HOMMAGE DÉDIÉ A L'OLIVIER

Arbre Roi des rivages Méditerranéens
Arbre symbole de la Paix Vénéré par le Coran Béni par la Bible
Il fût donné aux hommes par MINERVE, la Déesse.
Où l'olivier renonce, finit la méditerranée.
Avec l'olivier trébuchent tous dieux d'Athènes et de Rome.
Sophocle dit de l'olivier : L'arbre inégalé

Toutes les civilisations Méditerranéennes se relayèrent à travers l'histoire pour propager la culture de l'olivier : phéniciennes, phocéennes, grecques, hébraïques, carthaginoises, romaines, arabes, espagnoles, françaises.

Loué par un nombre infini d'esprits d'élite : Platon, Aristote, Sophocle. Il mérite noblement le nom de l'arbre de la Paix.

O, toi humain qui, sur ton chemin, rencontre un olivier, arrête-toi un instant et accorde lui quelques secondes de méditation: tu seras surpris de la découverte du cheminement de tes pensées.

L'OLEICULTURE EN ALGERIE ET EN AFRIQUE DU NORD
Historique

On dit que dans la région de Guelma les oliviers dataient de la présence romaine et qu'en arrivant les soldats constatèrent que les récoltes n'étaient pas ramassées et que des kilomètres carré le sol était jonché d'olives (d'après Jules Gérard Le tueur de lions).
L'olivier en Afrique du Nord a toujours été présent sous forme d'oléastre spontané.

Début plus ou moins supposé: probablement les Phéniciens et leurs comptoirs. Carthage à compter du IXe siècle avant J.C et qui domine tous les comptoirs de la Méditerranée occidentale à partir du VIe siècle avant J.C.

En 146 avant J.C. nous passons à l'époque romaine. Le développement de l'olivier est lié avant tout à la commercialisation des huiles vers Rome. Il y eut une extension des cultures très loin vers le sud, tant en Tunisie qu'en Algérie orientale. Des traces subsistent, telle celle d'une huilerie importante bien conservée au sud de Tébessa, dans une zone où il n'existe pas le moindre oléastre.

On peut penser à l'utilisation des eaux de ruissellement, type meskats de Sousse ou autres sortes de cultures, où Carthaginois et Romains étaient maîtres.

Par la suite, après la fin de Rome, de Byzance et de leurs courants commerciaux, les invasions arabes, l'insécurité, les abandons de culture ont amené l'oléiculture à l'état où nous l'avons trouvée.

Mais il semble bien, tant à l'Est qu'à l'Ouest, que l'olivier s'est mieux maintenu qu'en Algérie, probablement en raison d'une paix mieux assurée, et de courants commerciaux repris avec Venise, Gênes, la Sicile... Ainsi donc, un brassage continuel de variétés ou de types d'oliviers se perpétua.

Seules les montagnes Kabyles et Berbères conservèrent les très anciennes variétés de pays, tandis que les plantations des régions ouvertes aux invasions ont été reconstituées suivant le degré d'évolution et les besoins des populations nouvellement installées.

Développement sous la présence française A leur arrivée en 1830, les Français rencontrèrent l'olivier, bien connu par les ressortissants de départements français bordant la côte méditerranéenne: Languedoc, Provence, Côte d'Azur. Ils découvriront surtout l'olivier en Kabylie. Mais l'extraction de l'huile d'olive était effectuée par des méthodes très primitives. Toutefois il fut noté que la population kabyle portait un très grand attachement à l'olivier. Attachement toujours maintenu, et, par la suite, les huiles d'olive de Kabylie acquirent une grande réputation.

Dès la présence française, des premiers travaux sur l'olivier se traduisirent par des opérations de greffage sur les oliviers sauvages situés dans la banlieue d'Alger.
Les résultats ayant été concluants, en 1832, trois moulins furent installés avec du matériel importé de France.
En 7 ans 60 000 oliviers furent ainsi plantés avec des variétés de provenance française.
Les mêmes interventions et travaux seront conduits dans la région de Guelma, Bône et de Philippeville.

Les variétés apportées de France s'adaptèrent parfaitement au climat et les travaux d'installation d'oliviers et de rénovation se poursuivirent jusque dans les années 1840-1850.

Toutefois cet effort devait se ralentir à partir des années 1845-1850, car la législation douanière ferma les portes des marchés français aux produits algériens dont l'huile d'olive et les olives.

Mais cet interdit ne devait pas désarmer les efforts entrepris. Ceux-ci continuèrent par des opérations de greffage ou sur greffage et de déboisement pour mettre en valeur les oléastres.

Il faut souligner également les efforts soutenus par l'Administration. Elle favorisa l'installation de pépinières. De nouvelles actions furent mises en place pour une meilleure qualité des plants.

.'La vulgarisation" forme des moniteurs qui, à leur tour, interviennent pour former des greffeurs et tailleurs. Les méthodes culturales sont améliorées, ainsi que les méthodes de cueillette pour essayer de faire cesser l'emploi abusif du gaulage, néfaste au renouvellement des jeunes rameaux, cassés sous les coups de la gaule, et, qui favorise le maintien ou l'aggravation de la rogne ou tuberculose de l'olivier causée par la tumeur bactérienne propre à l'espèce. Une oléiculture prend forme et se développe là, où, partout, s'installe la Paix Française.

A mesure de la pénétration dans le pays, la France fait partager aux populations rurales ses connaissances agricoles et, entre autres, entreprend la rénovation des oliviers, dits oléastres ou oliviers sauvages, lorsque les situations le permettent La production surtout en huile d'olive s'accroît et les populations autochtones en bénéficient Des moulins modernes sont installés sur l'oued Breda par monsieur Lavie. Les améliorations technologiques commencent à se manifester et, dans la transformation du produit, on assiste à un acquis de la qualité qui s'intensifiera encore plus dans les années à venir.

D'ailleurs le rétablissement des importations françaises en 1851-1852, favorisera et encouragera l'amplification des efforts culturaux et technologiques et permettra la mise en place, cette fois-ci, de vergers d'oliviers! Deux voies sont suivies pour développer l'olivier (1860-1870) :
1°) Mise en concession de 30 à 40 000 hectares de massifs naturels du bassin de la Seybouse.
2°) Création de nouvelles plantations.

Dans le massif, l'olivier est entremêlé d'azeroliers et de pistachiers. On y trouve aussi le lentisque, l'arbousier, le myrte... le tout formant sous-bois, fourré impénétrable.

Il faudra faire disparaître les essences secondaires nuisibles au développement de l'olivier, et sélectionner les rejets ayant poussé à partir de la souche, pour ne conserver que les plus valables.

Les oliviers de 1 m de circonférence ne pouvant être greffés avec succès seront élagués. La réussite du greffage, assurera le maintien du peuplement. L'olivier greffé ne commence à produire qu'au bout de 3 ans. Il entre en plein rapport à 9 ans. Un olivier de 0,70 m de circonférence rapporte en moyenne par an 50 kg d'olives, celui de 0,30 m ne produit que 15 kg L'olivier dit "sauvage" ne donne que 8 litres d'huile aux 100 k d'olives. Les variétés du Midi de la France ont donné de moins bons résultats à Alger. Aussi le choix se porte-t-il sur les variétés à olives noires d'AF.N. et sur la variété verdale issue de France.

L'oléiculture s'implante avec succès dans la région de Guelma où de nombreux moulins modernes feront place aux méthodes archaïques arabes.

Extraits de l'œuvre française en Algérie 1830-1962.

Collectif des Guelmois site Internet GUELMA-FRANCE