition des agriculteurs.
L'Ecole participait également au développement de l'élevage de la race de Guelma ainsi que de la race bovine Tarentaise. Le troupeau de sélection comprenait 60 à 80 vaches 'et 5 à 6 taureaux qui permettaient de diffuser des reproducteurs nés en Algérie aux potentialités génétiques connues (livre généalogique)
Grâce à ses étable, écurie, laiterie et rucher modèle, l'établissement pouvait consacrer à l'élevage, à l'industrie laitière et à l'apiculture, une large part de son activité.
L'ancienne ferme-école expérimentale indigéne était devenue un établissement d'enseignement de première importance. Situé au centre d'une région agricole aux spéculations variées où le peuplement musulman était. particulièrement dense, son influence s'était heureusement manifestée sur l'économie de la région (céréales et élevage).
Par son double aspect pratique et scientifique, l'école d'agriculture de Guelma donnait aux jeunes ruraux musulmans et européens une excellente formation et leur permettait par les connaissances ainsi acquises de participer efficacement à l'amélioration des méthodes de culture et d'élevage du pays.

Extrait de L'oeuvre Agricole Française en Algérie 1830-1962. Amicale des anciens élèves des écoles d'agriculture d'Algérie.
Collectif des Guelmois site internet GUELMA-FRANCE