Ferme-Ecole expérimentale de Guelma 1923

L'effectif de la première promotion d'élèves admis à la Ferme-Ecole et qui comptait 19 jeunes gens a été réduit, en cours d'année, par suite de causes diverses (maladie, etc..) à 14 unités.
Les résultats obtenus dès la première année ont fait ressortir l'incontestable utilité de cet établissement et permis de dégager des directives nouvelles nature à en augmenter le rendement.

C'est ainsi, par exemple, que la scolarité, fixée à deux années, paraît devoir être portée à trois, dont une année " préparatoire " consacrée surtout à compléter les connaissances générales des élèves dont le degré d'instruction est manifestement trop faible.

A renseignement théorique, qui comporte les matières ci-après : agriculture, zootechnie, sciences appliquées, notions de dessin, d'arpentage et de nivellement, complément de français et d'arithmétique, langue arabe, vont s'ajouter des notions de géographie économique.

L'instituteur-économe attaché à l'établissement ayant repris sa place dans les cadres de l'enseignement primaire, les cours de français et d'arithmétique dont il était chargé ont été confiés à un instituteur de l'école communale de Guelma.

D'autre part, renseignement des sciences appliquées, de l'horticulture et de l'arboriculture, qui était assuré jusqu'à ce jour, en même temps que celui de l'agriculture, par le Conseiller agricole, chargé de la direction de l'établissement, a été confié à un ancien élève diplômé de l'école nationale d'horticulture de Versailles, précédemment chef de station expérimentale et agent agricole des Territoires du Sud, nommé, à cet effet, professeur-adjoint à la Ferme-Ecole.

Ce professeur est chargé, en outre, des fonctions d'économe, tâche dans laquelle il est secondé par l'instituteur indigène attaché à la Ferme-Ecole. Grâce à la remarquable installation de l'établissement et à l'excellence de l'enseignement qui y est donné, vingt jeunes indigènes ont sollicité leur admission en novembre 1923.

Enfin, en conformité des désirs exprimés par les groupements agricoles de la région, un cours saisonnier de taille et de greffage de l'olivier et des arbres fruitiers, d'une durée de six semaines, sera organisé en 1924 à la Ferme-Ecole. Parallèlement, l'organisation d'un cours d'enseignement ménager agricole y est envisagée.

Le programme d'expérimentation assigné à l'établissement pour l'année écoulée a été poursuivi avec activité.

Il comportait, en premier lieu, l'étude de la résistance des variétés de céréales cultivées dans la région à la verse d'abord, à la sécheresse ensuite.

En ce qui concerne la résistance à la verse, les essais seront repris en 1924, avec les variétés qui se sont le mieux comportées en 1923 et en visant surtout à la détermination des conditions optima permettant d'assurer la maturation normale des chaumes.

La résistance à la sécheresse, étudiée sur 86 variétés de blé, a permis au blé Langlois, n° 1.527, de révéler une fois de plus ses remarquables qualités à cet égard.

L'expérimentation sur les engrais a visé notamment à la détermination du mode d'action des engrais phosphatés. Elle a été faite sur céréales et dans un champ de 2 hectares divisé en parcelles de 5 ares.

Ces essais devront également être repris en tenant compte de la teneur du sol en humus, de son degré d'acidité et de son dosage en acide carbonique.

Les nitrates essayés sur céréales et sur fourrages verts se sont montrés très actifs dans la production fourragère (mélange orge-vesces) qui a été augmentée de 20 %, cependant que la végétation était en avance de quinze jours sur celle des parcelles témoins.

Une démonstration des plus intéressantes a été faite d'autre part, pour montrer la possibilité d'obtenir des fourrages verts non irrigués pendant toute l'année agricole.

A cet effet, le cycle fourrager suivant a été réalisé avec succès :
Orge et vesce : première coupe au 15 mars et deuxième coupe au 15 avril ; trèfle d'Alexandrie, d'avril à fin mai ; betterave, fin mai au 15 juillet ; à partir du 15 juillet, sorgho menu en terre irriguée ou non, permettant d'attendre les premières pluies d'automne.
Le rendement de la betterave rouge demi-sucrière Vilmorin s'est élevé, dans les conditions de cette expérience, à 10.000 kilos à l'hectare.
Le vignoble de la Station expérimentale, comprenant déjà 11 cépages à raisins de table, 5 à raisins de cuve blancs, 5 producteurs directs, va être complété notamment en producteurs directs.

