L'AlDE A L'AGRICULTURE EN ALGERIE
Région de Guelma

L'intervention des Pouvoirs publics n'a cessé de s'affirmer depuis quelques cessé de s'affirmer depuis quelques années par l'organisation de la profession par l'organisation de la profession agricole et le renforcement de l'aide techet le renforcement de l'aide technique et financière apportée aux agriculteurs dans le cadre des groupements mutualistes et coopératifs, et récemment par une série de réformes profondes.

Société de Coopération Agricole.

Au nombre de 334 en 1938, les Sociétés coopératives sont aujourd'hui au nombre de 530. L'augmentation a porté surtout sur les coopératives de matériel, d'achat et d'approvisionnement. Leur fonctionnement est analogue à celui des sociétés coopératives de la Métropole.
Caisses de Crédit agricole mutuel.

Fonctionnant depuis le début du siècle, il existe en Algérie un réseau de Caisses locales et régionales de crédit agricole mutuel organisées à l'image des associations correspondantes de la Métropole. Les adhérents au nombre de 32.000 en 1938 sont aujourd'hui de 54.000, dont 30.000 musulmans.
Ces organismes sont indifféremment accessibles à tous les agriculteurs. Cependant, et malgré une participation musulmane plus élevée que celle des Européens, la grande masse rurale musulmane n'est pas affiliée aux Caisses de mutualité ou aux Sociétés coopératives, en raison du régime de la propriété à caractère familial collectif, fermée aux échanges qui la met dans l'impossibilité de fournir les garanties statutaires. Une organisation spéciale permet aux fellahs d'accéder, sans difficulté, aux systèmes de crédit agricole modernes.

Sociétés agricoles de prévoyance.

Les Sociétés agricoles de Prévoyance (S.A.P.) au nombre de 105, constituent une forme originale des groupements mutualistes et coopératifs. Les Sociétés Indigènes de Prévoyance (S.I.P., transformées depuis la réforme du 25 septembre 1952 en Sociétés Agricoles de Prévoyance (S.A.P.) et leur Fonds commun ont pour but de mettre, la disposition des petit, cultivateurs, dont la nature juridique des terres est complexe ou les modes de culture archaïques, toute la gamme de crédits dont ils ont besoin pour leur exploitation agricole. Les garanties exigées sont beaucoup plus souples que celles du droit commun et substituent notamment d'autres sûretés à celles de l'hypothèque.

Ces Sociétés qui n'ont cessé de se développer depuis leur création, obtiennent un succès considérable auprès des intéressés qui y ont adhéré au nombre de 600.000. Elles exercent des fonctions coopératives pour la production, la conservation et la vente des produits, et des fonctions bancaires lorsqu'il s'agit de prêts à consentir pour toutes les opérations agricoles (prêts de semences, de matériel, etc.). L'activité des S.A.P. s'exerce dans les domaines les plus variés de l'agriculture par l'intermédiaire des différente~ sections créées dans leur cadre 104 sections " crédit ", 84 sections " céréales ", 82 sections " autres produits ", 60 sections " exploitation agricole ", 54 sections " matériel agricole ", 14 sections " artisanales ", 2 sections " tabacs ", 1 section " henné ". Certaines d'entre elles sont groupées dans 9 unions de S.A.P., dont 8 pour les céréales et une pour le tabac à priser. Le montant des prêts est passé de 62 millions en 1938, à 2 milliards 920 millions en 1954, et 3 milliards 574 en 1955.

Enfin ces Sociétés complètent leur action financière et technique par une mission éducatrice destinée à conduire progressivement les adhérents vers des formules de crédit, de coopération et de mutualité capables de s'intégrer un jour dans l'économie agricole de droit commun.

L'aide apportée aux fellahs dans chacune de ces trois grandes disciplines, coopérative, assurance et crédit, est financée par un établissement central : le Fonds commun des S.A.P. qui est à la fois une Banque et un organisme d'action économique, une banque par son système de financement et par ses ressources tirées essentiellement de l'emprunt, un organisme économique dans la mesure où il oriente la production et où il accompagne ses conseils de moyens nécessaires à la réalisation du programme qu'il s'est tracé.

Le Paysanat.

Illustration vivante de cette action économique, l'œuvre du Paysanat, dont les premières et timides réalisations connues sous le nom de " Djamat el fellaha " remontent à moins de trente ans, aspire maintenant à résoudre tous les problèmes qui, dans le domaine et par le moyen de l'Agriculture, tendent à améliorer la condition des populations rurales d'Algérie.

Depuis la libération, la politique dite du " Paysanat Musulman " est devenue l'un des objectifs essentiels de la politique économique et sociale du Gouvernement Français en Algérie. Son importance est liée à la situation démographique.

