Guelma ..terre agricole


      Les faits de la colonisation de notre ville consignés sont authentiques et prouvent que les besoins de Guelma sont appréciés par les autorités. Pourtant, le développement de ce centre de colonisation n'est pas aussi avancé que veut bien le dire l'inspecteur en mission. Il faudra plusieurs décades aux pionniers pour entrevoir un avenir heureux. La confiance en l'avenir est déjà un gage de succès, mais l'agriculture demande une longue patience et le sol d'Afrique n'est pas encore fertile. Le journal "l'Agriculteur de Bône", daté de 1901, donne les résultats d'une étude sur la qualité des sols de Guelma et ses environs et précise :

      "La terre est une accumulation millénaire de pourritures, de décompositions et d'humus et la rentabilité est fonction de cette qualit en donnant l'exemple suivant :

          Dans la région de Millesimo(1), il y avait deux parcelles visuellement identiques dont on pouvait soupçonner pour l'une d'elles des travaux datant de l'époque romaine (ruines de ferme, vestiges dallées de pistes, d'adduction d'eau par captage de sources). La première, par rapport à l'autre, donnait à l'hectare un rendement de céréales bien supérieur.

        Des analyses de terres furent alors demandées à Alger pour chacune des deux parcelles. Le résultat nous stupéfia ; malgré les siècles passés en friche, la première gardait des traces résiduelles d'humus. La seconde était restée dans son état naturel inculte. Elles prouvaient par ailleurs que les Romains avaient enrichi la première par des déchets végétaux en provenance des massifs de la Mahouna (analyses), de limons transporté depuis les berges de l'oued Seybouse et des animaux dont la décomposition apportait des matières organiques. Cette parcelle irriguée par un chevelu de cannaux (l'humidité étant indispensable pour maintenir ce masque de pourriture bienfaisant), produisaient des céréales que les voisins envaient. (M.G)

        Les tentatives de mise en valeur des terres ne furent pas toujours couronnées de succès. Les colons firent face aux pires difficultés avec courage et persévérance ( sauterelles, chapardages, incendies) ; ils durent attendre de nombreuses années pour que leurs efforts soient couronnés de succès. L'administration se souciait du confort des agriculteurs et, toujours pour l'améliorer (ou tenter de l'améliorer), le 15 juin 1900, un article parut dans "Le Progrès de Guelma" donnant la "maison type" que devrait construire le colon :

    "Elle doit être en hauteur et non dans une partie basse. Elle doit se trouver loin d'un endroit marécageux où les eaux croupissent, orientée du Nord au Sud, élevée sur rez-de-chaussée, avec un grenier bien ventilé recouvert d'un toit de briques bien incliné. Il faudrait calquer un plan romain : murs épais, une seule ouverture donnant sur le dehors (par sécurité) et servant de porte d'entrée ; toutes les autres ouvertures donnent sur une cour pavée et clôturée. Dans les heures les plus périlleuses, il suffirait de clore l'entrée".

           Les Guelmois, après des résultats favorables obtenus grâce à leur ténacité, sentent bien qu'il faut valoriser les produits de leur travail. Ils encouragent le gouvernement afin de mettre en place un concours agricole pour favoriser le développement et les progrès de la contrée.

     "Guelma, disaient-ils, trouvera alors sa pleine expansion, à juste titre ; la ville a droit à ce qu'on lui vienne en aide, car les efforts de ses habitants sont des droits acquis et doivent être reconnus".(W.P)

Les différentes expositions universelles, les comices, les concours agricoles de toutes natures savent récompenser le mérite de nos vaillants agriculteurs dont le découragement, la souffrance, la maladie, la mort ont été le lot quotidien de leurs ascendants, les pionniers d'hier.

(1) Documentation GM

Collectif des Guelmois site Internet GUELMA-FRANCE