LES BOVINS
La race de Guelma

La race de Guelma est de beaucoup là plus intéressante des races indigènes. On la trouve presque dans toute la région nord et nord-est du département de Constantine. Mais comme elle est très recherchée par les bouchers et les cultivateurs on la retrouve dans tout le département d'Alger.

Elle présente plusieurs variétés. La variété de Guelma, la plus rustique, est très pigmentée. La tête, les épaules, les membres sont noirs, le reste gris plus ou moins foncé. L'ossature est assez développée, le poids des vaches n'atteint pas 200 kilos, celui des bœufs 250.
Elevée dans la brousse sur des pentes rocheuses, le principal objectif des éleveurs est de lui conserver sa rusticité à toute épreuve.

La variété Kabyle présente un caractère spécial qui tient surtout au mode d'élevage auquel elle est assujettie.

La plupart des sujets ont été achetés tout jeunes sur le grand marché du Kroubs qui est le centre d'échangés de la race de Guelma et appartenant tant à la variété de Guelma qu'à celle des Cheurïa dont nous parlerons plus loin.

Transportés dans la montagne schisteuse, dépourvue de phosphates, attelés de bonne heure à l'araire, ne recevant comme nourriture au printemps que l'herbe maigre qu'ils trouvent au bord des champs, et en hiver qu'une insuffisante ration de feuilles de frênes, bouvillons et génisses restent petits.
Leur conformation s'en ressent. Leur taille dépasse rarement lm 15 et descend parfois à 0m 80. Leur pelage passe du noir au roux clair et même au jaune ; les membres sont courts et tout en eux dénote l'aspect d'un animal ayant souffert plus que de raison clans sa jeunesse. Souvent ces bœufs arrivent gras sur le marché. Il faut s'en méfier, car ils sont plutôt souillés par le repos et la feuille de frêne.

La vache est mauvaise laitière, son poids moyen est de 175 kilos ; le poids moyen des bœufs est de 220 kilos.

Quand après les avoir fait travailler pendant quelques années, les Kabyles amènent leurs boeufs sur les marchés des plaines, le changement de régime leur paraît plutôt nuisible et ils perdent rapidement leur embonpoint, mais pour le reprendre ensuite avec plus d'ampleur, grâce à la merveilleuse aptitude à l'engraissement de la race.

On retrouve cette variété jusqu'à Tiaret

Taureau de Guelma

La taille varie entre 1 mètre et 1 m. 35. On peut accepter pour les vaches 1 m. 10 et pour les bœufs 1 m.20. Leur longueur atteint, I m. 90 chez les beaux sujets. Les cornes, assez fortes à la base, sont pointues le noires à leur extrémité. Courtes et tournées vers l'intérieur, la pointe en avant chez le taureau, elles forment une lyre chez la vache. Les muqueuses sont noires. La tôle est petite, carrée, les arcades sourcilières saillantes, les yeux vifs, l'encolure fine et courte, le fanon peu développé, le bréchet saillant, les épaules musclées, le dos droit, large, la côte ronde. Seule, la culotte laisse quelquefois à désirer. La queue est bien attachée, les membres sont fins, parfois exagérément courts. Le poids moyen des bœufs est de 250 kilos, celui des vaches de 210, Certains bœufs arrivent à 400 kilos.

Outre ses qualités remarquables pour la boucherie, tant comme qualité de viande, qu'aptitude l'engraissement et rendement qui arrive à dépasser 50%, cette variété jouit d'une endurance remarquable à la fatigue et d'une rapidité d'allure qui permet de l'employer tant aux labours qu'aux charrois.

On demande couramment à six petits bœufs Guelma ou Cheurfa attelés à un chariot chargé de 40 quintaux, métriques de marchandise, une course de 30 à 40 kilomètres dans une seule journée.

La race de l'Ouest ou Marocaine ne se trouve dans toute sa pureté que clans l'ouest du département d'Oran ou en troupeaux isolés, constamment renouvelés, de provenance marocaine qui alimentent les marchés de Marnia, d'Aïn-Témouchent et arrivent fréquemment jusque sur ceux de Boufarik et de Maison-Carrée.

Les bœufs marocains ont une ossature forte, des jambes longues, la côte plate, la culotte peu développée. La tête, loin d'être grosse, porte cependant des cornes longues, mais minces. Presque tous sont roux. Ils sont forts, mais lents, et les colons leur préfèrent de beaucoup les petits Guelma, plus faibles, mais plus alertes et, courageux. Malgré leur grande taille, l'étroitesse des bœufs marocains en fait des animaux relativement légers et leur ossature saillante leur donne un aspect de maigreur qui est du reste leur état habituel. Elevés dans les grandes herbes grossières des vallées du Maroc, ils sont aussi durs à l'engraissement que les Guelma le sont peu et quand par une alimentation rafraîchissante on est arrivé à les faire partir, leurs os saillants masquent jusqu'à la fin leur embonpoint.

Le zébu

Les métis Zébu Guelma, comme les mulets, héritent des qualités des deux espèces. La bosse disparaît, la viande vaut celle du bœuf Guelma, le rendement dépasse couramment 50 %, l'allure est vive, la force est plus grande que celle du bœuf. La rusticité, la sobriété, l'immunité, sont celles du zébu. Le poids et la taille dépassent celle des parents. Les mâles pèsent couramment 400 kilogrammes. Les vaches sont fécondes et aussi laitières, sinon plus, que les vaches de Guelma, et leurs produits sont plus précoces. Quoique ces remarquables résultats aient été obtenus en Algérie, le Gouvernement tunisien a pris l'initiative en ces derniers temps, d'introduire clans la Régence un certain nombre de reproducteurs destinés à rendre plus endurants et en quelque sorte à immuniser, ainsi du reste que cela se fait depuis de nombreuses années au Brésil, les troupeaux des régions chaudes. A cet effet, il assume les frais de transport et se charge de l'acquisition des sujets nécessaires aux éleveurs pour métisser leurs troupeaux.

Collectif des Guelmois site Internet GUELMA-FRANCE