En relation avec le service technique de la culture des tabacs en Algérie, des essais de culture portant sur 11 variétés différentes ont été faits sur une parcelle de 90 ares. Malgré les dommages dus au ver gris et à une sécheresse persistante, la récolte s'est élevée à 9.866 kilos, vendus à la Tabacoop de Bône, qui l'a payée 300 francs le quintal.

En 1924, le programme d'expérimentation comportera la continuation des essais sur les céréales et les engrais (rôle de l'acide phosphorique et des engrais radio-actifs, sulfofication, etc..) ; des expériences de destruction des mauvaises herbes par l'acide sulfurique, de désinfection des semences, d'obtention de tabacs jaunes, seront également tentées. D'ores et déjà, la première année de fonctionnement de la Ferme-Ecole expérimentale a apporté la démonstration que conformément aux directives qui ont présidé à sa création, elle reflète toute l'activité agricole de la région de Guelma, sur laquelle elle ne manquera pas d'exercer la plus heureuse influence Stages Agricoles En raison de l'importance croissante prise par l'institution des stages agricoles créés en 1919 par l'Administration, notamment par suite des nombreuses demandes d'immigrants qui désirent en bénéficier avant de s'installer comme colons, une nouvelle organisation de ces stages a paru devoir être adoptée. Elle est résumée ci-après :
Lorsque des places de stagiaires créées sur les domaines de l'Institut agricole d'Algérie (exploitations de Maison-Carrée et Ferme-annexe de Berteaux), à la Station botanique de Maison-Carrée, au Jardin d'Essai du Hamma ou sur les autres stations expérimentales d'une importance suffisante, sont laissées disponibles par les anciens élèves ou auditeurs libres des écoles d'agriculture de la Colonie, elles peuvent être attribuées à des jeunes gens ou jeunes hommes venant directement du dehors et, plus spécialement, aux anciens élèves des écoles professionnelles d'agriculture ou horticulture de la Métropole.
Les demandes de stages de l'espèce doivent être adressées à la Direction de l'Agriculture, du Commerce et de la Colonisation, 26, boulevard Carnot, à Alger, accompagnées de toutes références utiles.

En principe, tous les stagiaires rentrant dans cette catégorie, sont, dès leur arrivée à Alger, affectés soit à l'Institut agricole d'Algérie, où ils participent aux travaux effectués sur les domaines qui en dépendent s'ils désirent suivre la branche " agriculture et élevage ", soit à la Station botanique de Maison-Carrée contiguë à l'Institut précité, ou au La possibilité est offerte aux stagiaires admis à l'Institut agricole d'Algérie de continuer leur stage sur les établissements spécialisés dans l'horticulture et l'arboriculture, ou inversement.
Des stagiaires pourront également être reçus par la suite sur les autres établissements d'enseignement et d'expérimentation agricole existants ou en voie d'installation en Algérie (Ecole d'agriculture de Philippeville, Ecole d'agriculture de Sidi-bel- Abbès, Ferme-Ecole expérimentale d'Aïn-Temouchent, Ferme-Ecole expérimentale de Guelma, Station de Ferme-Blanche, Station d'Orléansville, Station de Barrai, Station d'élevage ovin de Tadmit, Stations d'Aïn-ben-Noui et d'El-Arfiane) où ils pourront se familiariser avec toutes les spéculations agricoles des diverses régions de la Colonie : cultures du littoral et des plateaux oranais ou du département de Constantine; céréales, fourrages, arboriculture fruitière, élevage bovin et ovin, cultures irriguées, culture du cotonnier, du tabac, du dattier, etc.. Les stagiaires bénéficient habituellement du logement et du couchage gratuits, en contrepartie desquels ils doivent prendre une part effective aux travaux de l'exploitation à laquelle ils sont affectés. Leur nourriture et leurs autres frais sont à leur charge, mais si les services qu'ils rendent à l'exploitation le justifient, ils reçoivent une rémunération journalière qui les couvre rapidement de tous leurs frais.
Ils pourront, si des places sont disponibles, être logés à l'Institut agricole ou à la Ferme-annexe de Berteaux et y prendre pension moyennant 150 francs par mois. Ceux admis au Jardin d'Essai pourront être autorisés à prendre leurs repas à Elle a comporté, d'une part, des observations et des essais nombreux, effectués tant sur les stations expérimentales de Ferme-Blanche, de Berteaux, de Guelma, que sur des exploitations particulières, et, d'autre part, des études de terre, d'engrais, des recherches sur la composition des végétaux cultivés effectuées au Laboratoire.
Dans le département de Constantine, le Conseiller agricole de Guelma assure la direction technique de la Ferme-Ecole pour indigènes créée dans ce centre.

Collectif des Guelmois site Internet GUELMA-FRANCE