COMMERCE INTERIEUR ET EXTERIEUR DE L'ALGERIE
1956

Le commerce intérieur est surtout actif dans les grandes villes. Alger, Oran, Bône viennent en tête parce que ces cités sont les plus peuplées, mais surtout parce que le trafic maritime y est important.

Dans l'intérieur Constantine, Tlemcen sont des places actives. De nouveaux centres comme Colomb-Béchar, et d'autres agglomérations du Sud ont vu leur commerce se développer en fonction de l'extension des exploitations existantes.

Les marchés hebdomadaires des petites villes et villages de l'intérieur sont plus pittoresques qu'importants.

Cependant dans certaines régions d'élevage ou certains centres agricoles, les transactions prennent parfois une ampleur non négligeable (Souk-Ahras, Guelma, Kroubs, Maison-Carrée, Boufarik, Tiaret).

La vie commerciale est suivie par 8 Chambres de commerce (Alger, Oran, Bône, Constantine, Bougie, Mostaganem, Mascara, Philippeville) qui sont habilitées à donner leur avis aux pouvoirs publics sur toutes les questions économiques, règlements relatifs aux usages commerciaux et aux créations commerciales nouvelles. Elles ont la gestion des concessions d'outillages portuaires publics.

Leur action est coordonnée depuis 1935 par la " Région Economique d'Algérie" dont la compétence s'étend à l'ensemble des problèmes concernant la production, la circulation, et la consommation de toutes les denrées et matières commerciables.

L'action des Chambres de Commerce sur le plan de leur circonscription et celle de la Région Economique, sur le plan général, sont cependant bien souvent communes en raison de l'étroite collaboration qui existe entre elles.

Les Chambres de Commerce ont fondé un enseignement particulier, destiné aux futurs chefs d'entreprises, commerçants et employés de commerce. Celle d'Alger a créé également une " Ecole Supérieure de commerce" (actuellement gérée par la Région Economique) et le " Centre Algérien de la Gestion des Entreprises ". D'autre part, la Région Economique d'Algérie s'est attachée dans le domaine de la recherche scientifique à l'étude de la mise en valeur des produits algériens. La création en 1951 de la " Station Expérimentale de Recherches et d'Essais Frigorifiques Louis Morard ", permet en particulier l'étude en vue de leur solution pratique, de toutes les questions intéressant l'utilisation du "froid" dans l'entreposage, le transport la conservation de toutes les denrées périssables dont l'algérie, pays chaud, est largement productrise

COMMERCE EXTERIEUR

L'un des objectifs du premier plan quadriennal était de tendre vers l'équilibre de la balance commerciale de l'Algérie. Cet objectif n'a pas été atteint.
Le tonnage des marchandises exportées a bien progressé, de même d'ailleurs que celui des produits importés, ainsi qu'en témoigne le tableau ci-dessous, mais la valeur globale des exportations a constamment diminué par rapport à celle des importations Cette évolution s'explique par l'effort d'équipement que poursuit l'Algérie depuis quelques années et qui ne peut que s'accentuer. Citons à ce sujet, un chiffre : celui des tracteurs en service en Algérie qui est passé de 10.300 en 1949 à 20.500 au 1.1.1956. EUe s'explique aussi par le fait que l'Algérie en est encore au stade de développement économique des pays qui ven- dent surtout des produits agricoles et miniers relativement bon marché et achètent des produits industriels aux prix élevés. Ajoutons que le déséquilibre de la balance commerciale a été parfois aggravé au cours des dernières années par les achats de blé à l'extérieur, conséquence de récoltes déficitaires, et par la chute du cours des vins et des alfas qui s'est fâcheusement répercutée sur la valeur globale des exportations algériennes.

L'examen détaillé de la balance commerciale montre combien les économies algériennes et métropolitaines demeurent toujours solidaires et étroitement imbriquées puisque les trois quarts du commerce extérieur de l'Algérie, tant pour les importations que pour les exportations se fait avec la France.

On peut dire que c'est grâce à la France et à son fonds de modernisation et d'équipement qui a fourni 40 % des capitaux nécessaires à la mise en œuvre de son premier plan quadriennal que l'Algérie a pu faire face à ses besoins.
Ceci suffirait à démontrer, s'il en fallait donner des preuves, que l'économie algérienne est véritablement greffée sur l'économie métropolitaine et qu'elle ne saurait longtemps subsister avec ses propres ressources.

IMPORTATIONS EXPORTATIONS
            Tonnage    Valeur    Tonnage    Valeur
1950 : 2.537 - 151.797.000 - 5.859 - 112.946.000
1951 : 2.789 - 203.571.000 - 6.392 - 134.942.000
1952 : 2.858 - 223.438.000 - 6.658 - 143.674.000
1953 : 2.665 - 202.694.000 - 6.672 - 138.820.000
1954 : 2.873 - 218.000.000 - 6.779 - 140.000.000
1955 : 3.202 - 244.000.000 - 7.931 - 161.000.000

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