La cellule de base de l'organisation du Paysanat est le Secteur d'Améliorations rurales (S.A.R.) qui n'a pas, au moins pour le moment, d'existence juridique distincte de celle de la S.A.P. à laquelle il est rattaché, mais qui possède une vie économique propre et qui se définit essentiellement par sa circonscription territoriale et les buts qu'il se propose.

Chacun des Secteurs d'Améliorations rurales poursuit un ou plusieurs des objectifs suivants :
- Amélioration des méthodes culturales par vulgarisation des techniques modernes de culture impliquant dans la plupart des cas l'exploitation commune d'un matériel mécanique (tracteur et charrue). - Mise en valeur rationnelle des communaux ou domaniaux mal cultivés ou incultes, et recasement sur ces terres de fellahs déshérités.
- Acquisition éventuelle, en vue de ce recasement, de propriétés européennes ou musulmanes.
- Aménagement du " pays du mouton ".

Il ne s'agit pas ici d'un collectivisme de production, mais d'un concours apporté individuellement à chaque famille adhérant volontairement aux S.A.R. Le plus souvent un S.A.R. commence par installer son Centre sur une terre domaniale ou appartenant à la Société Agricole de Prévoyance dont il dépend. Il y édifie ses bâtiments (logement du personnel, garages, entrepôts) ; il y aménage des chemins d'accès et les installations d'eau nécessaires ; il y cultive les produits selon les méthodes qu'il a l'intention de transposer chez les fellahs. Ce noyau-pilote agit par son exemple auprès des ruraux voisins qui, souvent convaincus par les résultats acquis sous leurs yeux, sollicitent alors pour leurs terres l'aide des moniteurs et des machines.

Si par suite des évènements que traverse l'Algérie, l'œuvre du Paysanat n'a pu se développer comme prévu dans certaines régions du Constantinois et de Kabylie, par contre dans le reste du pays le renforcement sensible des moyens dont disposaient les S.A.R. déjà existants et la création de nouveaux S.A.R., permettent d'affirmer que l'ensemble de l'organisation du Paysanat en Algérie s'est, en définitive fortifiée et étendue de façon satisfaisante.
Au nombre de 12 en 1946, les S.A.R. sont aujourd'hui 220.
Depuis leur création, les crédits budgétaires investis se montent à 4.407 millions de francs auxquels il convient d'ajouter 3.775 millions d'avances consenties par le Fonds commun des S.A.P. Les frais de démarrage et de fonctionnement sont couverts par celui-ci et par le budget de l'Algérie.

Les S.A.R. se répartissent actuellement en :
91 S.A.R. de céréaliculture, 54 S.A.R. d'arboriculture, 68 S.A.R. d'élevage,
7 S.A.R. de productions oasiennes.
Les moyens financiers ont permis aux S.A.R. d'intensifier et d'étendre leur action. Sous l'impulsion de 180 moniteurs soumis à des stages de perfectionnement au C.P.R. de Rovigo, ils rayonnent maintenant sur une surface totale de près de 18 millions d'hectares et intéressent environ 340.200 familles de fellahs, pasteurs et oasiens.
Les S.A.R. de céréaliculture étendent leur action sur une superficie qui est passée de 259.905 ha. en 1947 à 1.775.000 en 1955.

Un grand nombre de fellahs sont maintenant équipés individuellement de manière moderne, cependant que 60 noyaux-pilotes exploités directement portent leur valeur d'exemple sur 6.200 ha. et traduisent leur effort de modernisation par une augmentation de rendement de 4 à 5 Qx par ha. de céréales. La courbe de la production totale en céréales signale l'augmentation progressive des récoltes levées sur les périmètres d'action des S.A.R. De 10.000 Qx en 1947, la récolte est passée à 1.980.000 Qx en 1955.

Les techniciens des S.A.R. s'attachent à indiquer aux fellahs le moyen d'augmenter le rendement des surfaces emblavées et s'emploient également à orienter les exploitants vers d'autres cultures quand celles-ci sont appelées à valoriser les récoltes. Ainsi 5.000 ha. de céréales secondaires ont fait place à la culture des lentilles. Des essais prometteurs ont aussi porté sur les betteraves, les topinambours, le coton et surtout sur le riz.
Les S.A.R. d'arboriculture, matérialisent leur activité en plus des labours profonds (130.000 ha pour l'ensemble des S.A.R. de céréaliculture et d'arboriculture), par la création et l'extension de vergers de montagnes qui couvrent une superficie de plus de 12.000 ha. et comptent 713.000 arbres, et par le développement d'olivettes sur les Hauts Plateaux.
Ces efforts se
modèlent sur les conditions dans lesquelles fonctionnent les 43 vergers pilotes qui recouvrent 2.800 ha, environ et sur les résultats obtenus dans les 85 ruchers de démonstration, les 25 ateliers de séchage de figues de Kabylie et les 2 huileries coopératives créées et exploitées par les S.A.R.

Collectif des Guelmois site Internet GUELMA-FRANCE