L' AGRICULTURE

Claire Janou-Roussier a écrit dans son livre "Ces maudits colons" : "Sait-on que la mandarine, la clémentine, le crin végétal, le dry-farming, les sulfateuses à air comprimé à haute préssion, la pompe à vendange, le fouloir égrappoir, le pressoir continu sont dus à la colonisation Française en Afrique. De même que le réfrigérant tubulaire à ruissellement d'eau extérieur, les cuves à lessivage automatique, le gaz agricole (à l'école d'agriculture de Guelma), le dévasement des grands barrages, les pluies provoquées par pulvérisations aériennes d'iodures d'argent, la fermentation diastasique des tabacs en 24 heures au lieu de trois semaines, la désinsectisation des végétaux par le vide ou par le bromure d'éthyle, la fécondation "pneumatique" des dattiers, la découverte du champignon du "bayoud" le pire ennemi des palmeraies, la maturation artificielle des dates, congélation et infrarouge, la supression des grandes invasions d'acridiens, le vaccin contre la clavelée etc...".

ARBORICULTURE

Notre région a le privilège d'avoir un climat et des sols favorables à l'arboriculture. Les premiers colons arrivés dans la région l'ont rapidement compris, aussi des vergers sont plantés sur les premiers lots de colonisation.

Les AGRUMES:

Photo Jean-Marc Lavie, orangeraie de Ben Tabouche

La culture des agrumes (orangers, clémentiniers, mandariniers, citronniers) en Algérie est probablement très ancienne. Le cédrat existe déjà au début de notre ère et l'invasion arabe apporte le bigaradier sous le nom de "Narandj". Vers le XVème siècle, les navigateurs portugais amènent d'Orient les premiers types d'orangers dénommés "Tchina" (Chine) par les Arabes.

Dans la région de Guelma de nombreuses variétés d'oranges sont cultivées parmi lesquelles : Les "Navels" avec les "Thomson" et les "Washington" (USA), la "Valencialate", la "Maltaise" sanguine et ½ sanguine.

Le mandarinier a l'Italie pour origine ; il se répand après 1850. Le "Clémentinier" est créé en 1902, à l'orphelinat agricole de Misserghin par le père Clément.

Le département de Constantine est pauvre en agrumes en coparaison aux autres départements. A Guelma, les plantations occupent 2.200 hectares.
Mais dans l'ensemble du pays la production de ces fruits est très importante puisque la superficie couvre 36.000 hectares et la production avoisine les 350.000 tonnes.
Guelma ne produit donc que 6% de la production algérienne.

Il faut rappeler que la consommation de ces fruits, sur place, permet aux consommateurs d'apprécier leur "vraie" saveur, bien supérieure à celle des fruits qui nous arrivent, après de longues manipulations, un stockage de plusieurs jours et quelques traitements de conservation.

Pendant la guerre d'Algérie de nombreux arbres, pour ne pas dire des plantations entières sont coupées à ras du sol, mais le potentiel, bien qu'amoindri, reste cependant important.

Actuellement, ces immenses vergers situés autour de la ville ont disparus. En effet, la visite des Guelmois en 1990 a permis de constater l'absence totale de ces vergers dans les endroits où nous avions l'habitude de les apercevoir...

Les autres espèces fruitières

Toutes les autres espèces fruitières sont largement représentées (pêchers, pruniers, abricotiers, pommiers, poiriers et bibaciers ou néfliers du Japon). Elles occupent environ 1.600 hectares et sont exploitées par de petits propriétaires, aussi bien européens que musulmans.

Est-ce le terrain ? Est-ce cette attention extrême avec laquelle l'arboriculteur exploite ses arbres ? Toujours est-il que les fruits récoltés dans notre région ont une saveur particulière.

Cependant, ces cultures exigent beaucoup de travail et de soins tout au long de l'année : travaux du sol, tailles, irrigations, fumures, traitements anti-parasitaires, cueillette. Le fruit demande de nombreuses manipulations (lavage, désinfection, brossage, calibrage, mise en caisse et marquage) destinées à lui conserver sa belle qualité et lui donner une présentation agréable.

L'extension de ces cultures riches a permis de créer dans l'Est algérien un pôle d'intérêt pour les ouvriers. Le travail de l'arboriculture utilisant une main d'œuvre qualifiée (tailleurs, coupeurs, emballeurs), offre des salaires intéressants. A proximité de chaque propriété, une mechta (ou un douar) s'est créée pour loger les ouvriers et leurs familles. Les fruits eux-mêmes sont appréciés des musulmans qui constituent une bonne partie du panel des consommateurs.

Cette réalisation est l'œuvre de plusieurs générations de Français et d'Européens. Les services techniques du Gouvernement Général contribuent de façon importante à l'accroissement et à l'amélioration des récoltes grâce aux travaux de recherches et à la vulgarisation des résultats.

Les plantations fruitières créent un courant d'échanges commerciaux principalement avec la France. Une part de la production est exportée en France et à l'étranger.

L'arboriculture est donc très prospère. L'extension des vergers, l'intensification de la production, permettent l'approvisionnement que des villes importantes, Bône, Philippeville ou Guelma sans recourir à des importations.

Collectif des Guelmois site internet GUELMA-FRANCE